Bonjour habitant du siècle numéro vingt et un !

Tu vois ta salle de bains ? C’est à peu près l’envergure du jardin dont à la tête duquel je me trouve depuis mon dernier changement de crémerie immobilier, voici quelques ans. Avant ça, j’avais pas de jardin.

Quand tu as grandi en courant les bois et les champs de maïs – y compris si tu as adopté la capitale de l’Hexagonie, de gré et aussi de force, depuis ta première carte d’électeur –, en appartement, tu te sens petit pois en conserve : tassé, nombreux, anonyme, enfermé, vert nausée. Sans compter la douleur de ne pas pouvoir prendre un pastis au soleil à moins de 15 euros par tête de pipe, hors cahuètes. Mon jardin de bains a changé tout ça et comblé mes espérances apéritives. Mais.

T’as lu Kafka, La Métamorphose, le gars qui se réveille un matin transformé en cloporte géant ? C’est moi. En paraphant l’acte de propriété d’un habitat équipé de jardin, j’ignorais que je signais un pacte avec le diable. Depuis, inexorablement, je suis en train de me métamorphoser. Citadin, mon frère, citadine, ma frangine, ficelle-toi au mât, bouche-toi les oreilles au persil, et n’écoute pas le chant des sirènes de la terre, car voici ce que tu risques...

© Muriel Gilbert

Le jardin de Muriel
Le jardin de Muriel © Muriel Gilbert

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