Antoine Compagnon

Antoine Compagnon
Antoine Compagnon © Radio France /

Ancien élève de l’École polytechnique, disciple de Roland Barthes, Antoine Compagnon est titulaire de la Chaire de Littérature française moderne et contemporaine au Collège de France … Agé de 61 ans, il évoque Baudelaire, l'utilité de la littérature et le sens de l'objet "livre" aujourd'hui.

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littérature pour quoi faire
littérature pour quoi faire © Radio France /

La littérature, pour quoi faire ?Antoine CompagnonParu le 21 mars 2007 Editeur Fayard __

Auprès de la question théorique ou historique traditionnelle : « Qu'est-ce que la littérature ? », se pose avec plus d'urgence aujourd'hui une question critique et politique : « Que peut la littérature ? » Quelle valeur la société et la culture contemporaines attribuent-elles à la littérature ? Quelle utilité ? Quel rôle ? « Ma confiance en l'avenir de la littérature, déclarait Italo Calvino, repose sur la certitude qu'il y a des choses que seule la littérature peut nous donner. » Ce credo sera-t-il encore le nôtre ?

livre beaudelaire - Antoine Compagnon
livre beaudelaire - Antoine Compagnon © Radio France /

Charles Baudelaire devant l'innombrable Antoine CompagnonParu le 30 novembre 2002 Editeur PUF

Michel Leiris qualifiait Les Fleurs du mal d'«irréductibles». L'œuvre résiste à toute lecture. Pour la respecter, il faut s'affranchir des mythes qui l'entourent depuis un siècle et demi. C'est l'objet du premier chapitre. Ainsi sera-t-on ramené aux poèmes, à leur lettre irrémédiable.

Au-delà, quatre chapitres examinent la récurrence d'un thème : l'éternel, l'infini, la mer, la rue - quatre variantes d'une hantise du poète : le nombre. «Tout est nombre. Le nombre est dans tout. Le nombre est dans l'individu. L'ivresse est un nombre», lit-on dans Fusées.

Le nombre : d'un côté l'ordre, la doctrine pythagoricienne donnant accès aux règles de l'univers ; de l'autre la discorde, la mer méchante, la rue passante. Ou encore le vers, «rime et nombre», comme le définit Baudelaire : rythme, cadence, harmonie, mais aussi débordement, démesure, dissonance.

Deux chapitres reconduisent enfin le temps et l'allégorie, autres obsessions liées au nombre («- Ah ! ne jamais sortir des Nombres et des Etres !»), aux formes qui les portent : la syncope et le non sequitur qui cassent le vers des Fleurs du mal.

Le anti modernes - Antoine compagnon
Le anti modernes - Antoine compagnon © Radio France /

Les antimodernes : de Joseph de Maistre à Roland Barthes Antoine CompagnonParu le 3 mars 2005 Editeur Gallimard

Qui sont les antimodernes ? Non pas les conservateurs, les académiques, les frileux, les pompiers, les réactionnaires, mais les modernes à contre-coeur, malgré eux, à leur corps défendant, ceux qui avancent en regardant dans le rétroviseur, comme Sartre disait de Baudelaire.

Ce livre poursuit le filon de la résistance à la modernité qui traverse toute la modernité et qui en quelque manière la définit, en la distinguant d'un modernisme naïf, zélateur du progrès.

Une première partie explore quelques grands thèmes caractéristiques du courant antimoderne aux XIXe et XXe siècles. Ces idées fixes sont au nombre de six : historique, la contre-révolution ; philosophique, les anti-Lumières ; morale, le pessimisme ; religieuse, le péché originel ; esthétique, le sublime ; et stylistique, la vitupération. Joseph de Maistre, Chateaubriand, Baudelaire, Flaubert d'un côté, de l'autre Proust, Caillois ou Cioran servent à dégager ces traits idéaux.

Une seconde partie examine quelques grandes figures antimodernes aux XIXe et XXe siècles ou, plutôt, quelques configurations antimodernes majeures : Lacordaire et le groupe de L'Avenir autour de 1830 ; Léon Bloy polémiquant avec l'antisémitisme vers 1892 ; Péguy et le milieu des Cahiers de la quinzaine avant 1914 ; Albert Thibaudet et Julien Benda, maîtres à penser de la NRF de Paulhan entre les deux guerres ; Julien Gracq en délicatesse avec le surréalisme ; enfin, Roland Barthes, «à l'arrière-garde de l'avant-garde», comme il aimait se situer.

Entre les thèmes et les figures, des variations apparaissent, mais les antimodernes ont été le sel de la modernité, son revers ou son repli, sa réserve et sa ressource. Sans l'antimoderne, le moderne courait à sa perte, car les antimodernes ont donné la liberté aux modernes, ils ont été les modernes plus la liberté.

Le cas Bernard Fay : du Collège de France à l'indignité nationale
Le cas Bernard Fay : du Collège de France à l'indignité nationale © Radio France /

Le cas Bernard Fay : du Collège de France à l'indignité nationale Antoine Compagnon Paru le 22 octobre 2009 Editeur Gallimard, Paris

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