Tanguy arrive a saturation de cette sur-connexion et nous parle d'un hôtel suédois qui récompense ceux qui arrivent à se passer d'internet

Tanguy, j'ai envie de vrai, d'authentique, de retour à l'essentiel.

Je comprends, Nagui, moi aussi, j'aimerais être avec vous dans un pré en train de faire cuire sur un feu de bois des saucisses Herta. 

L'homme moderne, coupé de ses racines, a soif de naturel, de poils, d'odeurs corporelles, vous lui montrez une photo de Daniel Morin dans le Périgord en train de caresser un castor, il devient moite, si en plus Daniel est en short, il entre en érection, et si le castor lui aussi est en short, il jouit. 

On ne rêve au fond que de choses simples : un pain de campagne, un litron de gnôle, la vie de Jean Lassalle, avec cette flamboyance que constitue le fait de mourir d'une MST à l'âge de 26 ans. Mais on s'est collé tout un tas de besoins factices, comme par exemple, internet, ce truc qui a permis l'avènement de Macron, puis d'Eric Drouet, puis de Bilal Hassani mais surtout de Grumpy Cat, un chat qui fait la gueule, la bête ressemble à Isabelle Huppert si elle avait pris des hormones le même mois où elle aurait perdu sa pince à épiler. 

Avant internet, on était heureux, pour réserver un vol Paris-Madrid, on allait à l'agence Air France, on se faisait envoyer paître par un guichetier acariâtre, pour acheter du sel, on allait au Monop, on se faisait envoyer bouler par une caissière qui nous jetait la monnaie à la gueule, on se sentait en France, moi j'ai des amis vivant à l'étranger qui m'appelaient en me disant "j'ai le mal du pays, insulte moi", je leur répondais "pourri, ordure, fan de Larusso", c'était il y a 20 ans. 

Mais maintenant il y a l'appli Kayak pour les billets d'avion, l'appli Hourra pour les courses, l'appli Tinder pour faire l'amour, avant il fallait aller dans un bar, payer des verres à la personne, un verre si on était désirable, 34 si on était moche, faire croire à l'autre qu'on était majeur, et à 4h du matin être trop crevé et dire "bon ben ciao". Aujourd'hui, avec Amazon Prime, à Paris, vous commandez en ligne une laitue, on vous la livre dans les 30 minutes, c'est-à-dire que la laitue arrive plus vite que le Samu si mamie Renée est en train de crever dans le salon, mais qui a besoin qu'une laitue arrive en 30 minutes, à part Aymeric Caron ? 

Dimanche, j'étais dans le TGV de retour de Toulouse, grande ville de musique, puisqu'elle nous a donné Jean-Pierre Mader et les groupes Gold, Images et Pacifique, Toulouse c'est le Memphis français, bah dans le TGV on peut commander son café sur une appli et aller le chercher au bar, il est prêt, ce qui ne sert à rien, on gagne 25 secondes, on ne fait rien en 25 secondes, sauf Lorant Deutsch qui a le temps de dire 12 phrases. 

Bref, internet, ça n'est que du temps perdu, mais c'est dur de se déconnecter, parce qu'on a l'impression d'exister, juste quand 4 pleu-pleus ont liké la photo de notre chien. C'est pourquoi en Suède, un hôtel nous aide à faire ça, un hôtel suédois, c'est comme un hôtel chez nous, sauf qu'au lieu d'entendre dans la chambre voisine "oui, oui, vas-y mon gros loup", on entend "ja, ja, mmhhh, je t'aime, mon élan". Cet hôtel, le Bellora, à Göteborg, propose une nuit gratuite à toute personne qui arrive à se passer d'internet. 

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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