Nathalie Heinich

Nathalie Heinich
Nathalie Heinich © Nathalie Heinich

Nathalie Heinich est sociologue et directeur de recherches au CNRS .

Outre de nombreux articles dans des revues scientifiques ou culturelles, elle a publié des ouvrages portant sur le statut d'artiste et la notion d'auteur (La Gloire de Van Gogh, 1991 ; Être écrivain, 2000 ; L'Élite artiste, 2005 ), l'art contemporain (Le Triple jeu de l'art contemporain, 1998 ), la question de l'identité (États de femme, 1996 ; L'Épreuve de la grandeur, 1999 ; Les Ambivalences de l'émancipation féminine, 2003 ), l'histoire de la sociologie (La Sociologie de Norbert Elias, 1997 ; Pourquoi Bourdieu, 2007 ; Le Bêtisier du sociologue, 2009 ). Ses livres et ses articles ont été traduits en quinze langues.

Alors que la célébrité passe aujourd'hui essentiellement par l'image, la sociologue Nathalie Heinich signe un brillant traité sur la visibilité chez Gallimard… Mais alors, que sont la pudeur, l'humilité, la réserve devenues ?

Son dernier livre:

visibilité
visibilité © Radio France

De la visibilité : excellence et singularité en régime médiatique Nathalie HeinichParu le 29 mars 2012 Editeur Gallimard

Les moyens modernes de reproduction et de diffusion de l'image des personnes creusent une importante dissymétrie entre celles qui sont reconnues et les autres. Cette "visibilité", forme moderne de la célébrité, aboutit à ce paradoxe que, tout en ne cessant d'être exposés aux regards, les êtres demeurent quasiment invisibles. N. Heinich envisage le thème comme un "fait social total".Depuis l'invention de la photographie, les moyens modernes de reproduction et de diffusion de l'image des personnes ont creusé une spectaculaire dénivellation entre celles qui sont reconnues par un grand nombre de gens qu'elles-mêmes ne connaissent pas et les autres, qui reconnaissent sans être reconnues. Cette dissymétrie crée un « capital de visibilité », dont les détenteurs forment une catégorie sociale à part entière, une nouvelle élite.Comme la « lettre volée » d'Edgar Poe, ce phénomène crève les yeux tout en demeurant largement invisible et peu objectivé : situation d'autant plus paradoxale s'agissant de la capacité de certains d'être vus plus que d'autres. Son expansion durant tout le XXe siècle en fait pourtant un trait majeur de notre modernité, un « fait social total », au sens de Marcel Mauss, que Nathalie Heinich traite ici dans toutes ses dimensions : technologiques, historiques, sociologiques, économiques, juridiques, psychologiques et morales.Après L'Élite artiste, où l'auteur analysait l'essor des artistes créateurs au XIXe siècle en tant que nouvelle élite démocratique fondée sur la singularité, De la visibilité explore, en se gardant de tout jugement moral, l'assomption de l'élitisme médiatique au XXe siècle, qui fait reposer l'excellence sur la seule visibilité. S'il existe des effets de démocratisation dans l'accès à la célébrité, celle-ci demeure avant tout le privilège d'une élite. « L'inégalité dans l'interconnaissance est l'une des formes les plus simples et les plus fondamentales d'inégalité. Trop simple pour avoir été remarquée ? »

Mais aussi

mere filles
mere filles © Radio France

Mères-filles : une relation à trois Caroline Eliacheff, Nathalie HeinichParu le 2 janvier 2008 Editeur LGF, Paris

A partir de cas empruntés à la littérature et au cinéma, reconstitue l'éventail de toutes les relations possibles, principalement celles sources de tensions, et montre comment s'opèrent la transmission des rôles et la construction des identités, de génération en génération.Les hommes ne le savent peut-être pas, mais ce dont la plupart des femmes préfèrent parier entre elles, ce n'est pas d'eux ; c'est de leur mère. En effet, si les femmes ne deviennent pas toutes mères, si les mères n'ont pas toutes des filles, toutes ont une mère. S'interroger sur la relation mère-fille est donc leur lot commun. C'est aussi celui des hommes, impliqués, qu'ils le veuillent ou non, dans cette relation.À partir de cas empruntés à la fiction, Caroline Eliacheff et Nathalie Heinich reconstituent l'éventail de toutes les relations possibles, montrant comment s'opèrent la transmission des rôles et la construction des identités, de génération en génération. Ainsi se dessinent les conditions d'une bonne relation.Car, dans l'expérience délicate qui consiste à être une fille pour sa mère et éventuellement une mère pour sa fille, il est sans doute des voies plus praticables que d'autres.

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