La bise, c’est interdit, car on se transmet des bactéries, à la place, vous pouvez me dire « je t’aime mon bébé » avec l’œil qui frise. D’autant que la bise, on s’en fiche, il y a plein d’autres moyens de se saluer, je les ai listés, ça va être une chronique tuto.

A cause du coronavirus, notre vie quotidienne change. Oui, la France, cette nation de gens tactiles qui puent et se font des bisous baveux, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le ministre de la santé Olivier Véran, l’a dit, il ne faut plus se faire la bise ni se serrer la main, en fait, il ne faut plus toucher l’autre, fini les chat-bite avec Nagui dans l’intimité de son bureau. Ou alors avec des gants, mais ça accroche. Exemple à Paris, Anne Hidalgo, qui est en campagne, c’est-à-dire qu’elle promet des vélos et des arbres, pas aux mêmes endroits sinon il y aura beaucoup de morts, a déclaré au Parisien qu’elle ne faisait plus la bise aux gens, elle dit « c’est à regret, j’adorerais les embrasser, les prendre dans mes bras », en fait, nous sommes plus ou moins ses doudous, des doudous qui parfois lui disent « non mais en fait je vais voter Cédric Villani, par empathie parce que sinon je sens qu’il va faire une bêtise, il a l’air moins jouasse qu’un supporter du Toulouse Football Club », mais des doudous. 

Or une campagne électorale sans bisous, ça change tout, pourquoi on va voter, alors, pour des programmes ? Arrêtez, on reste des animaux, si on aime tel ou tel politique, c’est juste parce qu’il a nous a léchouillé la pomme sur le marché, qu’on se dit « s’il est élu, il couchera peut-être avec moi », et à chaque fois on est déçu, Hidalgo, 6 ans de mandat, perso, pas un message. On se retrouve aussi seul qu’un mec qui aime parler bras de fer et tuning et serait invité à un diner délicat avec Louis Garrel et Vincent Dedienne. Plus de contact, l’autre potentiellement est un danger, là dans les boites échangistes, on doit s’ennuyer sec, les gens sont obligés de discuter, devant le céleri rémoulade du buffet, qui visuellement en plus rappelle la fin de la soirée. 

Et hier, j’étais sur internet, puisque je ne sors plus, peur de choper le coronavirus, déjà une rhino, j’ai l’impression que je vais crever, je suis un homme, une écorchure à la main sur une ronce, pour nous, niveau douleur, c’est l’équivalent de 3 accouchements sans péridurale. Et je tombe sur le site de France Inter, cette entité toute rouge qui rappelle le visage de Gérard Larcher. Là je me dis « hors de question que je touche mon Mac, il y a plein de bactéries sur le clavier, je vais faire défiler l’article juste par le pouvoir de la pensée », comme Messmer, qui, quand il veut se faire un jus d’orange, incite les oranges à se précipiter d’elles-mêmes sur le presse-agrumes, il arrive à faire aboyer Shy’m à la télé, bon bah une orange, ce n’est pas plus con. 

J’ai passé 6h devant l’écran à penser « vas-y écran, fais défiler l’article », rien. Je me suis dit « c’est le vouvoiement, il n’a pas aimé », donc j’ai pensé « allez-y, écran, faites défiler l’article ». Rien. Bref, j’ai repris mes doigts, comme on dit à l’institut des lépreux de New Dehli, et j’ai lu l’article, intitulé « coronavirus, 10 façons de se dire bonjour sans faire la bise ni serrer la main », 1ère façon, le check. Ca consiste à fermer son poing, comme Jean-Luc Mélenchon dans les manifs, et à taper avec le poing de l’autre, les jeunes font ça, parce qu’ils sont plein d’acné et de sébum, donc s’ils se font la bise, ils restent collés. 

Ensuite il reste à leur attacher sur le dos une tente Quechua et on a des escargots. Mais le check mauvaise idée, on se transmet quand même des saloperies, car elles se baladent sur la main, la bactérie aime bouger, c’est son point commun avec Sophie Jovillard des Echappées Belles de France 5. 2ème manière, le footshake, on se donne de petits coups de pied, ridicule, ça ressemble à une partie de foot où tout le monde serait nul. 3, on peut faire un wai, ça consiste à joindre les mains et s’incliner devant l’autre, comme le vieux dans Karaté Kid, inconvénient, on a vite tendance à se croire en Thaïlande et à se déshabiller en criant « à poil tout le monde, j’ai pas payé 3000 euros pension complète pour boire du jus d’ananas », des trucs d’occidentaux.

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