Angélica Liddell
Angélica Liddell © Radio France / Nurith Wagner-Strauss

Un Studio Théâtre, deux femmes metteurs en scènes l'une française, l'autre espagnole : Laure Adler reçoit ce vendredi Brigitte Jacques-Wajeman pour Pompée et Sophonisbe aux Théâtre des Abbesses et Angélica Liddell pour Todo El Cielo Sobre la Tierra à L'Odéon.

Pompée & Sophonisbe , Corneille.

La série Corneille Voici, de nouveau, deux pièces de Corneille, tirées de l’ensemble de cinq tragédies intitulé par Brigitte Jaques-Wajeman : « Corneille colonial ».Dans son adresse au lecteur de Nicomède , Corneille déclare : «Mon principal but a été de peindre la politique des Romains au-dehors, et comme ils agissaient impérieusement avec les rois leurs alliés, leurs maximes pour les empêcher de s’accroître et les soins qu’ils prenaient de traverser leur grandeur quand elle commençait à leur devenir suspecte à force de s’augmenter et de se rendre considérable par de nouvelles conquêtes . »DansLa Mort de Pompée (1643), l’action se passe dans l’Égypte de Cléopâtre. Dans Sophonisbe (1663), elle se passe dans cette Afrique du Nord où Carthage menace Rome. Ces pièces décrivent donc les rapports de domination et de fascination que Rome entretient avec ses « alliés ».Comme dans Nicomède et Suréna , programmées en 2011 et 2012, les acteurs évolueront autour d’une table immense dont les accessoires changeront selon les actes. La table constitue une scène sur la scène ! On y traite les affaires du monde, les rencontres des potentats, les conseils politiques, comme les affaires les plus privées : s’y jouent les scènes de famille, les scènes de ménage, les rendez-vous amoureux. Chaque pièce, variation sur un même thème, offrira aux spectateurs un dessin singulier et commun. La confrontation entre l’Orient et l’Occident se lira dans les costumes modernes et les accessoires.

La même troupe (onze comédiens) interprétera Pompée et Sophonisbe en alternance et dans une scénographie similaire. Un voyage exceptionnel dans la dramaturgie et la langue de Corneille.

Pompée

  • le samedi 23 novembre 2013 - 20h30
  • le dimanche 24 novembre 2013 - 15h00
  • du mercredi 27 au jeudi 28 novembre 2013 - 20h30
  • le samedi 30 novembre 2013 - 20h30
  • le dimanche 1 décembre 2013 - 15h00

Sophonisbe

  • le samedi 23 novembre 2013 - 15h00
  • le mardi 26 novembre 2013 - 20h30
  • le vendredi 29 novembre 2013 - 20h30
  • le samedi 30 novembre 2013 - 15h00
  • le dimanche 1 décembre 2013 - 20h30

En tournée : Le 9 et 10 Décembre au CDDB de LorientDu 23 janvier au 1er février au Théâtre des 13 vents à MontpellierLe 4 Février : Les Trois Pierrots à Saint Cloud

Todo El Cielo Sobre La Tierra (El Sindrom De Wendy)

Comme un sixième sens

Wendy chante pour Yohei la Valse de toutes les choses que je ferais pour toi, «pour que tu ne me quittes pas»... Après La Casa de la fuerza , révélation du Festival d'Avignon 2010, revoici Angélica Liddell avec une nouvelle mise en scène/mise à nu de l'abandon, de la peur et de la douleur d'une femme de notre siècle.

Liddell s'expose, et beaucoup d'autres avec elle, en portant au théâtre son angoisse, sa rage furieuse, son horreur devant la déréliction au sein de l'abondance moderne, une souffrance qui est chez cette écorchée vive comme un sixième sens perçant à jour les masques du monde. Le syndrome de Peter Pan est déjà célèbre. Aux yeux des psychologues, le héros de J. M. Barrie symbolise un ensemble d'attitudes qui ne cesse de gagner du terrain dans les sociétés occidentales. Il consiste, chez les individus qui en sont affectés (souvent des hommes), à éviter ou retarder l'entrée dans l'âge adulte en prolongeant indéfiniment les comportements et les incertitudes de l'adolescence.

Dans le syndrome de Wendy, qui est le pendant du syndrome de Peter Pan, le sujet (généralement féminin) lutte contre sa crainte de la solitude en maternant jusqu'à l'étouffer son partenaire : pris au piège du confort, incapable de s'assumer, celui-ci n'a plus l'autonomie nécessaire pour provoquer une rupture. Qu'est ce donc que l'amour, que deviennent le dialogue et le sens de l'autre, sur quelle île peut espérer échouer une existence ainsi ballottée entre l'excès et le défaut de toute responsabilité ? A

utour de ces questions et de ses intuitions d'artiste, Angélica Liddell a tenu un journal, observé, voyagé. Au cours de ses promenades à travers Shanghaï, elle est tombée sous le charme de couples de valseurs chinois. à Séoul, elle est allée rencontrer le plus grand compositeur de tous les temps de valses pour le cinéma. à Utøya, en la personne d'Anders Behring Breivik*, elle a situé le Peter Pan le plus nihiliste qu'on puisse concevoir, débordant de haine jalouse envers tout ce qui est plus jeune que lui. Et pour conclure, elle a trouvé à Vienne les musiciens et l'atmosphère qu'il lui fallait pour tirer de ces matériaux une œuvre d'art – pleine de valses, d'amour et d'armes à feu.

  • Le 22 juillet 2012, Anders Behring Breivik, terroriste d’extrême-droite, commet un attentat à la bombe à Oslo avant de massacrer sur l'île d'Utøya soixante-neuf personnes, adolescents pour la plupart, membres de la ligue des jeunes du parti travailliste de Norvège.

    Certaines scènes de ce spectacle peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes, il est donc déconseillé aux moins de 16 ans.

Du 20 novembre au 15 décembre 2013 , du mardi au samedi à 20h, dimanche à 15h, relâche le samedi, au Théâtre de L'Odeon.

Dans le cadre du Festival d'Automne.

Les liens

Le Festival d'automne édition 2013

Théâtre de l'Odéon

Le Théâtre de la Ville

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.