Je suis bien ici avec vous, mais je serais mieux chez moi...

En slip, affalé sur votre clic-clac, à vous gratter les poils du torse à la cool, parce que si nous sommes réunis tous les jours, c'est par convention sociale, parce qu'il y a 25 ans, 40 pour vous, une conseillère d'orientation nous a dit qu'il fallait travailler. Je veux dire, pour moi, quel est l'intérêt d'être ici, je suis humoriste, je dois me farcir les chroniques d'autres humoristes, est-ce qu'à un moment dans sa carrière on a demandé à un psychiatre d'aller voir comment Bernard-Henri Lévy arrivait à gérer Arielle Dombasle ? 

Non. Bref, on serait plus heureux chez nous, à glander en bouffant des chipsters, avachis devant Netflix. Netflix, je le dis pour Leïla qui mate Arte en live, trouvant ce documentaire sur l'art baroque portugais bien trop mainstream, c'est un service de vidéos, qui dépote 14 saisons la semaine, si bien qu'on n'arrive plus à suivre, alors qu'avant, vous regardiez sur 7 jours un Navarro, un Julie Lescaut, vous pouviez tenir une conversation avec n'importe quelle boulangère, moi là je n'ai suivi ni Black Mirror ni Orange is the new black donc je n'ose même plus aller acheter du pain, ça fait 4 mois que je bouffe le Saint-Moret à même sa barquette. Sur Netflix, il y a plein de séries, comme Narcos, qui nous emmène dans le monde des narco-trafiquants, ils prennent de la schnouffe, donc ils parlent tous comme Guillermo Guiz. 

C'est l'antithèse de Derrick, parce que si le vieux avait sniffé ne serait-ce qu'une fois, il serait peut-être parvenu à accrocher son imper sur le porte-manteau en moins de 7 minutes. Il y a la Casa de Papel, une série en espagnol, comme Narcos, on n'avait pas autant entendu parler espagnol depuis le carton de Djobi Djoba des Gypsy Kings. Il y a The Crown, que moi que je regarde en espagnol par habitude, une série sur Elizabeth 2, donc il y aura 60 saisons, parce que mamie pudding va tous nous enterrer, là elle a bientôt 100 ans, et elle a une telle patate que demain elle peut se mettre au free fight. Et 10000 autres séries que pas personne ne regarde, parce que le temps de fouiller dans le catalogue, il est l'heure d'aller se pieuter.

Netflix a donc remplacé la lecture et le sexe, quand une petite étudiante un peu hot en prépa littéraire a envie de se faire un plan uque, elle doit se taper un senior de 78 ans qui n'a pas Netflix, et encore, entre 15 et 17h, heure de visite à l'Ephad. Mais ça a aussi remplacé la télé, aujourd'hui quand une émission fait 200 000 téléspectateurs, les mecs sabrent le champagne, et ça a cassé le dernier lien social des gens, tout ce qui nous reste en commun, c'est l'amour de la charcuterie et la mort. 

Avant, on demandait à ses collègues "t'as regardé quoi à la télé hier ?", mais maintenant quand on fait ça, ils répondent "écoute, là je suis l'épisode 12 de la saison 4 de Suck my bloody dick, une série super-trash sur les MST dans le porno en 72, il y a un personnage de camé transgenre qui n'a qu'une jambe, pue du pied et vote Bayrou, c'est total gore, j'adore", et vous dites "ah ok", parce que vous la veille, vous, vous avez regardé "Des racines et des ailes" sur la Charente-Maritime.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo...

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