Dans cette chronique, Tanguy Pastureau s'offusque contre la dictature des classements et de la compétition.

J’ai horreur de la compétition, qui a gagné tel truc, quel pays est le plus puissant, qui dans les vestiaires de sport en 2nde était le mieux gaulé, parce que je pensais à mes camarades de classe, à ce qu’ils pouvaient ressentir face à cette humiliation. 

Prenez le foot, à quoi sert le classement des clubs de Ligue 1, à part ridiculiser Dijon ? A rien, on devrait jouer sans compter les points, à chaque but marqué, Kylian M’Bappé réjouit les supporters d’une équipe et désespère ceux d’une autre, il est à l’origine de 50% de joie mais de 50% de tristesse dans le monde, c’est une demi-ordure. Alors qu’il préfèrerait être aimé de tous, à la rigueur, s’il jouait bien, on lui filerait un panier garni, avec du pâté, de toutes façons, avec ses primes de match, il finira par acheter du pâté, parce que c’est l’un des 2 plaisirs de la vie, avec le moment aux NRJ Music Awards où Nikos dit « voilà c’est fini pour cette année ». 

La compétition, le fait de devoir être le meilleur, ça nous détruit, puis on passe notre vie à évaluer les autres. Récemment, j’ai commandé des sushis, parce que j’avais envie de riz qui colle, de thon bourré de mercure et de saumon transgénique, j’en ai marre de n’avoir toujours que deux bras. Un type à vélo me livre, je lui dis bonjour, il me dit : « Voilà vos sushis », je lui dis  : « Dis-moi quelque chose que je ne sais pas, parce que sinon autant pas discuter », je ferme la porte. Et là, je n’ai même pas le temps de plonger mon bout de daurade élevé au soja intensif dans ma sauce 14 fois trop sucrée, que je reçois un SMS me disant : « Prenez quelques secondes pour noter votre livreur ». C’est-à-dire qu’on me propose de juger un type qui passe 12h à vélo sous la flotte et fait entrer 30 euros par jour, mais la vie l’a déjà jugé. Ou Dieu. Ou Ségolène Royal, enfin, une entité paranormale.

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