« Nous n’aurons de cesse d’explorer

Et le fin de toutes nos explorations

Sera de revenir à l’endroit d’où nous sommes partis

Et de connaître le lieu pour la première fois. »

TS Eliot. Four Quartets.

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« Toi », « moi », ces mots semblaient si simples ! Que voulaient-ils dire vraiment ? »

Farid-ud-Din ‘Attâr. La conférence des oiseaux (adapté par H Gougaud).

« Un être composé d’autres êtres […].

« Deux merveilleuses fictions, l’une conçue en Italie, l’autre dans la ville de Nishapour.

La première est dans le dix huitième Chant du Paradis [dans la Divine Comédie ].__

Durant son voyage à travers les sphères célestes, Dante observe une joie grandissante dans les yeux de Béatrice, et un accroissement de sa beauté. […]

Dans l’arc le plus large de cette sphère céleste, où la lumière est blanche, des créatures célestes chantent et volent […] puis dessinent la forme d’une tête d’Aigle.

Puis la totalité de l’Aigle se met à briller. L’Aigle est composé de milliers de Rois justes. […]

L’Aigle parle d’une voix unique, et dit « Je », et non pas « nous ». […]

Que quiconque ait jamais été capable de surpasser l’une des grandes figures de la Divine Comédie semble inimaginable. […]

Et pourtant, le fait eut lieu.

Farid ud-Din Attar conçut l’étrange Simorgh, qui signifie Trente Oiseaux, et qui surpasse l’Aigle de Dante. […]

L’intrigue du Mantiq-al-Tayr [La Conférence des oiseaux] est la suivante :

Le lointain roi de tous les oiseaux, le Simorgh, fait tomber l’une de ses magnifiques plumes au centre de la Chine : les oiseaux décident de partir à sa recherche.

Ils savent que le nom de leur roi signifie Trente oiseaux ; ils savent que son palais est situé dans Kaf, la montagne circulaire qui entoure la Terre. Ils s’embarquent dans l’aventure presque sans fin.

Ils passent à travers sept vallées ou mers ; le nom de l’avant-dernière est Vertige, le nom de la dernière, Annihilation.

De nombreux pèlerins abandonnent, d’autres périssent. Trente, purifiés par leurs efforts, atteignent la montagne du Simorgh.

Enfin ils le voient : ils perçoivent qu’ils sont le Simorgh, et que le Simorgh est chacun d’entre eux, et eux tous.

Dans le Simorgh sont les trente oiseaux, et dans chaque oiseau est le Simorgh.

Silvana Ocampo a mis cet épisode en vers.

« L’oiseau était comme un gigantesque miroir

les contenant tous, et non un simple reflet

Dans ses plumes, chacun trouvait ses propres plumes…

dans ses yeux, ses propres yeux, avec le souvenir des plumes. »

La différence entre l’Aigle de Dante et le Simorgh d’Attar est aussi évidente que leur ressemblance. Les personnages qui constituent l’Aigle ne se perdent pas en lui. Mais les oiseaux qui contemplent le Simorgh sont en même temps le Simorgh. […]

Une observation finale. […] Les pèlerins avancent à la recherche d’un but inconnu ; ce but, qui ne leur sera révélé qu’à la fin, ne doit pas apparaître simplement comme un renseignement supplémentaire, mais doit faire naître l’émerveillement.

[En révélant que] les chercheurs sont ce qu’ils cherchent. »

Jorge Luis Borges. Le Simorgh et L’Aigle. In : Neuf essais sur Dante.

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« Ayant traversé les cercles de l’Enfer et les terrasses du Purgatoire, Dante voit enfin Béatrice. […]

Le matin du treizième jour d’Avril de l’année 1300, l’avant dernier jour de son périple, Dante, ayant accompli ses épreuves, entre dans le Paradis terrestre qui couronne le sommet du Purgatoire. Il a vu le feu temporel et le feu éternel, il a traversé un mur de flammes. […]

Par des chemins de l’ancien jardin, il atteint une rivière plus pure qu’aucune autre, bien que les arbres ne permettent ni au soleil ni à la lune de s’y refléter.

Une mélodie court à travers les airs, et sur l’autre rive, s’avance une mystérieuse procession. […] La procession s’arrête, et une femme voilée apparaît ; sa robe est de la couleur d’une flamme vivante. Pas par la vue, mais par la stupeur dans son esprit et la crainte dans son sang, Dante comprend que c’est Béatrice.

Au seuil de la Gloire, [comme un enfant perdu] il ressent soudain l’amour qui l’avait si souvent transpercé à Florence. […]

Avec la mort de Béatrice, Béatrice perdue pour toujours, Dante, pour atténuer son deuil et sa peine, joua avec la fiction de la rencontrer de nouveau.

[…] Je crois qu’il a construit l’entière architecture de son poème dans le seul but de pouvoir y insérer cette rencontre. »

Jorge Luis Borges. La rencontre dans un rêve. In :Neuf essais sur Dante.

