« Tout ce qui est dit ici arriva quelque temps avant que Mowgli quitte la horde de Loups Seeonee, et se venge lui-même de Shere Khan, le tigre.

C’était durant les jours où l’ours Baloo enseignait à Mowgli la Loi de la Jungle. Le grand et vieil ours brun, si sérieux, était enchanté d’avoir un élève si doué.

Les jeunes loups n’apprennent que le Chant de la Chasse – « des pieds qui ne font pas de bruit ; des yeux qui peuvent voir dans le noir ; des oreilles qui peuvent entendre le vent qui souffle dans les tanières ; et des dents blanches acérées. » Mais Mowgli devait apprendre beaucoup plus que cela.

Parfois, Bagheera, la Panthère Noire, traversait la jungle pour voir comment son petit se débrouillait, et il ronronnait, la tête contre un arbre pendant que Mowgli récitait la leçon du jour à Baloo.

Le garçon savait grimper presqu’aussi bien qu’il savait nage, et savait nager presqu’aussi bien qu’il savait courir. Et alors Baloo, le maître de la Loi, lui enseigna les Lois de la forêt et de l’Eau : comment distinguer une branche pourrie d’une branche ferme ; comment parler poliment aux abeilles sauvages quand il se retrouvait soudain face à un essaim, à quinze mètres au dessus du sol ; ce qu’il fallait dire à Mang, la chauve souris, quand il le dérangeait dans les branchages à midi ; et comment prévenir les serpents d’eau dans les étangs avant de les déranger en plongeant parmi eux.

Aucun des habitants de la Jungle n’aime être dérangé, et tous sont tout à fait près à se précipiter sur un intrus.

Alors, Mowgli apprit le Cri de Chasse de l’Etranger, qui doit être répété à haute voix jusqu’à ce qu’on lui réponde. Il signifie, lorsqu’on le traduit, « Donne-moi la permission de chasser ici, parce que j’ai faim. »

Et la réponse est, « Alors chasse pour trouver de quoi te nourrir, mais pas pour le plaisir. »

Rudyard Kipling. La chasse de Kaa , In Le livre de la jungle .

« C’était un vieil homme qui pêchait seul dans un petit bateau dans le Gulf Stream, et cela faisait maintenant quatre-vingt quatre jours qu’il n’avait pas pris un poisson.

[…]

Le soleil s’était levé depuis deux heures.

Toute ma vie, le soleil levant m’a blessé les yeux, pensa-t-il.

Juste à ce moment, il vit une frégate, avec ses longues ailes noires, qui décrivait des cercles dans le ciel au dessus de lui.

L’oiseau plongea brusquement, porté par ses ailes ramenées en arrière, puis recommença à décrire des cercles.

« Il a attrapé quelque chose », dit le Vieil Homme à voix haute.

« Il ne fait pas que chercher… »

Il ramait lentement et régulièrement vers l’endroit au dessus duquel l’oiseau tournait, les ailes immobiles.

Soudain l’oiseau plongea, et le Vieil Homme vit des poissons volants jaillir hors de l’eau et filer désespérément au dessus de la surface.

« Des dauphins », dit le Vieil Homme à voix haute. « De grands dauphins.

Les dauphins bondissaient sous les poissons volants, et ils seraient déjà dans l’eau quand les poissons retomberaient. C’est un grand banc de dauphins, pensa-t-il. Les poissons volants ont peu de chance de s’échapper. L’oiseau n’a aucune chance de les attraper.

Mais peut-être que mon grand poisson est autour d’eux. Mon grand poisson doit être quelque part. »

Ernest Hemingway. Le Vieil Homme et la mer.

__

« Un petit oiseau s’approcha de la barque, venant du nord. C’était une fauvette, et il volait très bas au dessus de l’eau. Le Vieil Homme pouvait voir qu’il était très fatigué.

L’oiseau parvint à l’arrière du bateau et se posa là.

Puis il vola autour de la tête du Vieil Homme et se posa sur la ligne de pêche où il était plus à l’aise.

« Quel âge as-tu ? » demanda le Vieil Homme à l’oiseau.

« Est-ce que c’est ton premier voyage ? »

L’oiseau le regarda pendant qu’il parlait. Il était trop fatigué, l’oiseau, pour examiner la ligne et il tituba dessus lorsque ses pattes délicates s’y agrippèrent soudain.

« Elle est stable, immobile » lui dit le Vieil Homme. « Elle est trop immobile.

Tu ne devrais pas être aussi fatigué après une nuit sans vent.

Qu’est-ce qui arrive aux oiseaux ? »

Les faucons, pensa-t-il, les faucons qui vont au large à leur rencontre.

