Les routes de la musique tout l'été avec André Manoukian et ce matin, la transposition musicale du mythe de la caverne.

Le système solaire
Le système solaire © Getty / MARK GARLICK/SCIENCE PHOTO LIBRARY

On n'a pas attendu Hollywood pour entendre des stars chanter les étoiles chanter : dès la plus haute antiquité ! Platon n'aime pas beaucoup la musique, du moins celle qui réjouit et fait danser. En gros, il déteste la pop et ne voudrait dans sa playlist que des musiques sacrées, de préférence à une seule voix, sans accompagnement, sans accord, sans envolée lyrique, sans trop de rythme et encore moins de virtuosité.

En admettant qu'un auditeur veuille raffermir son âme, qu'il veuille faire une détox spirituelle, est-ce qu'une telle musique exige ? Et si oui, sur quelles plateforme peut on la trouver ? Look at the Sky, répondrait Platon. Le ciel est une portée et les astres innombrables sont les notes d'une symphonie cosmique. 

La musique des sphères, ce fantasme platonicien, est né un siècle plus tôt 

Elle est apparue dans l'esprit de Pythagore que Platon admirait. Les pythagoriciens qui ont inventé la gamme pensent que l'univers est régi par des rapports numériques harmonieux. 

Ils imaginent que les planètes de notre système solaire sont réparties selon des proportions sonores. 

Les distances entre elles correspondent à des intervalles musicaux, et donc chaque planète émet une note puisque tout ce qui est en mouvement provoque une onde sonore.

Bon, on ne sait pas encore que dans le vide interplanétaire, aucun son ne peut évoluer. 

Mais l'idée est si belle et coïncidence troublante, on compte à l'époque sept planètes dans le système solaire, et il y a sept notes dans la gamme. 

Platon dans La République affirment que les astres tournant dans le ciel produisent une symphonie céleste que les hommes n'entendent pas et dont la musique humaine n'est qu'un pâle reflet.

C'est la transposition musicale du mythe de la caverne. 

Les formes que l'homme enchaînés voit sur la paroi de la grotte ne sont que les ombres d'une vérité qui est derrière lui au grand jour. 

De même, la musique des hommes n'est que l'écho lointain de la musique des sphères. 

Platon soutient que les planètes évoluent chacune sur des orbites circulaires avec une sirène assise sur chaque cercle qui chante la note de sa planète.

."Impossible", rétorque Aristote : "Ces planètes ont une masse colossale et feraient un boucan du diable". On les entendrait, oui, mais non, réfute le philosophe idéaliste platonicien. "Ce bruit assourdissant, en fait, nous enveloppe depuis notre naissance si bien qu'on y est habitué. On ne l'entend plus". "Cette supposition est fort poétique", conclut Aristote. "Mais il est tout à fait impossible qu'il en soit ainsi". 

Ça ne va pas empêcher les tenants de cette théorie d'essayer de trouver quelle note chaque planète peut bien jouer. Pour Pline L'ancien, naturaliste romain, mort à Pompéi lors de l'éruption du volcan 79, la musique céleste est une gamme. Entre la Terre et la Lune, il y a un ton. Les planètes sont ensuite étagés selon une gamme montante. 

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