Ce matin, Tanguy se livre, sur sa passion pour Francis Cabrel, sur cette rentrée et sur ce qui nous réunit

Ce midi, chose rare, je vais vous raconter une anecdotepersonnelle, parce que c’est bien beau de parler d’info, mais j’en oublie d’aborder le seul vrai sujet intéressant :moi. Hier, je rentrais de la radio, vers 16h, le temps de me dégager des hordes de fans qui m’attendaient devantla Maison de Radio France en hurlant « il est où Naguiqu’on voit une vraie star ? », j’étais sur mon scooter, j’arrive à un feu, et là il y a une voiture avec la musique àfond. Les gens qui font ça sont soit des beaufs, soit des malentendants, soit des beaufs malentendants, ce n’est pas parce qu’on a un handicap qu’on est exempt de toute tare comportementale, comme me le disait mon grand-oncle paraplégique et zoophile. 

Donc musique à plein volume dans la bagnole, c’est soit du rap, soit de la house, soit le 1er Tears for Fears, pour ceux qui ont gardé leur R21. Mais là, incroyable, j’ai été plus surpris que Mickey Rourke quand il se regarde dans la glace, l’homme au volant passait « Sarbacane » de Francis Cabrel. Lesvitres ouvertes, avec des infra-basses énormes, toute la rue entendait « on croyait savoir tout sur l’amour depuis toujours ». Je sais, je fais très mal Francis Cabrel, sinon je serais resté peinard sur RTL à attendre la mort de Gerra pour piquer sa place, bien sûr.

Attention, je ne me moque pas, j’adore, surtout cet album, il date de 89, j’avais 14 ans, et j’admirais Cabrel parce qu’il portait sur lui ce que je rêvais de voir pousser sur moi, mais non pas un pénis, enfin Agnès… une moustache. Cabrel, c’est ça, les poils, la guitare sèche, un feu de bois, la tranquillité, tu sais que quand en voiture tu écoutes Cabrel, tu vas être sur un petit 115 de moyenne sur l’A7, avec arrêt à la boutique Total pour acheter un saucisson de pays. 

Mais en plein Paris, foutre Sarbacane à fond, c’est un acte de rébellion, ça revient à proposer unpapier sur Trotski à Valeurs Actuelles quand on est journaliste à l’Humanité Dimanche parce que Paris est trop snob, trop branché, pour du Cabrel. Il faut être sur le dernier single du 4000ème petit groupe à la con à avoir pompé Etienne Daho en 84 pour avoir le droit de monter le son dans cette ville sordide.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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