Christian Schiaretti et Daniel Maximin pour le spectacle "Une Saison au Congo".

Au TNP de Villeurbanne jusqu'au 7 juin puis repris à l'automne à Villeurbanne et à Sceaux, Théâtre des Gémeaux. Nous sommes au Congo belge en 1958 lorsque la pièce débute. C’est une période d’effervescence qui va mener le pays à l’indépendance. Une fois celle-ci acquise, se font jour les oppositions et les diverses pressions pour l’acquisition d’une parcelle du pouvoir. Les colonisateurs, qui semblent avoir quitté la scène politique, attisent les dissensions et tentent encore de conserver le pouvoir économique, au besoin en encourageant la sécession d’une des provinces congolaises. Patrice Lumumba, nommé Premier Ministre, dénonce ces malversations. L’atmosphère de liberté et de luttes politiques fiévreuses pour la conquête de l’indépendance puis l’ascension de Patrice Lumumba constituent le cœur de l’intrigue.Un héros au temps compté, un chemin semé d’embûches, une mort violente et prématurée, tout est là pour créer à la fois le mythe politique et théâtral. A partir de ces faits politiques précis et à peine modifiés, Césaire transfigure la réalité pour faire de Lumumba une figure charismatique à la lucidité exaltée, symbole de toute l’histoire d’un continent. Loin des « héros positifs » du réalisme socialiste surgissant dans les théâtres de nombreux pays africains qui deviennent indépendants dans les années 60, Lumumba, comme Césaire, est un poète « déraisonnable ». Figure de Prométhée, porteur de feu ou Christ souffrant, l’unité Dieu / homme est ici transformée en Afrique / Lumumba. La durée de la pièce constitue à la fois un espace et un temps prophétiques où, d’une certaine façon, le poète devient l’outil et la mémoire de cette prophétie

Jos Houben pour son spectacle "L'Art du rire" au Théâtre du Rond Point jusqu'au 15 juin

Jos Houben
Jos Houben © Radio France / Giovanni Cittadini

Air sérieux, presque grave, c’est du rire qu’il va parler. De tous les rires, ceux qui jaillissent aux pires moments, face aux chutes des uns, devant les désastres des autres. Les rires clairs, francs, massifs. Les rires faux, cyniques ou moqueurs. Sous toutes ses formes, chargé de sens ou décharge insensée, le rire devient un objet de découvertes hilarantes. Le conférencier s’empare des gestes du quotidien, stimuli de rires dingues ou pincés. Show ou performance, L’Art du rire s’impose comme une expérience unique dont le sujet décortiqué se propage, se provoque lui-même. Tous les rires, sourires et éclats, finissent par fuser dans la salle face au clown qui joue la plus fantaisiste et rigoureuse des master class.Comme de tout on fait théâtre, Jos Houben fait rire de tout. Les mots prononcés par lui se révèlent d’un comique inattendu ; la musique de « camembert » évoque déjà l’odeur d’un fromage bien fait. L’homme le raconte, le mime. Les déséquilibres, les chutes engendrent l’hilarité. Sujet crucial : le corps des choses. Comment le corps humain tient-il à la verticale, jusqu’à quel point ? Pourquoi la Tour Eiffel impose-t-elle le respect, et la Tour de Pise l’attendrissement ? Jos Houben déconstruit et bricole les mécanismes du rire.Il a grandi sur les plateaux de l’École Jacques Lecoq, dont il est devenu l’un des pédagogues. Cofondateur à Londres de la compagnie Complicité, désigné comme Ingénieur du rire par ses pairs, il a donné des stages de clown et de mouvement burlesque à travers le monde. Comédien chez le compositeur Aperghis ou dans les Fragments de Beckett, dirigé par Peter Brook, il donne depuis plus de dix ans, seul en scène, ces conférences, objets libres et mouvants, « open source » où chacun peut apporter son grain, sa théorie, son expérience. Il étudie le rire, propre de l’homme, et expose le meilleur de l’humain, quand tout un chacun quitte l’angoisse, la tristesse ou la colère pour rire de soi-même.

Jacques Bonnaffé pour "Chassez le naturel", d'après des textes de Jean-Christophe Bailly; au Théâtre de la Bastille

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Chassez le Naturel

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