Après la préservation des pandas, Tanguy Pastureau, dans cette nouvelle chronique qui maltraite l’info, évoque les seins en général et en appelle aussi dépistage du cancer du sein, accompagné par Leïla Kaddour.

J’aurais adoré avoir des seins. Ce n’est pas que je ne me trouve pas canon tel que je suis, j’ai des yeux et un miroir comme tout le monde, mais il me manque un truc. 

J’ai des tétons comme tous les hommes, mais ils sont vides, le téton masculin, c’est comme Nicolas Dupont-Aignan en politique, ça n’a pas d’utilité. La différence entre les deux, c’est qu’on ne titille pas Nicolas Dupont-Aignan en cachette, ou alors c’est qu’on le connaît très bien. Trop, peut-être, si ça se passe à l’Assemblée. 

Alors que les seins des femmes, c’est fabuleux, ça me passionne ! après le bac, j’ai cherché s’il existait un BTS Seins, je me disais : « Ce serait bien plus tard d’allier travail et passion », comme Kim Jong-un aujourd’hui, qui n’aime que lui et en a fait un métier. Mais rien, il n’y a pas de cursus. 

Il faut me comprendre, aujourd’hui le sein est tabou, mais quand moi j’étais jeune, en 1986, il était partout, la star n°1 était Samantha Fox, une chanteuse hot à gros seins. Quand Marc Toesca, dans Le Top 50, revenait à l’image en sortie de son clip, il n’était plus là, il avait implosé et un artisan refaisait déjà le crépi du mur derrière lui. 

Moi quand j’étais ado, en bord de mer, les copines de classe à la plage étaient seins nus, de 1986 à 1990, je n’ai pas entendu un mot de ce qu’on me disait à la plage. Comme je ne voulais pas jouer les voyeurs, je regardais l’horizon, sans rien dire, je connaissais chaque rocher, j’aurais pu devenir cartographe, j’appelais chaque mouette par son prénom. On a cru que j’étais autiste, un pote a même essayé de m’apprendre des tours de carte pour plumer le casino de Bénodet, c’était l’époque du film Rain Man

Non, je vivais juste au milieu des seins, et ça me procurait une satisfaction telle, que je n’avais pas besoin de parler, ça me fait la même chose aujourd’hui quand on m’apporte une planche de fromages. Oui, j’ai vieilli, à partir de 40 ans, les priorités changent, chez le fromager, il n’y a pas un jeune, il n’y a que des vieux qui caressent des meules en bavant et si on les laissait faire, ils feraient l’amour au gruyère par tous les orifices. 

Donc les seins en 2020, je m’en fous, le débat sur la tenue des lycéennes, je dis : « Elles sont libres, déjà, et ensuite si ça dérange deux-trois mecs, quelle importance ? Dans 20 ans ils s’intéresseront aux planches de fromage ». Mais le sein gêne. Sur la plage, cet été, des gendarmes ont demandé à des femmes, seins nus, de les cacher, à la demande d’une famille dont les enfants étaient choqués. Si moi, j’avais été gendarme, j’aurais dit à ces petits morveux « Savez quoi les boloss ? Il y a sept ans, pour vous, ça, c’était le frigo, et là ça vous heurte, mais c’est comme si un punk à chien du centre-ville de Rennes reniait la 8.6 ». Et regardez Miss Guadeloupe, exclue du concours Miss France pour avoir posé seins nus, et pas pour faire saliver le lourdaud, non ! c’étaient des photos d’une campagne contre le cancer du sein ! en plus, on ne voit rien ! ses seins sont cachés par des fleurs ! on a juste l’impression d’être chez Interflora, si la gérante de la boutique avait vraiment pété les plombs. J’espère qu’à la cérémonie Miss France, en protestation, Jean-Pierre Foucault, torse nu, poing levé, se mettra à hurler « J’en place une pour mes sisters ! », avant de foutre le feu au plateau en calant sa lampe à bronzer sur maximum. 

(La suite à écouter et à retrouver en vidéo !)

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