Bonjour habitant du siècle numéro vingt et un !

"Raaa, chuis énervée ! J’arrive à la Maison de la radio dans le noir, là, le soleil même pas encore levé, et qu’est-ce que je vois tout au long du chemin ? Quel est le seul truc qui reste éclairé toute la nuit dans les rues de Paris ? Des sucettes géantes plantées dans le goudron, sur lesquelles s’affiche, éclatante dans l’obscurité, une invasion publicitaire censée, à grands coups de poitrails musculeux et imberbes, te donner une envie irrépressible de te ruiner en pneus neige ou en slips made in France à poche marsupiale.

Alors voilà. Je dis non. Ça su-ffit. Voilà au moins quinze ans que ça dure. Jusqu’ici, je me suis tenue à carreaux, pensant qu’une mode aussi navrante serait forcément éphémère. Et pis non ! La pub continue de nous seriner les yeux de photos de bonshommes au torse épilé. Et les magazines d’emboîter panurgiquement le pas, évidemment. Comme si c’était ça, le beau, le modèle à suivre, l’idéal.

Et le pire, c’est que l’épidémie marche à grands pas. Sur la plage ou à la piscine se bousculent de plus en plus de mâles au torse rasé, ou en mode gazon à divers stades de repousse plus ou moins dégueu. Sans compter que qui s’y frotte doit s’y piquer, non ?..."

© Muriel Gilbert

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