Paris est ville sale. Mais pour en être sûre, Anne Hidalgo a monté des commissions qui lui ont remis un coûteux rapport.

Tanguy, Paris est une ville sale. Oui, c'est un infâme cloaque. Une décharge immonde où des hipsters à la barbe dégueu slalomment sur des vélib pétés entre des rats morts. Point positif à cette saleté, quand on voyage après on trouve tout super-propre. Vous allez à Calcutta, pour vous c'est la Suisse. Vous demandez même aux gens s'il est sympa Charles Aznavour. 

Sur un marché à Kaboul, où une explosion a projeté des bras et des jambes de gens jusque dans la grosse poêle du stand paella, vous dites au type : "T'inquiéte, j'habite Paris, je vais prendre une barquette pour 2 personnes". On est blindé. D'autant que si la ville est sale, c'est à cause de nous, qui confondons notre cave et la rue, donc mémo, la cave c'est ce lieu où on range ce qui ne marche plus, un vieux frigo, un programme du Parti Socialiste, son pénis après un certain âge, ou la défense de Jonathann Daval. La rue, c'est cet espace commun dans lequel si on est civilisé on ne doit pas jeter de mégot de clope, pollution, chanter Despacito, pollution sonore, sortir en claquettes, pollution visuelle. 

Seulement Paris c'est trop grand. Personne ne se parle. Les autres, on s'en tape, à tel point que Benoit Magimel roule en voiture sur des gens. Après tout, ils n'ont qu'à lui dire bonjour. Ils n'ont pas créé de lien social avec lui et Mathilde Seigner, au lieu de frapper à la porte d'un lycée, ce qui est compréhensible, on a le droit d'avoir un rendez-vous avec Jean-Luc Lahaye, la défonce avec sa voiture à elle. Bref, Paris, c'est sale, et la mairie est dépassée, parce qu'on comporte comme des porcs.

Anne Hidalgo, la dame des pistes cyclables amphibies, a donc réfléchi et s'est dit : "Je peux pas exterminer les parisiens, il y aura plus personne pour m'élire et on peut pas mettre non plus un agent avec une pelle à la sortie de l'anus de chaque chien, il pourrait y prendre plaisir et après les mecs iraient draguer des teckels dans les refuges de la SPA". 

Donc comme le font les politiques quand ils n'ont pas d'idée, c'est-à-dire sans cesse, elle a demandé à d'autres gens ce qu'ils en pensaient. Et elle, elle bosse à la George Lucas, avec des moyens énormes. Pour aller acheter du pain, je pense qu'elle prend un hélicoptère et descend en rappel jusqu'à la boutique Banette. Elle a donc monté 7 commissions de 15 habitants chacune, soit 105 personnes mobilisées. Hidalgo vous la lancez sur le remake des 7 mercenaires, ils sont 1400 et ont chacun 3 chevaux... Donc elle leur a demandé : "Alors, Paris est-y propre ?". 

Les 150 gusses ont réfléchi pendant 6 mois. Ils étaient au chaud, avaient du café, un casse-croûte,... C'était comme une prise de sang mais sans piqûre, là ils sont encore dans le local, avec la trêve hivernale on peut pas les virer avant le 31 mars.

Et à quelle conclusion sont-ils arrivée au bout du compte ? Et bien que Paris c'est sale. Ils ont fait un rapport de 14 pages, pour 105 personnes, chaque personne a écrit 12 mots. Même Nabilla fait plus que ça en 6 mois. Et le bordel a été facturé à la mairie de Paris 224 580 euros, soit 16 000 euros la page. Pour vous donner une idée, un papyrus original signé par Ramsès II c'est la moitié. Anne Hidalgo, quand un adjoint lui dit : "Tiens, et si on installait pour 16 000 euros de jeux pour les gosses dans les squares ?", elle répond "Écoute, vieux, je vais plutôt acheter une feuille A4". 

Le rapport est le fruit de la réflexion des 105 escrocs qui ont pondu le truc, et ça ne veut rien dire, même Candeloro sous poppers écrirait des choses plus claires. Le Canard Enchaîné publie notamment cette conclusion du rapport, je cite : "La perception de la propreté à Paris se fonde en négatifs sur des constats relatifs à la malpropreté". Moi j'écris ça, direct je me dis : "Je ne suis d'aucune utilité à la société, adieu monde cruel, tant pis, j'écouterai jamais le nouveau Francky Vincent", et je me jette à la Seine, où je ne me noierai pas, puisqu'à tous les coups je rebondirai sur un gros ragondin nourri de nos déchets, et serai propulsé jusqu'à la berge.

Pour savoir que Paris est sale, c'était pourtant pas compliqué. Mme Hidalgo pouvait sortir de son bureau, faire 4 mètres avec ses pieds, demander au 1er type croisé : "Dis-moi coco elle est propre comment la ville ?", l'autre aurait craché du sang à cause de son cancer dû aux particules fines, aurait répondu : "Moyennement propre", et se serait fait dévorer par les rats.

Mais avec cette classe politique biberonné à la technocratie, on est dans le blah-blah permanent. Il faut consulter 400 gonzes, écouter, pondre des rapports, là où un mec comme Pascal le Grand Frère vous dirait : "Elle est cradingue, ta ville, ma loute, donc tu sais, v'la un balai, v'la une pelle, je pars une heure, quand je reviens, c'est nickel ou j't'éclate". On perd un temps fou à discuter, et c'est notre faiblesse,... Poutine, qui est un taiseux, vous lui refiliez le dossier de Notre-Dame-des-Landes, il prenait Jean-Marc Ayrault et les zadistes dans son bureau, et disait : "Toi aéroport non, vous mettre habits".

Même en radio, 1h30 par émission, on tourne autour du pot : "Bonjour Nagui, Leila qu'avez-vous pensé de la pièce, tout de suite le journal", alors qu'à 11h on pourrait dire "Salut, Jugnot et Mergault sont là, leur pièce est top, à demain Daniel Morin" et 11h01 on serait dehors, ça avancerait un peu. 

Ce soir, Anne Hidalgo, de retour chez elle, va dire à sa famille : "Je suis désolée, j'ai fait une folie, j'ai claqué un fric monstre, 16 000 euros, je me suis payé une feuille".    

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