La Hongrie ne présentera pas de candidat à l’Eurovision cette année. Parce que les hongrois ont réalisé que dans ce concours il y a des gays, ils ont mis 40 ans à s’en rendre compte...

Tanguy, vous aimez l’Eurovision.

Oui, notamment parce qu’il a lieu au printemps, moment du renouveau, les arbres bourgeonnent, les gens bourgeonnent, les teckels sont excités, les gens sont excités, l’herbe est tondue, les gens… bon, là, ne sont pas tondus, à part au printemps 44, une mode affreuse, comme le sont toutes les modes impliquant des allemands. Tout ce qui a lieu au printemps, on aime ça juste parce que c’est au printemps, Roland-Garros, par exemple, ça n’a pas d’intérêt, si je veux voir des français se faire humilier, je regarde les prévisions de croissance présentées par Bruno Le Maire en conseil européen. 

La Fête de la Musique, en juin, c’est atroce, ces reprises d’Angèle à la flûte traversière, on aimerait pouvoir remonter 42000 ans en arrière et dire au 1er type qui a eu l’idée de souffler dans un os d’oiseau « mec, je viens du futur t’avertir qu’un jour il y aura Black M ». Mais j’aime ces évènements, car ils symbolisent les beaux jours, et l’Eurovision, c’est pareil, on s’en fiche qu’à chaque chanson on ait un bout d’oreille qui tombe, parce que si on n’aime pas, on peut sortir et profiter du beau temps. 

Et puis a-t-on vraiment besoin de ses oreilles, comme le disait Vincent Van Gogh avant de devenir sa propre lèpre ? Bref, l’Eurovision, j’aime, d’autant que c’est rigolo et léger dans une époque morose, il y a plus de paillettes là-dedans que dans une banque du sperme. Ça danse, ça bouge, et c’est inclusif, il y a des handicapés, des non-genrés, des personnes à surcharge pondérale, tout le monde est représenté, parfois il y a même un socialiste. C’est une sorte de grand-messe délirante où on arrive à être ébloui par un chanteur albanais, ce qui en général n’arrive que dans le métro. 

Mais certains pays, l’Eurovision, ils n’en veulent plus, la Hongrie notamment, ce pays qui nous a donné le goulasch et Franz Liszt. Non, les hongrois n’auront pas de candidat en 2020 à l’Eurovision, et pourtant ils avaient du lourd, un cul-de-jatte albinos qui chantait en yaourt, un groupe d’enfants non-voyants sans dents et une chanteuse ayant souffert de normalophobie, une discrimination qui concerne les personnes ayant un physique classique, chez nous Gérald Darmanin a été brisé par des propos normalophobes sur Twitter, on lui écrivait « tu n’es ni trop maigre, ni trop gros, on va te crever ». 

Seulement la Hongrie, en tous cas la télé publique là-bas, a un problème : les gays. Les gays, ce sont ces gens qui il y a 20 ans s’éclataient dans des grosses fiestas de ta race et qui maintenant élèvent des enfants en regardant France 4, ils ont donc tout perdu. Je vous explique : on a appris il y a 8 jours, mais à cause du come-back de Philippe Martinez, personne n’en a parlé, que la chaine hongroise retransmettant l’Eurovision ne le diffuserait pas cette année, donc ils annulent leur participation, parce que si c’est pour avoir un type qui s’exprime sans que personne ne le regarde, autant rester sur François Bayrou. 

Officiellement, il n’y a pas de raison qui explique cet abandon, mais une source interne à la chaîne a dit à la presse britannique que le concours était trop gay, ils viennent de réaliser ça, 30 ans qu’il y a des chansons intitulées « fais-moi l’amour à San Francisco, bébé, mes fesses sont à toi », et là ils se disent « tiens, cette chanteuse portant la barbe semble aussi loin de l’hétérosexualité qu’Adamo d’un live avec les Red Hot Chili Peppers ». Se rendre compte en 2020 qu’il y a plein de gays à l’Eurovision, ça c’est de la clairvoyance.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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