Tanguy Pastureau est vraiment, complètement et définitivement pour la relocalisation, et il nous explique pourquoi.

Oui, parce qu’il y en a marre des cochonneries fabriquées dans des pays pauvres alors que nous aussi on a des enfants qui s’ennuient, la plupart n’ont pas repris l’école, foutez-les dans les usines, ces inutiles ! Si demain, nos smartphones sont assemblés par le petit Théo, huit ans et demi, dans une usine de Dijon, on sera autonomes, et le gosse ne sera pas là à regarder la Maison Lumni avec Alex Goude, si bien que ça coulera enfin l’industrie du calembour, qui a fait tant de mal à l’humour français. Et puis, mangeons local, parce que la bouffe d’ailleurs est écœurante : les sushis au thon, c’est bourré de mercure, un repas et vous en avez plus dans le corps que le lapin Duracell quand on vient de lui coller de nouvelles piles. 

Les burgers, c’est saturé de graisses, vous en avez plein les mains, une fois je suis allé au McDo de la porte de Vanves, à cause des doigts qui glissent, j’ai jamais pu rouvrir la porte pour sortir, j’y ai habité de 2003 à 2007. Les employés m’appelaient "la petite frite", parce qu’un matin, ils m’ont surpris alors que je dormais nu. Les pizzas, c’est bon, mais c’est servi dans des pizzerias, les restaurants qui ont la déco la plus infâme de la galaxie, colonne romaine, vigne en plastique, mur peint avec un mec sur une gondole, trois minutes là-dedans, vous commandez une pizza au Xanax. Parfois même, en fond sonore, il y a du Toto Cotugno, et, j’ai vérifié, il n’y a pas eu une seule tuerie de masse dans une pizzeria, c’est un miracle.

Bref, Nagui, rien ne vaut la France, cocorico, la bise à Jeanne d’Arc, et encore, la France c’est vague, en fait, rien ne vaut… Besançon. Besançon, c’est la préfecture du Doubs, le département qu’on a envie de caresser, les habitants de Besançon s’appellent "habitants de Besançon", ça c’est parce que j’ai eu la flemme de chercher. Le saviez-vous, Victor Hugo est né à Besançon, si j’avais été sur une autre radio, je serais allé directement au gag, mais l’auditeur d’Inter aime sortir de la chronique avec une info, je le sais.

Besançon, c’est formidable, Nagui, fais ton baluchon mon gros loup, je t’emmène. France Bleu, la radio du local et des terroirs, quand Jean-Pierre Pernaut tombe dessus sur la route, il se touche, si bien qu’il finit dans le fossé, il en est à son vingtième Toyota Rav4, France Bleu hier nous apprenait qu’en gare de Besançon vient d’arriver un distributeur de fromage. Le principe est simple, c’est comme un distributeur avec des Bounty, des Mars, du Coca, ces trucs qui nous font crever à petit feu, comme l’écoute prolongée de Fun Radio, sauf qu’à la place, il y a des… fromages. Une bonne idée de coller ça à la gare, parce que vous en mangez, si le train est bondé, vous expirez un grand coup, en même temps, vous dites « zut alors, l’appli Stopcovid me dit que dans le ¼ d’heure, j’ai été en contact avec 14000 malades, c’est beaucoup, quand même », et zou ! dans la voiture 12, il y a moins de monde qu’à une gay pride organisée dans la datcha de Vladimir Poutine.

Ce distributeur, Nagui, fait la gloire de la Franche-Comté, dans le cul le tex-mex, va te faire voir, la paella, on peut y acheter du morbier, du comté, de la tome du Jura, et même, à terme, de la saucisse de Morteau. Ah, le plaisir d’une bonne saucisse en gare de Besançon, à 8h du mat’, dont on se sert pour touiller son café. Ça, c’est la France qu’on aime, tout le monde va kiffer, à part vous, Nagui, qui ne mangez pas de produits issus de l’exploitation animale, ni de Bounty, ni de café, si vous allez à Besançon, vous vous nourrirez de vieux mégots de clopes, en disant « ça me rappelle l’odeur du corps de Daniel Morin ». Le distributeur de la Franche-Comté pride est situé dans le souterrain de la gare SNCF de Besançon, au bas des escaliers de la rue de Vesoul. L’histoire retiendra que c’est à cet endroit précis que s’est joué le retour triomphant de notre belle nation !   

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