Le chanteur pour enfants Aldebert est dans la tourmente, il a une chanson, dans laquelle il dit « faire pipi sur un policier », résultat, un syndicat de police porte plainte, 1er degré forever, et le zizi, en 74, pareil, incitation à la débauche, en tôle Pierre Perret !

L’enfance est un moment fabuleux de la vie... Je suis nostalgique de cette époque, où tout ce que j’avais à faire de mes journées était d’attendre que le temps passe en tripotant mon zizi, ce qui est le quotidien d’Alain Juppé au Conseil Constitutionnel aujourd’hui, sauf que lui ne se tripote pas car il est très digne, ce serait le seul, pendant le spring-break de Cancun, à proposer une partie de backgammon à des gens qui déjà n’ont plus leur slip. L’enfance, c’est ce moment où on se passionne pour les dinosaures, en disant « plus tard, je serai paléontologue », puis on réalise à l’âge adulte que le salaire de base de la profession est de 1750 euros bruts par mois, et donc on fait l’ESSEC ou, si on tient à rester connecté aux temps anciens, on devient l’assistant d’Alain Duhamel. 

Et les enfants vivent dans un monde parallèle, avec des héros absurdes, je pense à l’âne Trotro, un ânon qui déteste manger des sardines, c’est délirant, même dans les petits films réalisés en 1938 par Albert Hoffman, l’inventeur du LSD, personne ne propose à un âne de bouffer des sardines, on voit juste une amie d’Hoffman en transe, hurler « vous verrez, un jour, François Hollande défendra son bilan dans un livre », avant de convulser et mourir. Les enfants, enfin, ont des chanteurs pour enfants, de mon temps c’était Douchka, du temps d’Albert Algoud la marionnette Gunther, créée en 41 par Philippe Pétain, et qui dans les villages, se mettait à crier « il est où Jean Moulin ? », ce à quoi les gosses répondaient en chœur « derrière toi, Gunther ! ».

Aujourd’hui, la marionnette Gunther et Douchka ne sont plus en activité, ils végètent à l’Ephad des anciennes stars des gosses qui ont grandi, avec X-Or, Lorie et Tatayet, mais il y a un chanteur que les enfants actuels adorent, Aldebert. Jean-Baptiste, rédacteur en chef de cette émission, qui a deux filles, m’a d’ailleurs confié, lors de l’un de ces moments d’errements où deux hommes se dévoilent, avoir réservé ses places pour Aldebert en novembre au Zénith de Paris, 8 mois avant, tout est plein. 

A titre de comparaison, pour un meeting de Debout la France, même à 15h alors que le début est à 14, il y a de la place, en fait, toutes les places sauf celle de Nicolas Dupont-Aignan sur l’estrade. Et Aldebert a une chanson, intitulée « Pour louper l’école », qui répertorie toutes les bêtises qu’un môme peut faire pour se trouver mal et ne pas y aller, sortir en pyjama pour choper froid, chatouiller une panthère, voire même Martine Aubry, et faire pipi sur un policier. 

C’est une image, moi j’adorais le générique d’Oum le dauphin, je n’ai pas plongé dans le bassin de l’aquarium de Vannes, non, j’avais oublié mon maillot de bain. Mais un père de famille, apprenant que la chanson allait être interprétée à la fête de l’école de Ludres, en Meurthe-et-Moselle, a écrit au ministère pour se plaindre, « faire pipi sur un policier » lui rappelle, dit-il, le sacrifice du colonel Beltrame, pourquoi pas, mais dans ce cas « au feu les pompiers », c’est une apologie de la pyromanie. D’autant qu’étudions les paroles, « c’est pas moi qui l’a brûlée, c’est les petits gendarmes, c’est pas moi qui l’a brûlée, c’est les petits pompiers », l’ensemble des corps militaires est critiquée très sévèrement. C’est l’anarchie.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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