Dans cette chronique, Tanguy Pastureau nous parle d'une journaliste en Bretagne, menacée de mort par l'industrie agroalimentaire...

Aujourd’hui je vais vous parler de la Bretagne, et vous allez me dire « encore ?, on n’en peut plus, salaud, dégage », mais ça va, est-ce qu’on critique Bixente Lizarazu quand il parle du coin dont il est originaire, la Moselle, je crois ? Non. On se définit tous par nos racines, Leïla c’est le Poitou, Morgane les Antilles, vous, Nagui, la Plaine Saint-Denis et Daniel Morin, on ne sait pas trop d’où il vient mais on sait que ce n’est pas du pressing. Et donc moi c’est la Bretagne, seule région où à Natures et Découvertes on ne vend pas de bâton de pluie parce que ce bruit-là on peut l’avoir gratos, ça s’appelle aller dehors. En citoyen, bien sûr. Donc je vous ai présenté 1000 fois les avantages qu’il y a à être breton, on a le corps toujours humide, quand j’y vivais j’avais des cèpes qui me poussaient dans le nombril, on bouffe des gâteaux plein de beurre, on s’en fout d’avoir les mains grasses après, si on voit un enfant qui tombe on n’essaie même pas de le rattraper, on lui dit « toutes façons j’aurais glissé », il pleure, donc on ajoute « arrête, sinon je réveille Jean-Yves Le Drian de son sommeil éternel et il va te manger ». Et en Bretagne, il y a une identité forte, une langue aussi, que malheureusement de moins en moins de gens parlent, au profit du français, malgré ce que Wejdene et Cyril Hanouna ont fait à cette langue martyre.

Mais il y a aussi des zones d’ombre en Bretagne, exemple, j’ai vu qu’une radio locale, Radio Kreiz Breizh, mardi midi, avait cessé d’émettre, il y a eu un grand blanc, comme quand dans Boomerang Augustin Trapenard demande à Kev Adams quel est son auteur préféré et pourquoi. Et si en fait cette radio a cessé d’émettre, c’est en soutien à l’une de leurs journalistes, Morgan Large, spécialiste des enquêtes sur l’agroalimentaire, ce qui est aussi risqué que d’enquêter sur le lobby du vin chaud à Strasbourg ou la façon dont Durex tient le Cap d’Agde. 

L’agroalimentaire en Bretagne, c’est un empire, une personne sur deux y est liée, au sauna érotique les Belettes Epilées à Loudéac, quand les gens se désapent, ils ont tous soit un tatouage d’andouille soit un porc sur le torse dont les tétons forment les yeux du porc. Donc Morgan Large enquête, exemple sur YouTube il y a un reportage où elle part à la rencontre d’un agriculteur attristé de voir qu’autour de son champ, partout ils font pousser des sapins de Noël, sur lesquels on pschit pschit des produits pour les booster, en 2 mois ils font 12 mètres, ça a fait la même chose l’année où Michel Blanc s’est mis à la muscu. 

Alors que le Père Noël, il a 2 milliards de gosses à livrer en une nuit, donc il n’a pas le temps de mater le sapin, vous collez le ficus de ta sœur au milieu du salon, il dépose quand même la Nintendo Switch. Bref, Morgan Large a aussi témoigné dans le documentaire "Bretagne terre sacrifiée", diffusé sur France 5, où on montrait à quel point cette industrie pollue tout, les substances pénètrent les sols, il y a des taupes à 12 bras qui sortent de terre, elles aboient. Et depuis la diffusion du doc, cette dame reçoit, dit-elle, des appels anonymes, parfois silencieux j’imagine, donc il faut voir si ce n’est pas Ruquier qui appelle pour la valise RTL un jour où il a une extinction de voix. La clôture du champ de ses chevaux a été ouverte, les bêtes ont tenté de rejoindre l’hippodrome de Longchamp, une envie de faire un peu de blé, mais pire, le 31 mars, la journaliste réalise que les boulons d’une roue arrière de sa voiture ont été retirés. Oui, en Bretagne, Anne Hidalgo n’est pas présente, donc il y a des voitures. C’est-à-dire que clairement, là on veut sa mort, une voiture lancée à 80 qui perd une roue, on a beau se dire qu’il en reste 3, on est mal, c’est comme les doigts, quand un pitbull vous emporte le pouce, après c’est très dur de montrer à vos copains que vous êtes en train d’apprécier le moment.

Donc mardi midi, Morgan Large et l’équipe de sa radio se sont réunis à Rostrenen, dans les Côtes d’Armor, pour manifester contre ces pressions, dans le respect des gestes barrière, certains participants criaient « non mais en fait, je suis normand, il est à nous le Mont Saint Michel », du coup, les autres s’éloignaient. Il y avait 800 personnes à la manif, un mardi midi, dans une zone pas hyper-dense niveau population, vous mettez tous les habitants des Côtes d’Armor ensemble, en Chine ils appellent ça la fête du hameau. Ça veut dire que le sujet touche les gens, et qu’un bon nombre ne se retrouve pas dans cette industrie agroalimentaire mortifère, tenez, sur 20 Minutes.fr, le site des gens qui ont un timing précis, il y avait lundi un article sur la Penzé, rivière du Nord-Finistère, qui a subi un déversement de lisier, tous les poissons ont été tués sur 3 kms, on se serait cru chez Leclerc à une promo du Captain Iglo. Le lisier, c’est le caca et le pipi des porcs, donc on se dit « c’est rien, ça ressemble à une soirée de fin de tournage chez Karine Le Marchand quand tout le monde a un peu bu », mais les pêcheurs sur place parlent de dizaines de milliers de litres de lisier qui ont été déversés, et les porcs sont pas non plus nourris à Bio C Bon donc ça fait des dégâts. 

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