Bonjour habitant du siècle numéro vingt et un !

Le secrétariat de France Inter gémit sous l’avalanche de messages d’auditrices et teurs qui s’interrogent sur les secrets de fabrication de la pertinentissime chronique - « T’as remarqué ? » - de ta serviteuse matutinale du lundi.

Aussi, en cette dernière conférence de la saison, nous allons l’étancher. Cette soif – tu suis, oui ?

mode d'emploi
mode d'emploi © Rubixcube

Pour chroniquer, il te faut un sujet. Pour ça, fais confiance à la vie. Du tarif du cordonnier aux gercés du sourire en passant par les WC où ya rien à lire, toute semaine apporte sa moisson de thèmes d’intérêt scientifique majeur. Tu enquêtes, tu collationnes, tu recoupes, tu rédiges un compte rendu indispensable et informatif en 3 700 caractères (ça, c’est siouxe).

Ensuite, vu que c’est de la radio, ce serait mieux si tu disais ton texte sans trop fabouiller dans le micro. D’où nécessaires répétitions, conclues par un filage dominical avec un Jicé compréhensif, ne sourcillant pas de s’entendre appeler « Bonjour Brigitte ! » Notons que les enfants dont les oreilles traînent à cet instant-là subissent un traumatisme irrémédiable de l’identité paternelle. Sacrifiés sur l’autel chronical, les lardons.

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Après ça, c’est lundi. Bon, le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, dit le proverbe. Je me demande quand même s’il appartient à ceux qui se lèvent très très tôt.

4 heures du mat’ : ton réveil sonne, tu plonges dessus, histoire de ménager le Jicé qui ronronne sous ta couette. Ça se confirme, tu n’as pas franchement l’impression que le monde t’appartient.

4 h 01 : le deuxième réveil sonne, celui de sécurité, le tirant tout gromeleux des bras de Morphée, le Jicé. Pas encore très bien véreillée, tu lui chantes « Fais colas, dodo mon petit frère », et tu files sous la douche au doux ronflement de son sommeil retrouvé.

4 h 30 : tu agites la laisse de Mme Zaz la chienne. Au lieu des habituels bonds d’allégresse, elle entrouvre un œil torve, un rien surpris, infiniment las. Puis repose le museau dans un soupir et entre ses pattes...

© Muriel Gilbert

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