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Articles scientifiques :

  • Kelley LA, Endler JA. Illusions promote mating success in great bowerbirds. Science 2012, 335:335-8.

http://life.nthu.edu.tw/~labccc/PP_files/Lab_meeting/Bowerbirds_Science2012.pdf

  • Anderson BL. Psychology. Bird-brained illusionists. Science 2012, 335:292-3.

http://www.ccg.unam.mx/en/webfm_send/1641

  • Bairlein F, Norris DR, Nagel R, et coll. Cross-hemisphere migration of a 25 g songbird. Biology Letters 2012 Feb 15. [Epub ahead of print]

http://rsbl.royalsocietypublishing.org/content/early/2012/02/13/rsbl.2011.1223.full

  • Beason JP, Gunn C, Potter KM, et coll. The Northern Black Swift: Migration path and wintering area revealed. The Wilson Journal of Ornithology 2012, 124:1-8.

  • Lee JJ. The Northern Black Swift's tropical getaway, Science Now . March 14, 2012.

http://news.sciencemag.org/sciencenow/2012/03/the-northern-black-swifts-tropic.html

  • Keagy J, Savard JF, Borgia G. Complex relationship between multiple measures of cognitive ability and male mating success in satin bowerbirds, Ptilonorhynchus violaceus . Animal Behaviour 2011, 81:1063-1070.

http://www.life.umd.edu/biology/borgialab/AB_2011_Keagy%20Savard.pdf

  • Endler JA, Endler LC, Doerr NR. Great bowerbirds create theaters with forced perspective when seen by their audience. Current Biology 2010, 20:1679-84.

http://ac.els-cdn.com/S0960982210010365/1-s2.0-S0960982210010365-main.pdf?_tid=f07abde521bc40b728c977cdbaa40517&acdnat=1333113769_25dc5d752d78eea209106adaa755b3eb

  • Maxmen A. Bowerbirds trick mates with optical illusions. Bowers may make males look bigger than they are. nature.com , Sept 9, 2010.

http://www.nature.com/news/2010/100909/full/news.2010.458.html

  • Coleman SW, Patricelli GL, Borgia G. Variable female preferences drive complex male displays. Nature 2004, 428:742-5.

http://www.clfs.umd.edu/biology/borgialab/Nature%20Paper%204-14-04.pdf

  • Ryan MJ. Animal behaviour: fickle females? Nature 2004, 428:708-9.

http://www.eve.ucdavis.edu/gpatricelli/Assets/Coleman_NV_Nature_2004.pdf

Autre revue :

  • Le génie de la Renaissance. Les Cahiers de Science et Vie , N° 128, Avril 2012.

Livres :

  • Jorge Luis Borges. Neuf essais sur Dante . Gallimard, 1987.

  • Farîd-ud-Dîn ’Attar. Le langage des oiseaux. Albin Michel, 1996.

  • Farid-ud-Din ‘Attâr. La conférence des oiseaux. (adaptation : Henri Gougaud) Points Seuil, 2010.

  • Dante. La Divine comédie . Flammarion, 2010.

  • TS Eliot. La terre vaine et autres poèmes. Edition bilingue. Points Seuil, 2006.

  • Pascal Quignard. Dernier Royaume. Tome 1 : Les ombres errantes. Folio, 2004.

  • Aux origines de la sexualité . (Collectif, sous la direction de Pierre-Henri Gouyon) Fayard, 2009.

  • Jean Claude Ameisen. Dans la Lumière et les Ombres. Darwin et le bouleversement du monde . Points Seuil, 2011.

En ligne :

The descent of Man and sélection in relation to sex.[La Généalogie de l’homme et la sélection liée au sexe].

The expression of the emotions in man and animals.[L’expression des émotions chez l’homme et les animaux] .

In : The Complete Work of Charles Darwin Online, http://darwin-online.org.uk/contents.html

Agenda :

- La Biennale Arts et Sciences « L’Air et le vent ».

Les 3, 4 et 5 avril à 18h

Université Paris Diderot , Amphi Buffon

15 rue Hélène Brion, 75013 Paris. Métro/RER : Bibliothèque François Mitterrand.

Entrée gratuite sur réservation : c2VydmljZS5jdWx0dXJlQHVuaXYtcGFyaXMtZGlkZXJvdC5mcg==

Programme et renseignements : http://www.univ-paris-diderot.fr/DocumentsFCK/culture/File/LairEtLeVent/Lairetlevent_wb.pdf

- « Les Battements du Temps » , Rencontres transdisciplinaires du Centre d’Études du Vivant, Institut des Humanités de Paris, Université Paris Diderot

2ème rencontre , le10 avril 2012 , de 19 à 21h : « Évolution du vivant, Écologie et Environnement »

avec Pierre-Henri Gouyon , évolutionniste, et Monique Chemillier-Gendreau , juriste, discutante.

Université Paris Diderot, La Halle aux Farines. Hall E, 1er étage, Amphi 10E, rue Françoise Dolto, 75013 Paris. Métro/RER : Bibliothèque François Mitterrand.

Entrée libre, réservation conseillée par e-mail : Y2VudHJlX2V0dWRlc19kdV92aXZhbnRAdW5pdi1wYXJpcy1kaWRlcm90LmZy

Programme :

http://centredetudesduvivant.net/?page_id=700

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