Tout est calme au Creusot. Trop calme, ça ne pouvait pas durer. C’est ainsi que dimanche, se réunit au Creusot le Parti Socialiste. La journée sera divisée en 4 conférences, ça va être moins fun que des vacances au Bangladesh quand on aime le temps sec.

Ça y est, depuis lundi, on peut à nouveau se déplacer partout en France, on le faisait avant, mais depuis lundi on peut. Alors pourquoi ne pas aller au Creusot ? D’accord, cette phrase est rarement prononcée, aussi peu souvent que « je vois bien un second tour Xavier Bertrand - Julien Bayou » ou « j’ai surpris mon fils de 15 ans devant France 3 ». Le Creusot, c’est pourtant la 3ème ville de Saône-et-Loire, derrière Chalon-sur-Saône et Mâcon. Le temps s’y écoule lentement, au Creusot une journée dure 44h, là-bas du coup nous ne sommes que le 7 décembre 1986, en attendant d’y lancer sa carrière, Julie Pietri y mange des kebabs à emporter avant de profiter de la réouverture des terrasses, dans 64 ans. 

Le Creusot, le saviez-vous, fût l’un des berceaux de la révolution industrielle, métallurgie, sidérurgie, au 19ème siècle, tout au Creusot était en métal, les assiettes, les maisons, les slips, du coup, quand une fille se faisait frotter, ça faisait des étincelles. Il y a des pervers comme ça qui ont foutu le feu à la moitié de la ville. Le Creusot est aussi une ville d’humour, puisque Christophe Alévêque y est né, mais certainement aussi des humoristes. Ainsi que sœur Marie-Suzanne, une chercheuse qui a travaillé à la lutte contre la lèpre, c’est grâce à elle que la plupart des gens ont deux bras, on lui doit l’essor du ping-pong. Tout ça pour vous dire que le Creusot, c’est top, c’est paisible, j’ai regardé, le plus gros fait-divers qui s'est passé là-bas date du 28 avril, il y a eu un départ de feu dans un local à poubelle au cœur de ville, cœur de ville, c’est le nouveau nom qu’on donne au centre-ville, ce qui est terrible parce que si le centre c’est le cœur, ça veut dire que la banlieue, c’est le gros orteil. Le Creusot, c’est peinard, le Creusot, c’est bonnard, là je suis en train de faire plus pour Le Creusot que l’office du tourisme local en 30 ans d’activité.

Oui, tout est calme au Creusot. Trop calme, ça ne pouvait pas durer. C’est ainsi que dimanche, se réunit au Creusot le Parti Socialiste, ils sont quatre donc ils auraient pu faire ça dans le local à poubelles qui a pris feu, après coup de peinture, mais non, ils ont choisi un château, ah, elle est belle, la gauche française. Le Château de la Verrerie, un bâtiment austère et blanc, vous lui mettez des cheveux, physiquement ce château c’est Lionel Jospin. C’est France Bleu, le site dont les daltoniens regardent le logo en se disant « je vois pas le rapport », qui dévoile l’info, en fait les socialistes vont fêter les 40 ans de l’élection de François Mitterrand, c’était en mai 81, tout le monde s’échangeait des roses, à la Bourse de Paris, l’action Interflora avait pris 4000 points. 

Seul souci, le PS d’aujourd’hui, c’est pas celui de 81, niveau dimension, ça revient à comparer Laurent Ournac à ses débuts à Laurent Ournac maintenant. Le site de France Bleu écrit quand même en sous-titre « une liste impressionnante d’invités », tu parles, la plus grosse star annoncée, c’est François Hollande, même nous on l’a eu, Hollande vous lui demandez d’animer la bar-mitsvah de votre neveu, il vient. Tout le monde peut avoir Hollande, si je lui envoie un texto avec écrit « raboule, Fanfan », il passe l’aprèm avec moi. 

Sinon, les autres invités, c’est Anne Hidalgo, cheffe de la ZAD parisienne, pour lui rendre hommage, le Creusot prévoit d’installer 50 pistes cyclables provisoires avec des cônes jaunes défoncés et des blocs de béton, parce qu’à Paris c’est ça, les pistes de vélo on a l’impression que ce sont des blockhaus, si les nazis en 43 avaient été écolos, ils auraient fait les mêmes. Il y aura aussi Lionel Jospin, Pierre Joxe, donc on sait qu’à aucun moment ça ne va partir en chenille parce qu’ils ont l’air moins rigolos qu’une enclume, Jospin par exemple respecte les gestes barrières depuis sa naissance. Même au moment de franchir le col de l’utérus, il a dit à sa mère « mais enfin, éloignez-vous, madame, un peu de dignité ». Et le dernier gros invité, c’est le maire de Dijon, François Rebsamen, qui a dû être ministre ¼ d’heure à un moment, mais les seuls qui s’en souviennent, ce sont les hypermnésiques.

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