André Comte-Sponville

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comte-sponville © © DIDIER GOUPY

La plupart des philosophes éludent la question du sexe, "ce grand secret" de nos vies (Sagan). Mais André Comte-Sponville estime que nos sexualités, teintées de culpabilité pendant des siècles et libérées depuis quelques décennies, méritent qu'on les pense, sans tabou. Il évoque la fidélité et le porno, et commente la condamnation par la cour d'appel d'Aix en Provence d'un homme à verser 10 000 euros d’amendes à son ex femme pour la dédommager d’avoir eu trop peu de relations sexuelles avec elle durant leur 21 ans de mariage.

André Comte-Sponville agrégé de philosophie, fut maître de conférences a l'Université Panthéon-Sorbonne. Il a publié de nombreux ouvrages aux Presses Universitaires de France, en particulier

le Petit traité des grandes vertus , qui l'a lancé sur la scène philosophique française et internationale.

Son livre

le sexe nie la mort
le sexe nie la mort © Radio France

Le sexe ni la mort :

trois essais sur l'amour et la sexualité André Comte-SponvilleParu le 4 janvier 2012 Editeur Albin Michel

André Comte-Sponville développe une philosophie du bonheur en décrivant la passion, les émotions, les contradictions, les engagements, la morale.« Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement », écrit La Rochefoucauld. Cela fait au moins une différence avec le sexe : le regarder fixement, voilà ce que peu d'hommes et de femmes, de nos jours, s'interdisent ou redoutent. Pourquoi, s'agissant de sexualité, est-ce pourtant cette formule qui m'est venue, jusqu'à me fournir, ou peu s'en faut, mon titre ? Peut-être parce que l'essentiel, ici aussi, échappe au regard, ou l'aveugle, tout en continuant de le fasciner. Le sexe est un soleil ; l'amour, qui en vient, s'y réchauffe ou s'y consume.Les mortels, disaient les Anciens pour distinguer les hommes des animaux et des dieux. Nous pourrions, tout autant, nous nommer les amants : non parce que nous serions les seuls à avoir des rapports sexuels, ni à aimer, mais parce que le sexe et l'amour, pour nous, sont des problèmes, qu'il faut affronter ou surmonter, sans les confondre ni les réduire l'un à l'autre. Cela définit au moins une partie de notre humanité : l'homme est un animal érotique.

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