Hier, Tanguy Pastureau a vu que Marlène Schiappa, la célèbre influenceuse, lançait Allo Marlène, donc il s'est dit : « super, elle va faire de la radio, il était temps qu’elle trouve sa voie, parce que cette carrière, c’est n’importe quoi ». Et en fait, désillusion...

Ce qui est formidable, à la radio, c’est qu’on peut être soi-même, vous Nagui, ici, vous êtes vrai, sans artifices, j’ai l’impression d’être à Naturalia et de voir une pomme bio. Alors qu’en télé, on vous maquille, on vous coiffe, on vous habille, parfois je mets votre jeu sur la 2, j’ai l’impression que j’ai zappé sur la une et que c’est Ingrid Chauvin. C’est gênant, je commence à être émoustillé, heureusement je vois vos baskets et direct ça retombe, ce n’est pas vous le problème, vous êtes trop beau, c’est que je suis plutôt mocassins, d’où ma passion pour les Hauts-de-Seine. 

La radio, même si c’est filmé, c’est le média où on peut venir sale, ici les gens puent, il est d’ailleurs prévu qu’on garde le masque après le Covid, à cause de l’haleine. Mais c’est aussi pour ça que les auditeurs nous aiment, parce qu’au fond on leur ressemble, on a tous eu un jour, chez Emmaüs, le réflexe, en prenant une chemise en jean tâchée au fond d’un bac, de penser très fort à Daniel Morin. Trop fort, parfois. Et puis l’auditeur, on l’accompagne, nos chroniques n’ont aucune importance, elles servent juste aux gens à voir s’ils sont ou non à la bourre, s’ils entendent ma voix à midi 10 alors qu’ils n’ont pas commencé leur entrée, ils savent que le dessert, ils n’auront pas le temps avant le retour au taff. Laetitia Gayet qui finit son journal deux minutes trop tard, et c’est la moitié du pays qui entre en malnutrition. 

Moi, j’ai pas peur de le dire, j’ai écouté toutes les radios : RTL, le Stop ou Encore, qu’est-ce que j’ai pu hurler Stop sur la spéciale Patrick Fiori. Quand je veux entendre de la dance, je mets Fun Radio. Quand je veux entendre de la musique, je mets France Musique. Quand je veux me sentir seul et faire quelque chose que les autres ne font pas, j’écoute Europe 1. Quand je veux entendre ce que j’écoutais gamin, je mets Nostalgie, et c’est là que je réalise que la vie m’a mis un coup de pelle, parce qu’il y a 10 ans, Nostalgie, ils passaient Richard Anthony, là ils diffusent "Mon mec à moi" de Patricia Kaas, je suis devenu vintage, d’ici deux ans, ma voisine va me vendre dans un vide-grenier avec un vieux jeu de Donkey Kong et la poussette de ses gosses.

Moi, ce que j’ai toujours aimé en radio, ce sont les libres-antennes la nuit, je rêve de faire ça, de la radio à la bougie, le seul souci, c’est que je n’aurais jamais la patience d’écouter les auditeurs, le premier qui me dira qu’il a du mal à se remettre de la mort de son chien, je lui dirais : « allez, ça va, pleure pas boulou, tu crois qu’en Irak ils sont pas plus malheureux, demande à Bernard-Henri Lévy, il y est allé, en smoking, bah il s’est déchiré la veste sur un barbelé ». 

Je ferais un très mauvais confesseur radio. Macha Béranger, elle, à l’époque, savait faire ça, et hier j’ai vu que Marlène Schiappa, la célèbre influenceuse, lançait Allo Marlène, donc je me suis dit « super, elle va faire de la radio, il était temps qu’elle trouve sa voie, parce que cette carrière, c’est n’importe quoi ». Et en fait, désillusion, la vie est nulle, vous savez que Marlène Schiappa est tête de liste République en Marche en Ile-de-France, pour les régionales, la 2ème élection qui passionne le moins les français juste derrière celle de Mister France. Avant-hier, elle a posté sur Twitter, ce réseau sur lequel la guerre civile a débuté il y a 5-6 ans, un visuel avec écrit « nous mettons en place une ligne téléphonique, Allo Marlène », à côté on la voit elle tout sourire, ça rappelle ces anciennes pubs qui disaient « Natacha, pour des plans hots dans ta région, viens-y donc ma grosse belette », et il y a un numéro, celui de Marlène, 06 18 97 09 69. Oui, 69, c’est très chaud, parce que c’est le département du Rhône, parfois l’été, il y a des pics à 38 degrés. 

Donc j’ai appelé Allo Marlène, trois fois, la troisième fois, ça a décroché, j’ai fait "Allo, Marlène, je suis contre ta proposition que Cyril Hanouna anime le débat du 2nd tour de la présidentielle, parce que ça va désavantager le candidat vieux, Emmanuel Macron". Et j’ai réalisé à la voix que la personne qui me répondait n’était pas Marlène, je l’aurais reconnue, je la suis sur Tik Tok, j’ai liké tous ses posts Insta, Marlène c’est comme Garou, c’est une signature vocale. Moi, Marlène, elle fait Mask Singer déguisée en fraise des bois, j’appelle Nagui pour qu’il appelle Kev Adams pour qu’il s’écrie « la fraise, c’est Marlène Schiappa ». Ce qui, je trouve, lui ferait un bon slogan de campagne, la pomme, ça a été fait, si tu veux pas te retrouver dans 5 ans à poser sur les affiches avec un coing, le seul fruit qui n’aura été pris par personne, il faut te bouger. Oui, je suis assez créatif, par exemple, pour une couverture de Match avec Bardot, je ferais pousser un énorme coing, je la foutrais dedans, et je titrerais « on laisse pas BB dans un coing ». J’ai conscience que si Libé me prend, ce journal peut retrouver une deuxième jeunesse du point de vue des calembours en une.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

  • Légende du visuel principal: Tanguy Pastureau en studio © Radio France /
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