Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées

Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ; Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;

Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule Sur la face des mers, sur la face des monts, Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule

Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes, Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes

Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête, Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux, Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête, Sans que rien manque au monde immense et radieux !

Victor Hugo. Les Feuilles d'Automne.

Chaque année, un jour de printemps, en pénétrant dans le jardin, je ressens le même choc, la même stupéfaction.

Chaque année, c’est le même émerveillement devant les bourgeons qui éclatent et commencent à éclore ; devant les débuts de feuilles, cette dentelle verte qui décore les branches et tremble sous la brise.

Une fois encore, les jours vont s’allonger ; la lumière et la chaleur revenir. Les feuilles se former, puis les fleurs et les graines. Animaux et végétaux vont exploser de vie et de croissance.

Indifférente aux affaires des hommes, la grande machine de l’univers continue de tourner, inexorable.

Plus que l’océan et les tempêtes, plus que la montagne et ses glaciers, plus que la voûte céleste et ses galaxies, c’est ce petit frisson vert, qui parcourt les arbres et vous surprend un matin de printemps, qui me donne, avec la force de l’évidence, l’impression d’assister au spectacle grandiose qui, depuis quelque douze milliards d’années, agite la grande scène de l’univers.

François Jacob. La souris, la mouche et l’homme.

Une chance qui s’est déjà produite s’approche de nouveau de nous en silence. Il faut en accueillir le halo d’ardeur tremblant et invisible.

Pascal Quignard. Les ombres errantes.

Le temps est la substance dont je suis fait.

Le temps est un fleuve qui m’emporte, mais je suis le fleuve.

C’est un tigre qui me dévore, mais je suis le tigre.

C’est un feu qui me consume, mais je suis le feu.

Jorge Luis Borges. Une nouvelle réfutation du temps.

Nous passons notre vie à renverser les heures

Nous inventons le temps.

Paul Eluard. Poésie ininterrompue.

Articles scientifiques :

-Howard J, Grill S, Bois J. Turing’s next step: the mechanical basis of morphogenesis. Nature Reviews/Molecular Cell Biology . 2011, 12:392-8.

-Bansagi T Jr, Vanag VK, Epstein IR. Tomography of reaction-diffusion microemulsions reveals three-dimensional Turing patterns. Science . 2011, 331:1309-12.

-Hogenesch JB, Ueda HR. Understanding systems-level properties: timely stories from the study of clocks. Nature Reviews/Genetics . 2011, 12:407-16.

-Kondo S, Miura T. Reaction-diffusion model as a framework for understanding biological-pattern formation. Science. 2010, 329:1616-20.

-Zhang E, Kay S. Clocks not winding down : unravelling circadian networks. Nature Reviews/Molecular Cell Biology . 2010, 11:764-76.

-Anderson D, Brenner S. Seymour Benzer (1921-2007). Nature. 2008, 451:139.

-Vosshall L. Into the mind of a fly. Nature . 2007, 450:193-7.

-Maini P, Baker R, Chuong CM. The Turing model comes of molecular age. Science . 2006, 314:1397-8.

-Konopka R, Benzer S. Clock mutants of drosophila melanogaster. Proceedings of the NationalAcademy of Sciences __ USA. 1971, 68:2112-6.

-Turing A. The chemical basis of morphogenesis. Philosophical Transactions of the Royal Society ofLondon.Series B. Biological Sciences. 1952, 237:37-72.

Programmation musicale

  • Mozimo - Je voudrais être un fleuve (Artfact)

  • Bon Iver - Towers (4AD)

  • Marlène Dietrich - où vont les fleurs (EMI)

  • Leyanis Lopez - Como la mariposa

  • Ane Brun / Koop - Island Blues
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