Ce matin, réflexion sur cette distanciation sociale.

Tanguy confiné
Tanguy confiné © capture écran

Oui, on ne se voit que par écran interposé, on se skype, on se zoome, on se textote plutôt qu’on se tripote, et quand on sort pour acheter des choux de Bruxelles, parce que ça, bizarrement, les gens n’en ont pas stocké, on le fait le visage couvert, même les islamophobes qui à la base étaient contre. Finis les bisous, les « je t’aime, ma grosse loute », moi à la maison je hurle des ordres à ma famille au mégaphone en restant à 20 mètres, « faites à manger », je crie, « faites les lits », je crie, puis « bon ok, c’est moi qui vais le faire », je crie, puisque j’ai la même force de conviction qu’une compote de fraises. 

Ça s’appelle la distanciation sociale, on met de la distance entre nous et les autres, ce qui permet d’apprécier même les gens qui puent de la bouche comme les fumeurs ou les stars du X à la sortie du plateau de tournage.

Donc au début on nous disait « il faut respecter une distance d’un mètre », à cause des gouttelettes, parce qu’en parlant, on projette des gouttelettes, donc si vous croisez Fabrice Luchini, qui cause H24, vous pouvez sortir le Dop violette et vous savonner face à lui. Ensuite on nous a dit « 2 mètres de distance, c’est mieux », parce que les gouttelettes volent, rien que le mec qui a joué dans la pub « je suis passé chez Sosh » est à l’origine de 11000 contaminations, il a créé plus d’humidité qu’un poster de Bernard Pivot nu avec juste un Bescherelle cachant ses fesses qui aurait été punaisé dans la salle de lecture d’un Ephad. 

Et là j’ai lu un article d’un professeur au MIT, l’Institut de Technologie du Massachussetts, Lydia Bourouiba, qui parle d’une distance de 8 mètres qu’il faudrait avoir entre 2 individus, 8 mètres, c’est énorme, c’est la taille de la bêtise de Ségolène Royal. 

Alors, vous allez me dire, parce que chez vous, vous avez la même dextérité intellectuelle qu’à la radio, c’est-à-dire pas top mais correcte quand même, pourquoi ces 8 mètres ? Personne en ouvrant la bouche ne projette de gouttelettes à plus de 8 mètres, à part Celine Dion en live qui en éjecte sur 16 kms, une fois en concert à New York on a retrouvé une de ses glaires dans le désert chilien ? 

Et bien parce que, nous dit la chercheuse, on ne fait pas que causer, on éternue, on tousse, et c’est là on émet un nuage composé de gaz et d’air chaud dans lequel sont suspendues les gouttelettes. Vous vous rendez compte, on fabrique des nuages, ça c’est un truc qui en fin de soirée pourrait séduire Nathalie Rihouet, après le confinement. Et ce nuage suspendu dans l’air, croyez-vous qu’il s’en va après, comme le socialisme ou l’appétit chez Flunch ? Et bien non, il reste là, prêt à contaminer le 1er qui l’avale, oui, on avale des nuages, on a la même existence qu’un chat jaune avec un parapluie dans un film de Miyazaki.

Alors attention, auditeur, mon bébé, ne vend pas tes enfants sur Ebay s’ils ont la crève, parce qu’un autre professeur, de la faculté de médecine de Washington, aux Etats-Unis la moitié de la population est prof, énorme vivier d’auditeurs potentiels pour France Inter, Paul Pottinger, dit que le souci, ce n’est pas la distance parcourue par les germes, parce qu’ils vont loin, ceux qu’il y a sur les pieds des randonneurs font parfois 20 bornes dans des chaussures Quechua, mais jusqu’à où ils sont infectieux. Et là, c’est vague, certains disent 2 mètres, d’autres 5, d’autres 8. 

Heureusement, Macron, le père de la nation, ou au moins son petit neveu, nous a confiné dans notre chambre, chacun avec son nuage, mais bientôt on aura de nouveau le droit de bouffer toutes les gouttelettes des autres, hmm, miam miam. 

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