L'artiste contemporain Jeff Koons se fait encore remarquer. Cette fois-ci, il fait un cadeau payant à la ville de Paris pour la mémoire des victimes des attentats du 13 novembre. Et ça agace beaucoup de monde.

Jeff Koons a fait un cadeau à la ville de Paris. Oui, Jeff Koons, c'est un artiste contemporain, qui fait des chiens en ballons géants et les vend 50 millions de dollars, parce qu'il est branché depuis 30 ans, au contraire de Gérard Collomb qui l'est depuis jamais. Il peut donc tout se permettre : prendre une clé de 12, la poser sur un pupitre à la FIAC, et tous les couillons avec un carnet de chèque long comme la nuque de Candeloro s'extasient en disant "Mais quelle vision". 

Ils prennent alors à partie la ministre de la culture, Françoise Nyssen, qui capte que dalle à l'art contemporain, et elle sent obligée de dire : "Ah mais ce génie", alors qu'elle regarde un renard empaillé lécher un Mikojet avec sur le flanc le logo de McDonald's tatoué, ce qui est une critique du capitalisme, de la chasse et des glaces, selon l'artiste, un mec prostré dans un coin dont l'œil ne s'illumine que quand il voit Bernard Arnault lui acheter 25 millions un peigne repeint en jaune. 

Si on avait mis Mathieu Gallet dans une vitrine et qu'on l'avait exposé au Palais de Tokyo en disant que c'était du Koons, Nyssen nous le laissait à vie le président de Radio France. Il sortait de la Maison Ronde les pieds devants, en 2062, toujours aussi beau mais une beauté froide. Bref, tout ça, c'est de la connerie, mais on peut pas le dire, sous prétexte de passer pour un réac, un ringard. Moi je peux parce je suis réac, je sais qu'hier était mieux qu'aujourd'hui, dans la mesure où en 78 je pouvais passer la journée la main dans le slip à bouffer des gaufrettes, j'avais 4 ans, alors que si je fais ça maintenant, Daniel Morin va me dire : "Tu trouves vraiment ça drôle de m'imiter ?".

Donc Jeff Koons peut tout se permettre, comme tous les gens qui ont du brouzouf : Kev Adams, Kourtney Kardashian, Passe-partout, en septembre, quand France 2 l'a payé pour Fort Boyard, et le coiffeur de Brigitte Macron lorsqu'elle vient de se faire gonfler chacun de ses 4 millions de bulbes au bec bunsen. Koons a donc offert à la ville de Paris une œuvre en hommage aux attentats du 13 novembre. Donc un artiste aussi côté qui fait un don, on se dit : "Punaise, l'humanité n'est pas si pourrie que ça, finalement", et on annule le projet qu'on avait de partir vivre avec les cerfs du Center Parcs en Sologne. 

L'œuvre en plus est fabuleuse, c'est une main tenant des tulipes de 12 mètres de haut, l'art, ça a a évolué, du temps des grecs, on faisait des petits sexes, maintenant on fait des grandes mains. Donc là Anne Hidalgo, maire de Paris, se dit : "C'est génial, ma ville n'est que rats crevés et Vélib rouillés qui marchent pas, ça va mettre de la couleur", c'est comme d'enfiler un T-shirt avec un gros smiley jaune à Louis Garrel.

Mais le souci, c'est que Koons n'a pas offert l'œuvre, en réalité. Non, mais juste le dessin de l'œuvre, c'est comme si au Mondial de l'Auto vous disiez à votre compagne "Ma petite biche, je t'offre un 4x4", en lui mettant dans les mains le catalogue Dacia à la page des Dacia Duster. 

Il reste à payer l'œuvre, dont le coût de fabrication est de 3,5 millions d'euros, donc là Hidalgo s'est dit : "Finalement, je vais finir la boite de chocolats de Noël, découper le dessus, "Le déjeuner sur l'herbe" de Manet, une peinture sexiste où seule la dame est à poil, hashtag balance ton peintre, le mettre sous cadre, et l'exposer, ça sera moins cher". Ou alors, pense-t-elle : "On va faire appel à des mécènes qui eux vont régler les 3 millions 5, pas bête la guêpe, seulement ils bénéficieront d'abattements fiscaux, c'est la règle, donc au final, c'est le parisien de base qui va payer, fini les brunchs à 57 euros le dimanche, on va ruiner le bobo." 

Autre souci, Jeff Koons, qui nous a filé un cadeau payant, lui pour la St-Valentin il règle avec la carte bleue de sa femme, veut mettre ses tulipes devant le Musée d'Art Moderne de Paris, dans le 16e, or le truc fait 33 tonnes, autant qu'un sketch des Chevaliers du Fiel, donc il faudrait consolider le sol parce qu'en dessous il y a une salle d'expo du Musée. Et personne n'a envie de se prendre des tulipes dans la tronche, car ça signifierait avoir la vie de Dave quand sur scène après Vanina il a pas vu arriver le bouquet lancé par Josiane, une de ses plus jeunes fans puisque née en 29.

En plus, l'œuvre est censée être un hommage aux victimes du Bataclan, donc elle devrait être dans le 11e, mais Koons, il ne connait pas, pour lui, la vie parisienne c'est Neuilly ouest-16e + 3 maisons dans le 17e limite 16e, et c'est tout. Si par erreur un Uber l'emmène place de Clichy, il se roule en boule les yeux fermés et attend la mort.

Enfin, les spécialistes de l'art disent que ses tulipes n'ont rien d'original, et qu'il en a fait 4 ou 5 pareils avant, cet escroc, donc en fait, il avait un bouquet de tulipes à 3 millions 5, s'est dit : "A quelle ville de gugusses je refile le truc ?", a vu le plug anal de la Place Vendôme en 2014, la sculpture géante d'un monsieur pénétrant son teckel devant Beaubourg en 2017, et là, révélation, il a hurlé : "Yes, enfin une ville qui a rien compris à l'art, allez, le bouquet c'est pour Paris", et c'était plié. 

Les attentats, il s'en tape, le lieu de l'œuvre n'a rien à voir, le thème non plus, rien, c'est comme d'offrir une carte cadeau Body Minute pour un soin épilation + peeling à Sébastien Chabal. Jeff Koons nous prend donc pour des cons, soit ce qu'il fait depuis le début de sa carrière. Je peux dire ça, je suis réac, alors je m'en fous. Je mangerais bien un Pépito. En slip.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.