Tanguy, n’en peut plus du confinement...

Non, Nagui, ça y est, je craque, je suis à deux doigts de me déguiser en teckel et d’uriner sur des jacinthes juste pour avoir le droit de sortir. 

On est là comme des idiots chacun chez soi, alors que le printemps arrive et qu’on devrait siffler des cubis de rosé allongés dans l’herbe, avec des T-shirts du groupe Tryo et un pote rasta blanc venu avec sa gratte. 

Bien sûr, je vous vois, puisque pour l’émission, nous nous filmons sur une appli, Zoom, je vois Daniel Morin, mais je ne fais que le voir, or nous sommes des mammifères, et, l’avouerais-je ? Son odeur me manque. Cette fragrance inédite, mix de sueur d’athlète arménien et de Marlboro humide, me manque. Quand nous serons déconfinés, Morin, je vais le sniffer, il va me rentrer par une narine et me ressortir par l’autre et il aura beau hurler « non, c’est pas mon truc, moi je suis plutôt branché diner aux chandelles et centrisme », je le ferai quand même.

Je vais vous dire un truc, je ne pensais pas avoir envie de sortir de chez moi : j’ai pour l’humanité une aversion totale, je pense que la plupart des conversations intéressantes ont déjà été menées, quand quelqu’un me dit « il va faire beau ce week-end », en général je lui pète une jambe en criant que je mérite des moments d’exception, globalement je souhaite une invasion mondiale de pangolins qui nous dévoreraient, ce que les pangolins ne feront jamais parce que ce sont des êtres plus civilisés que nous. 

Jamais un pangolin ne réduira un chinois en poudre au motif que selon la médicine traditionnelle des pangolins, ça leur permet de tenir une érection 72h, ce qui comble la pangoline mais est inesthétique, une bête roulée sur elle-même avec un sexe turgescent, ça ressemble à une boule de bowling super-heureuse d’avoir été choisie par Didier, le roi du strike sur le Havre.

Oui, j’ai envie de sortir, Nagui, et de vous rejoindre dans votre humble demeure, que vos voisins surnomment « le palais de Saddam Hussein en 90 mais en mieux ». J’en peux plus des écrans, de voir Bruel chanter en survête dans sa salle à manger, surtout qu’on ne sait toujours pas qui a le droit de faire ça à des enfants qui croient vraiment ce que disent les grands. Il n’a pas répondu à la question. 

Avant on avait des stars, sur des plateaux télé à 100 000 boules le numéro, bien peignées, glamour, mais là ça fait 15 jours qu’on se farcit des concerts de chanteurs dans leur chambre, ça va de Bono de U2 pas rasé chez lui à Renaud Capuçon qui fait du violon devant sa salle d’eau en bull à bouloche. On a l’impression qu’on se l’est tapé pendant la nuit et qu’on se réveille en se disant « voilà, maintenant je sais pourquoi hier soir je m’étais promis de pas les prendre, ces 14 kirs en trop ».

Visuellement, c’est atroce, Neil Young, le canadien crado, je l’adore, il a une belle voix, il ferait se dresser le seul poil d’un pré-pubère, bah lui aussi chante chez lui, dans son jardin, avec ses chiens, quand j’ai vu ça, j’ai jeté des pièces sur mon ordi en disant « mec, prends ça c’est pour rester, euh… pas propre, mais enfin, pour faire de ton mieux ».

Sur BFM, on voit les politiques sont chez eux, devant une étagère avec 3 bouquins histoire de faire croire qu’ils ont du niveau, hier j’ai vu Hervé Morin sur Skype, il se tenait à 3 cms de son écran, il doit être bigleu, je vous jure que je lui ai trouvé deux caries. Tout ça c’est trop, Hanouna fait de la télé chez lui, en jogging, il y a de quoi se flinguer. Ce confinement, pour la santé de tous, c’est vital, mais c’est aussi la mort du bon goût. La fin du star-system. Jean-Louis Aubert a le même napperon que ma tante. 

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