Bonjour habitant du siècle numéro vingt et un !

C’est à cause des amours contrariées de Francesca et Robert. Trois jours après, je revois encore le moment où elle ouvre le colis qu’il lui a adressé post-mortem, et j’ai la gorge qui se serre d’un cran, c’est comme un pantalon trop petit autour de mon cou.

T’as remarqué, ya des films, tu sais d’avance qu’il faut pas que tu les voies ? Celui-là, c’était pas un hasard si je l’avais pas vu à sa sortie. « Rôôô, c’est magnifique, qu’est-ce que j’ai pleurééééééé ! », qu’elles disaient, les copines, en se tordant les mains de bonheur. Pour moi, j’en étais sûre, que ce serait une déshydratation pire qu’un nonagénaire dans la canicule aoutienne – et tout par les glandes lacrymales. Parce que tu vois, dans la vie, j’ai un problème : je suis trop bon public.

Les belles histoires tristes me rendent vraiment triste. Franchement, la vie réelle offre assez d’occases, non ? Quand ton hamster meurt, quand tu te rends compte que tes enfants seront plus jamais petits, quand on annonce le résultat des élections...

Le pire, évidemment, c’est au ciné : t’es coincé. (...)

© Muriel Gilbert

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