Mais il ne dit rien de cela à l’oiseau, qui ne pouvait de toute façon pas le comprendre, et qui allait en apprendre assez tôt sur les faucons.

« Repose-toi bien, petit oiseau » dit-il. « Puis pars et prends ta chance, comme tout homme, tout oiseau, tout poisson. »

Cela l’encouragea, de parler, parce que son dos s’était raidi pendant la nuit, et maintenant, cela faisait vraiment mal.

« Reste dans ma maison, si elle te plaît, oiseau » dit-il.

« Je suis désolé de ne pouvoir hisser la voile et te ramener avec cette petite brise qui est en train de se lever. Mais je suis avec un ami. »

Juste à ce moment, le poisson fit une brusque embardée, qui précipita le Vieil Homme vers l’avant et l’aurait emporté par-dessus bord s’il ne s’était pas arc-bouté et n’avait laissé filer un peu la ligne.

L’oiseau s’était envolé quand la ligne s’était brusquement tendue et le Vieil Homme ne l’avait même pas vu partir. »

Ernest Hemingway. Le Vieil Homme et la mer .

Articles scientifiques :

-Ramsier M, Cunningham A, Moritz G, et coll. Primate communication in the pure ultrasound. Biology Letters , published before print, February 8, 2012.

http://rsbl.royalsocietypublishing.org/content/early/2012/01/27/rsbl.2011.1149.full.pdf+html

-Strain, D. Tarsiers communicate in secret speech, Science Now , 7 February 2012.

http://news.sciencemag.org/sciencenow/2012/02/tarsiers-communicate-in-secret-s.html

-Veraart AJ, Faassen EJ, Dakos V, et coll . Recovery rates reflect distance to a tipping point in a living system. Nature 2012, 481:357-9. http://vasilisdakos.files.wordpress.com/2009/10/veraart-et-al-2012-nature-recovery-rate-living-system.pdf

-McCauley SJ, Rowe L, Fortin MJ. The deadly effects of "nonlethal" predators. Ecology 2011, 92:2043-8.

-Zanette LY, White AF, Allen MC, et coll. Perceived predation risk reduces the number of offspring songbirds produce per year. Science 2011, 334:1398-401.

http://publish.uwo.ca/~lzanette/research_interests/Zanette_et_al_2011_Science_334_1398-1401.pdf

-Martin TE. Ecology. The cost of fear. Science 2011, 334:1353-4.

-Cury PM, Boyd IL, Bonhommeau S, et coll. Global seabird response to forage fish déplétion – one-third for the birds. Science 2011, 334:1703-6.

http://archimer.ifremer.fr/doc/00056/16770/14307.pdf

-Stokstad E. A surprising threshold for seabird survival. Science Now , 22 December 2011.

http://news.sciencemag.org/sciencenow/2011/12/a-surprising-threshold-for-seabi.html

-Estes JA, Terborgh J, Brashares JS, et coll . Trophic downgrading of planet Earth. Science 2011, 333:301-6.

-Carpenter SR, Cole JJ, Pace ML, et coll . Early warnings of regime shifts: a whole-ecosystem experiment. Science 2011, 332:1079-82.

-Scheffer M, Bascompte J, Brock WA, et coll . Early-warning signals for critical transitions. Nature 2009, 461:53-9.

-Preisser EL, Bolnick DI. The many faces of fear : Comparing the pathways and impacts of nonconsumptive predator effects on prey populations. PLoS ONE 2008, 3(6):e2465.

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0002465

-Volterra V. Fluctuations in the abundance of a species considered mathematically. Nature 1926, 118:558-60.

Livre en ligne :

Rudyard Kipling. The Jungle Book . http://www.literaturepage.com/read.php?toc=thejunglebook&titleid=thejunglebook&bookmark=1&abspage=x

Agenda :

Jusqu'au 24 février 2012, exposition des œuvres du peintre et sculpteur Lydie Arickx,

http://www.univ-paris5.fr/fre/Actualite/Exposition-Lydie-Arickx - Réfectoire des Cordeliers. 15, rue de l’Ecole de Médecine Paris 6e, tous les jours 10h-19h (entrée libre) - Galerie Saint-Germ­­ain. 12, rue de l’Ecole de Médecine, tous les jours sauf dimanche 11h-19h (entrée libre) - Musée d’Histoire de la Médecine. 12, rue de l’Ecole de Médecine, tous les après-midi sauf jeudi et dimanche.

Titres diffusés :

  1. Arthur H - Ulysse et Calypso
  2. The Cool Crooners - Click song
  3. Leo Kottke - Pepe hush
  4. Ewert and the two dragons - There's only love
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