Le lundi, Tanguy Pastureau est ronchon, tout l’insupporte et c’est le premier truc qu'il lit dans la presse qui prend. Donc ce midi, il s'attaque aux paquebots de croisière.

Souvent, le lundi, je suis ronchon, je n’aime rien ni personne, tout me gonfle, je suis dans l’état psychique d’un joueur de tennis français à la fin de la première matinée à Roland-Garros, quand il réalise que lui et ses 40 concitoyens ont été éliminés par les joueurs classés 16000èmes au classement mondial. Et par un manchot qui tenait sa raquette entre ses dents s’étant inscrit pour déconner. 

Le lundi, tout m’insupporte, et c’est le premier truc que je lis dans la presse qui prend. Donc ce midi, ça va être les paquebots de croisière, je hais les paquebots de croisière, parce que c’est comme la soirée du premier de l’an ou la perte de sa virginité, on se sent obligés d’être heureux. Alors qu’une croisière, c’est déprimant, on est collés à 1500 sur un bateau qui pue, la soirée dansante, un petit roulis et votre valse vous la foirez, à 89 ans vous vous retrouvez sur la tête et il y a vos petits-enfants qui crient « yes papi part en break-dance ». 

Une croisière sur deux il y a un chanteur qui beugle son unique succès de l’été 72, tellement oublié que quand il doit signer des autographes même lui ne sait plus quel nom écrire. Et au self, vous retrouvez des gens que dans la vie normale vous n’auriez pas pu blairer plus de 30 secondes, votre seul point commun ce sont les carottes râpées du buffet, donc à chaque repas, vous parlez de carottes, même les lapins dans les Disney ont des discussions plus intéressantes. A la fin de la croisière, vous valez moins que Panpan, et vous hurlez au capitaine « fais un détour par la Libye, mon pote, pitié, j’ai envie de crever », avant de contempler, au large, le défilé des containers tombés des bateaux qui flottent au-dessus d’une nappe de pétrole, avec au milieu le petit-fils de Flipper le dauphin, mort. Je vous avais prévenu, le lundi, je suis ronchon.

Mais j’ai raison de l’être, hier j’ai lu sur le site de Ouest-France un article à propos du nouveau paquebot du croisiériste MSC, le World Europa, déjà Europa, on sait que c’est pas là que Florian Philippot va aller se faire bronzer les fesses. Le World Europa c’est ce qu’on appelle un géant des mers, 333 mètres de long, 47 de large, tellement puissant qu’il peut couper la Corse en 2 s’il a la flemme de la contourner, si Patrick Fiori est sur un bout et I Muvrini sur l’autre, ça évitera qu’ils refassent un duo. Le World Europa, c’est 22 étages, ça ressemble à un plat réalisé par un cuisinier qui avait trop de feuilles de lasagne à écouler. Et il y a un toboggan aquatique, un tube en fait, quand on est dedans on a la vie d’un bout de bœuf dans le colon de Depardieu, qui descend sur 11 étages, plus long toboggan en mer existant, dit MSC. Bref, c’est autre chose que la flotte vue par Jean Le Cam, lui n’a rien, juste un bateau, son seul amusement, c’est de se regarder dans le miroir quand il a mis son ciré Guy Cotten jaune qui le fait ressembler à un poussin qui aurait la coupe de cheveux des Chevaliers du Fiel. 

Le World Europa sera lancé en décembre 22, pour son premier voyage, il mouillera à Dubaï, exactement comme Nabilla quand on vient de lui offrir un nouveau sac à 20000. Donc tout ça est un enfer, on se retrouve en pleine mer avec des milliers de pleu-pleus en short pour terminer à Influenceur-city, Dubaï, la ville de la crétinerie, un jour ils ont ouvert une librairie là-bas, elle a tenu 16 minutes puis a été mise en liquidation. Ils ont juste vendu un exemplaire de l’autobiographie d’Emmanuel Macron intitulée « mes plus belles roulades avec Carlito et McFly, 2017-2021, autopsie d’un rendez-vous raté avec la dignité ». C’est lundi, je suis ronchon.

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