Bonjour habitant du siècle numéro vingt et un !

" Une grenouille dans un bocal ! Habitant du siècle numéro vingt et un, t’as remarqué quel est le sujet de conversation favori de nos collègues hexagonais (et des autres humains aussi, sans doute, mais, faute de financement européen, notre étude s’est provisoirement arrêtée à nos frontières) ?

La mé-té-o.

Pas le réchauffement climatique, hein, nan-nan : le bon vieux temps qu’il fait, ici et maintenant. Le froid, le chaud, le mouillé, le vent.

Le paradoxe, c’est que, en tant que sujet de conversation, la météo est plus méprisée encore que les sujets foot au masculin et chiffon au féminin. « Parler de la pluie et du beau temps », d’après le petit M. Robert, signifierait « dire des banalités ». Eh bien je m’élève contre ce jugement aussi partial qu’abusif. Le temps qu’il fait, c’est crucial, et en parler, c’est salutaire. Je m’en vais de ce pas te le démontrer.

grenouille
grenouille © radio-france

C’est l’aube, tu sors du lit, avant même de radariser vers les lieux d’aisances, tu fais quoi ? Tu ouvres les volets et tu édites ton premier petit bulletin perso du jour :

  • Chiotte, il flotte encore.

Café avalé, tu sors de ton sweet home, les portes de l’ascenseur s’ouvrent sur le pochtron du 4e.

  • Ah là là, sale temps, hein ?

Et sans doute répéteras-tu ton flash météo en déposant Toto à la crèche et en arrivant au boulot.

Alors, c’est vrai, ton QI n’a pas fait des bonds. D’un autre côté, on ne peut pas toujours partager ses pensées profondes, à savoir comment diable on peut empester la vinasse à 7 h 25 du matin ou combien il est ahurissant que l’existentialisme soit un aussi fieffé humanisme.

Quand j’étais jeune, innocente et bête, au siècle numéro vingt, je croyais que, quand on n’avait rien à dire, le mieux, c’était de… la fermer...."

© Muriel Gilbert

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