Tanguy, vous n'aimez pas trop la foule.

Non, j'en ai peur, c'est pour ça que je fais de la scène, pour être tranquille tout seul en haut, pendant qu'une masse de gens me regarde d'en bas en se disant "c'est super, c'est comme Britney à Bercy mais sans le chant, les chorés, les danseurs, le décor et les milliers de fans". 

La foule nous influence, parce que dans un groupe, on est souvent quelqu'un de bien, mais dès qu'on est plus de 10, on pète un câble, ce qui explique pourquoi Benoît Hamon est si calme. Seule la foule peut vous pousser à crier "une autre, une autre", à la fin d'un concert de Patrick Bruel. Jamais je n'ai vu un type seul découper un bout de pilone à la disqueuse avant de défoncer avec la vitrine du salon Jean-Louis David, sous l'œil effaré des clients qui tranquillement étaient en train de dire "comme coupe, faites-moi tout sauf celle de Polnareff". 

Non, c'est la foule, la meute, qui fait qu'on se sent surpuissant et qu'on fout le feu à une Porsche en plein Paris, suite à quoi Neymar arrive et dit "j'm'en fous, j'l'avais déjà utilisée une fois", avant de partir en hélicoptère. Regardez Macron, avant-hier, il va au Puy-en-Velay, l'antre de la bête poivre et sel sapée comme un matelot bourré, Laurent Wauquiez. 

Il visite la préfecture, qui a crâmé, rejoint sa voiture, et là un groupe de manifestants le prend à partie, lui veut ouvrir la fenêtre, parce qu'il pense qu'il lui reste des fans, alors qu'il est moins populaire qu'une ortie dans un bosquet occupé par des exhibitionnistes. 

Et là, c'est la presse qui relate ça, les gens se mettent à taper sur la voiture, au cri de, je cite, "on va l'attraper, ce fils de pute". Même Louis 16 avant de le découper on lui parlait mieux. Pire, une enfant d'environ 8 ans se met à crier "Macron, enculé", c'est-à-dire qu'il en est à devoir reconquérir les parents, mais aussi les gosses, ça sent le moratoire sur le prix du ticket d'entrée à Disneyland Paris, même le chat de la famille doit être contre lui, s'il s'approche avec du Whiskas, la bête lui saute au visage et lui bouffe le nez à la place, même si c'est moins bon, un nez c'est plein de morve, alors que le Whiskas c'est plein de lapin. 

Après, moi j'ai un gamin de 8 ans qui prononce le mot "enculé" en parlant de qui que ce soit, je lui dis "sais quoi, le débat sur la fessée, finalement je suis pour", et je joue au jembés sur ses jambons, tellement en rythme qu'on croira qu'il s'agit du pont musical dans un live du groupe Tryo.

Macron est donc détesté par la foule, qui est à la limite de le tuer, parce que Benalla n'est plus dans la bagnole pour faire "bouh" et disperser les gens, or individuellement, seuls 3-4 malades rêvent de trucider Macron. Certes, il est hautain, mais tous l'ont été, Hollande, le Che Guevara léthargique de la lose, qui là râle contre les taxes qu'il a lui-même créé, parlait des sans-dents. Sarkozy, le 1er gusse qui le clashait, il le traitait de pauvre con, en disant aux gens "viens te battre, viens", alors qu'il pèse 9 kilos, même un fœtus l'aurait pris au bras de fer. 

Mitterrand, il se prenait pour le roi Soleil parce qu'il avait lu Balzac, il regardait les gens tellement de haut qu'on avait l'impression que c'était une mouette dans le ciel. OK, Chirac était sympa, mais c'est pas pareil, il était ivre, H24 déchiré à la bière, or les personnes qui boivent sont gentilles, à chaque fois qu'on a eu un invité belge ici, ça s'est très bien passé.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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