Fred Pellerin pour son spectacle "De peigne et de misère"

Au Théâtre de l'Atelier à Paris jusqu'au 30 juin

Au recensement du Saint-Élie-de-Caxton légendaire, le barbier figure en tête de liste...Le barbier, Méo. Lui qui tint chignon sur rue principale pendant de nombreuses années et qui marqua l’histoire de son fer à friser.Au village, Méo veilla pendant longtemps sur la capillarité générale. À décoiffer juste à point,il su prendre de front tous les tenants de la raie droite et monotone. Le génie frisait la folie.Ou l’inverse. Et peu importe. Ça se tenait ensemble.Maître dans l’art du sarclage, habile à trier les cheveux blancs et les idées noires, Méo avait surtout les cheveux en face des trous.Aussi, sachant tirer profit de son accès aux têtes des chacune et chacun, Méo en vint vite à s’inventer une philosophie du secret éventré et une sagesse de la redistribution de la confidence.Sans lui, les histoires ambiantes n’auraient pas l’élan qu’on leur connaît.Méo. Fin stratège de l’incroyable. Jusqu’à ce jour-là où le sort de l’humanité vint se poser surles épaules du village. Ce fut lui qui sut garder vive la mèche de l’espoir.

Frédéric Boyer pour la pièce "Phèdre les oiseaux" mise en scène par Jean-Baptise Sastre

Du 19 au 23 juin à Marseille au centre Emmaüs Pointe Rouge et du 29 juin au 1er juillet à Aix en Provence au Bois de l'Aune.

Phèdre les oiseaux
Phèdre les oiseaux © DR

Cette pièce tente de faire entendre le chant terrible de notre propre banalité. Ce chant palimpseste caché derrière toutes nos petites histoires criminelles et amoureuses.Phèdre n’est pas un nom de femme. Phèdre disparaîtra. Comme les oiseaux. Phèdre n’a jamais reposé en paix. Elle apparaît aujourd’hui comme si elle sortait d’une forêt sauvage habillée en séductrice contemporaine. Elle peut pleurer en pensant que le reste de l’humanité autour d’elle s’est évanoui dans l’ombre. Et elle voit réapparaître ici une humanité qu’elle peine à identifier. Elle cherche quelqu’un et son espoir l’a rendue un peu épaisse, titubante, émouvante. L’homme qui est là peut-être n’importe quel homme aujourd’hui, qui attend lui aussi quelqu’un ou quelque chose. L’homme est un familier des lieux – un endroit public - où se retrouvent les gens comme nous pour oublier d’où ils viennent, qui ils étaient hier, et pour tuer le temps.

Préface de Phèdre les oiseaux, Frédéric Boyer (Ed. P.O.L., 2012)

Georges Lavaudant pour la pièce "Cyrano de Bergerac"

Aux Nuits de Fourvière à Lyon jusqu'au 12 juin.

Ce mardi soir de décembre 1897, un 28, on jouait pour la première fois Cyrano de Bergerac au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Edmond Rostand, 29 ans, assistait pétrifié à l’incarnation par Coquelin de son Savinien de Cyrano (Cyrano, le vrai, source d’inspiration de Rostand) devenu Cyrano de Bergerac et s’excusait en coulisses, entre chaque acte, de l’avoir entraîné dans une telle galère. Rien n’annonçait le triomphe que ce fut. Comme tous les grands archétypes du genre humain, comme Don Quichotte, comme Quasimodo, Cyrano reste intact, impeccable. Il cache son âme d’amoureux transi sous sa carcasse de mousquetaire. On l’aime pour sa fragilité et on l’aime pour sa force. Il est notre plus précieux remède contre la disgrâce et la désillusion. Tous les cœurs subissent son influence et tous les coeurs se consolent avec son panache. En fervent combattant de l’hypocrisie, de la lâcheté, du mensonge, il nous donne la force de mourir sans désespérer, il nous donne la force d’être des héros. Comédie héroïque en cinq actes, c’est ainsi que Rostand définit sa pièce où se chamaillent actions comiques et dramatiques, où s’infuse la délicatesse des sentiments. Et d’ajouter dans son discours de réception à l’Académie Française en 1904 : Plaisanter en face du danger c’est la suprême politesse, un délicat refus de se prendre au tragique ; le panache est alors la pudeur de l’héroïsme, comme un sourire par lequel on s’excuse d’être sublime. L’esprit qui voltige n’est-il pas la plus belle victoire sur la carcasse qui tremble.

Les liens

Théâtre de l'Atelier

Le site de Fred Pellerin

Festival les Nuits de Fourvière Nouvelle édition du festival pluridisciplinaire lyonnais. Jusqu'au 30 juillet prochain.

Phèdre les oiseaux - Marseille Provence 2013

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