On est bien sur France Inter, n'est-ce pas ?

Oui, parce que cette radio est d’une élégance folle, on apprend des choses, moi je l’écoute depuis le début du confinement, je me suis renseigné, j’aurai une équivalence Bac 5 à la sortie. Sur RMC, il y a des concours de rôts, sur Europe 1 Canteloup fait Ségolène Royal, on le sait parce que juste avant, Julie dit « vous allez faire Ségolène Royal », sinon vous vous dites « là, il fait Gérard Darmon » mais sur Inter, c’est feutré, aussi doux que les poils du dos de Benoit Hamon, qu’on lui caresserait en lui murmurant « j’y crois à ton revenu universel, ma grosse loute des Côtes d’Armor ». 

Et hier, oh délectation, oh jouissance de l’intellect, oh neurone qui twerke, j’ai écouté le 7/9, dans lequel Augustin Trapenard a une pastille. Trapenard, c’est cet homme beau, intelligent et intéressant, en fait, on dirait moi. Il lit des lettres de gens illustres qui racontent leur confinement, et hier c’était Michel Houellebecq, seul homme à être défini par les ruraux comme un bon coin à champignons, qui avait écrit la sienne. C’est Augustin en personne qui lit les lettres, j’ai mis du temps à comprendre ça, pendant 2 semaines je me suis dit « c’est bizarre dans le monde du spectacle, ils ont tous la voix de Trapenard, sauf Polnareff qui a celle de Pascal Obispo ». Et la lettre de Houellebecq était désespérante mais forcément juste, car la vie n’est qu’un long désespoir au cours duquel on fait 200 fois l’amour, 16000 fois si on écoute le soir en couple au moment de se coucher des chansons d’Elodie Frégé, puis on décède un soir devant sa blanquette de veau, en ayant juste le temps de prononcer un dernier « elle est pour toi, celle-là, Gérard Larcher ». Et Houellebecq dit qu’après la pandémie, le monde ne sera pas mieux, mais pire qu’avant, ce qui est vrai, parce qu’étant confinés, des tas de gens se sont mis à jouer d’un instrument et qu’à la Fête de la Musique il va y avoir 2 fois plus de groupes. Ce soir-là, le peu de masques que j’ai, je vais me les foutre dans les oreilles. Dès le 11, la course à la production va reprendre, la pollution avec, on va jeter Greta Thunberg dans une fosse à pangolins affamés en leur disant « vengez-vous les mecs », des enfants à l’étranger fabriqueront des jouets pour les nôtres, atroce, sauf pour les marques de jouets.

Et en parallèle, hier je lisais le Parisien, la version numérique, qui diffère de la version papier par le fait qu’on ne peut pas démarrer un barbecue avec, parce que ça fait un iPad par soir, et je suis tombé sur un article à propos d’Aymeric Lompret. C’est l’un des 900 humoristes France Inter, il est barbu, comme Edouard Philippe, drôle, comme une autre personne qu’Edouard Philippe, et il est dans « Par Jupiter », l’émission de gauche d’Inter. En opposition à la nôtre, l’émission de droite d’Inter, il faut savoir qu’après chaque chronique Rachida Dati m’envoie en Colissimo un pull Burton à porter sur mes épaules cet été, quant à Daniel Morin, il couche avec Christian Jacob. Et Aymeric Lompret, interrogé sur le monde d’après, dont tout le monde parle, sauf Sophie Davant qui préfère parler d’elle-même, explique qu’il aime le collectif, l’esprit de bande, la convivialité. Autant de valeurs dangereuses puisqu’elles nous ont donné la CGT et le ska festif. Donc forcément, son monde d’après est différent de celui de Houellebecq, c’est comme de faire se rencontrer Hubert-Félix Thiéfaine en plein spleen baudelairien et Kamel Ouali qui monter une choré pour un concert de Shy’m en balançant du boule.

France Inter, c’est donc le yin et le yang, la lueur des cimes et l’antre de Belzébuth, le Xanax et la Juvamine. C’est une radio sans ligne éditoriale, avec un discours diffus, dont je propose la fermeture immédiate. Canteloup qui fait Garou, ou Mylène Farmer, on ne sait pas, c’est quand même autre chose. 

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