Aujourd'hui, Tanguy Pastureau revient sur l'inauguration des tulipes de Jeff Koons

Oui, alors d’abord, pour les 4 ringardos qui sont restés bloqués sur le tableau le Radeau de la Méduse, qui représente je crois l’arrivée des candidats sur l’île de Koh Lanta, qui est Jeff Koons ? Et bien c’est un artiste de 64 ans, qui travaille le plastique, cette matière dont sont composés les gobelets pour se rincer les dents ou la face de Nicole Kidman. Il fait des œuvres assez laides, qui font gerber les esthètes, de gros lapins plein de couleurs, ce qui fait que si vous avez un Jeff Koons installé devant chez vous, sans prendre d’acide, vous avez la même vie que Lewis Caroll le jour où il s’est dit « tiens, je vais écrire un conte à propos d’une fillette, Alice, qui tchatcherait avec une chenille géante en train de fumer de la weed ». Mais l’époque étant au clinquant, Jeff Koons écoule ses œuvres comme un vendeur de pin’s « un papa + une maman » dans une manif anti-PMA, ou « 2 papas + une maman » chez les traditionnalistes partouzards, ou « 2 papas + 3 mamans + un teckel appelé Fifi » chez les catholiques ayant une vision trop personnelle de la Bible, qui ont interprété à leur sauce le discours d’amour universel porté par Jésus. Bref, Jeff Koons prend une blinde à chaque vente, en 2018, 28 millions de dollars pour une sculpture représentant un chien, ces êtres gentils mais niais qui font pipi sur la moquette, un peu comme une grand-tante un peu âgée, mais avec une pilosité plus maîtrisée. Souvent, ce sont des mécènes qui se les procurent, comme François Pinault, dont la fortune est de 29 milliards, donc pour lui, un Koons à 30 millions, c’est l’équivalent pour nous de l’achat de 3 boites de petits pois + du PQ de la Marque Repère. Pinault aussi trouve ça nul, il dispose de la même vision que nous, quand il aperçoit un Koons les poissons qui vivent dans son corps, des œufs d’esturgeon avalé en 84 qui ont éclos et n’ont jamais trouvé la sortie, menacent de lui remonter jusqu’à la glotte, mais il voit ça comme un investissement. Un Koons à 30 millions aujourd’hui, demain en vaut 60, puis 200, et à terme, dans le salon vous avez 7 ballons en plastique innommables, le chat est mort en les voyant, votre femme vous a quitté pour un type ayant meilleur goût, donc pas la personne qui habille Nagui, mais vous êtes riche.

Bref, il y a 3 ans, Jeff Koons a refourgué à la ville de Paris une œuvre de 10 mètres de haut, un bouquet de 11 tulipes tenu par une main géante, de plus moche que ça il y a juste un bouton d’acné ou la feuille d’imposition de Philippe Risoli. Un cadeau a-t-il dit, relatif puisqu’il a facturé 3 millions, il ne sait plus compter qu’en millions, quand sur le Boin Coin il voit un clic-clac à 110 euros, il dit « je ne comprends pas ». Il a été marqué par les attentats du Bataclan, s’est dit « il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que le 11ème arrondissement qui souffre », et il a proposé à Anne Hidalgo de mettre ses tulipes près du Trocadéro, un lieu où des rats dévorent des migrants qui vendent des Tours Eiffel miniatures. Là, tout le monde a hurlé, Anne Hidalgo, pour se défendre, a déclaré « tout est grand à Paris, les émotions, les polémiques », elle a dit ça juchée sur des échasses, et les tulipes, vendredi, ont été inaugurées près du Petit Palais. Donc tout va bien, le truc a été financé par des mécènes privés, Koons a refilé de l’argent à la ville de Paris pour l’entretien, parce que les pigeons, ces bestioles absurdes qui ne connaissent rien à l’art, sont déjà en train de déféquer dessus, youpi tralala, c’est réglé, vive la vie...

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