Tanguy, vous en avez marre...

Oui, je suis en colère, si je m'écoutais, je péterais tout dans le studio, mais comme j'ai pas envie que les travaux après soient retenus sur ma paye, ce mois-ci il y a déjà le prélèvement à la source, en voyant mon bulletin je vais avoir l'impression de bosser pour Radio Canelé, la radio associative de Bordeaux, bon ben je reste calme. 

Si je suis énervé, c'est à cause de Tanguy, pas moi, puisque je m'adore, c'est normal, je suis adorable, ce mélange de masculinité et de sensibilité qui fait dire aux gens "purée, en bretons, on connaissait Michel-Edouard Leclerc et Enora Malagré, bah celui-là est quand même au-dessus". 

Je veux parler du film Tanguy, ce navet infâme, sorti en novembre 2001, deux mois après le World Trade Center, ça a été une période épouvantable. Film qui a fait rire les français, 4,5 millions d'entrées, les gens sont des idiots, et après on parle de leur donner la parole avec le RIC, mais pitié surtout pas, faites juste parler Benjamin Griveaux, il dit bien assez de conneries pour tout le monde. J'ai pour le film Tanguy la même haine qu'ont les belges contre Didier Deschamps, vous croyez que c'est un hasard s'il fait notre émission plutôt que celle de Charline Vanhoenacker et Vizorek, non, s'il va là-bas, il ressort avec des frites dans le rectum, ce qui aurait fait une bonne scène bonus dans le DVD de Bienvenue chez les Chtis mais Kad Merad est trop coincé. On a bien Guillermo, qui est belge, mais il ne peut rien dire, il est en infériorité numérique, comme un blanc qui ferait le Jamel Comedy Club. 

Pourquoi, me diriez-vous si vous suiviez cette chronique, est-ce que je déteste le film Tanguy ? Et bien c'est parce qu'à partir du moment où celui-ci est sorti, et ce durant 10 ans, 90% des gens que j'ai croisé à qui je disais "je m'appelle Tanguy", ont répondu "et t'habites toujours chez tes parents ?", ensuite ils riaient, pensant être les premiers à me la faire, comme dirait Guillermo, ça donne envie de crever dans un sujet verbe complément tenté par Franck Ribéry.

Oui, j'en ai chié, c'est un miracle que ma détestation du 7ème art ne m'ait pas poussé hier à hurler "Frères Lumière akbar" avant de me faire péter à côté de Julie Gayet. Tanguy, c'est un scénario indigent, des acteurs nuls, un réalisateur à court d'idées, à coté Mon curé chez les nudistes c'est du Stanley Kubrick. 

Le pitch, souvenez-vous, un trentenaire refuse de quitter l'appartement de sa mère, ce qui chez les juifs n'est pas une comédie mais un rêve secret, et ses parents vont tout faire pour le dégouter de rester, transposé aujourd'hui, ils écouteraient RMC Info, afficheraient des posters de Castaner dans le salon, glisseraient dans sa veste des tickets pour le live de Keen V. Mais l'autre s'accroche, tel une moule à son poteau ou Olivier Faure au Parti Socialiste, et à la fin sort avec une jeune chinoise, pour Yann Moix, Tanguy c'est un porno, chaque soir il se touche en le regardant, avec sur les genoux le catalogue Nouvelles Frontières ouvert à la page de l'hôtel-club du dragon épilé à Pattaya. 

Bref ce film navrant, j'aurais pu l'aimer si Etienne Chatiliez, réalisateur, ne lui avait pas donné ce prénom, ah ça, comme dirait Elisabeth Levy ou Renaud Camus, c'est plus facile de se mettre à dos les Tanguy, qui sont 14 en train de moisir dans leur chouchen, que les Toufik, parce que là, il se mettait toute une communauté à dos.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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