Tanguy Pastureau évoque les vies passionnantes de l'équipe de la Bande Originale, mais aussi de tous ceux qui regardent le JT de Jean-Pierre Pernaut.

On a la chance, tous ici, de vivre des vies passionnantes. Vous notamment, Nagui, vous revenez de vacances, vous êtes tout bronzé, jamais un homme n’a autant ressemblé à un toast de la marque Krisprolls. 

Daniel Morin, n’en parlons pas, à ce niveau-là ce n’est même plus du bronzage, c’est le concours international du mélanome malin, avec autant de soleil, dans deux ans il sera aussi fripé que le sexe d’Iggy Pop mais étendu à l’ensemble du corps, si bien que des groupies excitées viendront lui lustrer la tête avec deux doigts. France Inter vient d’intégrer Morin dans ses quotas de minorités visibles, ici les blancs deviennent noirs, c’est l’intégration vue par Gérard Majax, ou Éric Antoine, pour les plus jeunes, ou Raphaël Gluksmann, c’est un magicien de gauche qui arrive à faire disparaître son électorat. 

Vous êtes beaux, y compris Leila qui est naturellement rayonnante, oui, je sais parler aux femmes, mais passons à autre chose. Car dans cette équipe de sosies de la Compagnie Créole qui n’ont pas à faire de blackface pour ressembler à Joëlle Ursull, il y en a qui ne kiffent pas autant que les autres. 

Albert Algoud, d’abord, qui en mai est aussi blanc qu’Amélie Nothomb si elle avait passé quatre ans dans une cave jamais ouverte, donc pas celle de Benoît Poelvoorde. Et moi, le raté qui traîne ses névroses dans un monde de winners, même à Punta Cana, je serais roulé en boule en train de sucer des Xanax, les gens de l’hôtel club des Deux Prostituées Mineures, pensant que je suis un ballon, se serviraient de moi pour leur partie de water-polo. Donc Algoud, moi-même, Agnès Hurstel, qui n’a pas l’air en forme non plus, mon hamster Kiki avait la même tête avant de crever, et les gens du public, qui par essence sont déprimants, puisque ce sont des anonymes, que font-ils après l’émission ? Bah ils rentrent chez eux et regardent le journal de Jean-Pierre Pernaut, celui des régions, le seul JT qui ne nous gonfle pas avec le conflit israélo-palestinien comme ces gros lourds du journal d’Arte, mais ose un papier de trois minutes quarante sur la saison des radis.

Et hier, alors qu’aveuglé par les projecteurs de la télé, Nagui, vous kiffiez votre ensemble vide, je dis ça parce que je ne crois pas aux races, moi je regardais Pernaut. 

C’est ainsi que j’appris, aussi stupéfait que Neymar quand à la fin d’un match il ne s’est pas blessé, que le prix de l’essence n’avait pas été aussi haut depuis 2013. Le prix du baril flambe, et même si on stockait l’essence dans autre chose que des barils, des gourdes en peau de chèvre, par exemple, il y en a de très belles en Haute-Savoie, ce serait pareil. 

Faire le plein est devenu un truc de riche, moi je suis allé hier à la station-service, j’ai croisé la fille Bettencourt, elle discutait avec Bernard Arnault et Nasser Al-Khelaïfi, le boss du PSG, je n’ai saisi que quelques noms de pays, Suisse, Luxembourg, îles Caïman, je crois qu’ils étaient en train de parler de l’Eurovision. 

13h07, Pernaut lance un reportage sur le prix de l’essence, à la campagne, là où on n’a pas d’autre choix que d’utiliser sa bagnole, autant les parisiens qui le font, on peut le dire, sont des merdes, autant la banlieue de Mont-de-Marsan sans voiture, c’est aussi hostile comme vie que celle du community manager du journal L'Équipe après leur Une où deux gonzes se roulent une pelle digne de Silence ça pousse

Et là, un retraité explique qu’il prend sa voiture chaque jour pour aller acheter sa baguette, huit kilomètres, la campagne française c’est devenu le seul désert sans chameau, et il dit « J’ai calculé, ça fait 2 800 kilomètres par an ». Je me suis permis de refaire le calcul, en réalité ça fait 2920, c’est-à-dire qu’il y a 15 jours par an où il n’achète pas de pain, il ne dit pas ce qu’il fait à la place, du bondage, peut-être, ou du macramé, c’est comme le bondage mais avec des pots de fleurs.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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