Il arrive à Tanguy de lire le magazine les Inrockuptibles, il s'explique...

Oui, mais je ne le dis pas, pour conserver cette image de comique centriste qui fait frissonner de désir les CSP , le public idéal pour une carrière réussie. A la maison, je cache les Inrocks sous un tas de journaux, dont l’Express, qui est à la gauche de la droite, l’Obs, qui est à la droite de la gauche, et le magazine Lui, qui est au centre, enfin en tous cas si le modèle de la page 20 a le corps bien symétrique. Oui, j’aime les Inrocks, parce que grâce à eux, si je croise Sébastien Tellier dans la rue, je ne lui donne pas 5 euros en lui disant « courage, tu vas retrouver un job, Bruno Le Maire travaille à relancer le pays », non, je sais que ce n’est pas un SDF mais un génie de la musique. Ce qui d’ailleurs n’est pas antinomique, regardez Ophélie Winter.

Et cette semaine, sur Twitter, ce réseau social sur lequel on traite les autres de fils de chien et après ça va mieux, les Inrocks ont mis un lien vers un article sur la forniphilie. Figurez-vous que c’est une tendance sexuelle, proche de la Fioriphilie, qui consiste à ne faire l’amour qu’à des gens en train de chanter du Patrick Fiori, déviance bien connue des auditeurs de Chantefrance, sauf que là, on est plus proche des magasins Fly. Parce qu’être forniphile, ça signifie transformer l’autre en meuble pour son plaisir sexuel, ça consiste à dire à Teddy Riner « bébé, tu es une commode », ou à Pierre Niney « chéri, tu es… une petite table de chevet », et là l’autre se plie en quatre, les pieds derrière la nuque, comme Johnny Clegg autrefois, ce qui est pratique parce qu’après son décès, on a pu le mettre dans une urne sans l’incinérer. 

Ensuite, vous posez sur Pierre Niney une lampe, ou un napperon, et roule poupoule, ça vous excite, si vous êtes forniphile, parce que sinon, vous voyez juste le côté pratique. Exemple moi qui ne suis pas forniphile, je le sais parce que chez Ikéa je m’ennuie, même si vous vous déguisez en table à induction, Nagui, je vous laisserai tranquille, alors que si vous faites le coup à Cyril Lignac, il bavera telle une vieille omelette, une de ces nuits moites où au Mont St-Michel erre le fantôme de la mère Poulard. 

La forniphilie, je me suis renseigné, a été inventée dans les années 80, à l’époque on transformait son partenaire en canapé cuir, c’est le versant SM de la forniphilie. Et c’est la compression de 3 mots, furniture, meuble en anglais, fornication, et philie qui désigne l’attirance vers quelque chose, la femme de Phil Collins, par exemple, est philphile, mais tout le monde pense qu’elle est bègue. Dans la forniphilie, il y a un dominant, en général, c’est la personne avec un tournevis qui dit à l’autre « je vais te démonter », qui peut faire ce qu’elle veut de l’autre. S’il lui dit « tu es une table », il met une nappe sur le dominé, invite des amis, et là voilà, la belle soirée raclette. On peut aussi transformer l’autre en chaise, ou en pouf s’il n’a pas fait de muscu, bref, c’est génial parce qu’on n’a plus à acheter de meubles. Si la moitié du monde devient forniphile et que l’autre moitié pose la télé dessus, Conforama, ils sont foutus.

Alors bien sûr, les Inrocks sont allés chercher un anthropologue pour qu’on comprenne que la forniphilie, ce n’est pas juste 3 satyres de chez Monsieur Meuble qui ont envie de faire des heures sup à la maison parce qu’en magasin il y a un guéridon un peu salace qui les a chauffés. Et cet anthropologue explique que la forniphilie, c’est la tentation du non-être, pour ne pas exister, il y a soit être un fauteuil soit être Nicolas Dupont-Aignan. Qui d’ailleurs ferait un chouette fauteuil, on doit être bien assis dessus, en regardant Public Sénat… mais enfin, que m’arrive-t-il ? Ah mon dieu, je deviens forniphile, l’effet du confinement, sans doute. Faites-moi revenir en studio à France Inter, Nagui, il y a que de la moquette sale, je n’aurai pas de tentations… Sauvez-moi !

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