Le confinement, on n’en voit plus le bout...

Non, au début, on s’était dit « cool, je vais avoir des moments pour moi, me faire du bien, me chouchouter, mais Nagui, j’en suis à mon 3ème peeling, je médite, je me fais les ongles, je me suis même écrit à la tondeuse « merci au personnel soignant » dans le pubis. Personnellement, j’ai eu assez de moment pour moi jusqu’à la fin de ma vie, ce moment déchirant où le docteur Raoult, à mon chevet, me fera sniffer de la chloroquine, en me disant « c’est comme l’Oscilococcinum, si ça fait pas de bien, ça peut pas faire de mal ». 

Donc j’avoue, j’attends le soir où Jérôme Salomon, qui chaque jour nous dit qu’on s’est bien lavé les mains mais qu’il y a quand même eu 600 morts, nous dira « mes gros loups, ça y est, sortez, vous êtes libres, au lieu de vous ennuyer chez vous, vous pouvez vous ennuyer au cinéma devant une comédie française ». Bien sûr, il faudra garder la distance sociale, pendant des mois, donc au lieu de se prendre dans les bras, on restera à 4 mètres et on se dira « salut », ça va être aussi chaleureux qu’un feu de camp à Koh Lanta quand la prod n’a plus d’allume-barbecue. Une femme qui accouche au déconfinement, on lui dira « on a mis le bébé dans une chambre à part, vous avez un Skype de calé avec lui à 16h, sauf si vous l’avez appelé Kevin, auquel cas on vous le confisque, parce qu’il y a maltraitance ». 

Oui, nos retrouvailles vont être pourries, fini les french kiss à la Castaner dans des bars moites, le Covid va nous transformer en danois du nord. Avec le changement climatique, on va avoir le climat de Bamako et le mode de vie des flics bipolaires dans les séries scandinaves. Parce que notre ennemi, c’est le postillon, j’ai lu dans le Parisien qu’à l’Élysée, la grande baraque dans laquelle tous les 5 ans on met le type le moins capable de la nation, c’est une sorte de diner de cons géant, et bien des vitres anti-postillons ont été installées dans les voitures, elles séparent la partie conducteur, à l’avant, de la partie fainéasse, à l’arrière. Le but : éviter que les postillons volent, le postillon est notre ennemi n°1, c’est un salaud, avant on se faisait postillonner dessus, c’était juste dégoutant, mais là on peut tomber malade, Dominique Besnehard, vous lui faites dire « les chaussettes de l’archi duchesse », il contamine 10000 personnes. Il dit ça à Paris, le foyer s’étend jusqu’à Valenciennes. 

Mais réfléchissons ensemble à des solutions concrètes, on ne va pas mettre une vitre à chaque français, ça coûterait trop cher, surtout en Bretagne où il faudrait les équiper d’essuie-glaces. Le seul recours au moment de la libération, en 2025, quand on tondra les femmes qui ont couché avec un jogger, sera d’arrêter de parler. Si on ne parle plus, pas de postillon émis, en plus, sur le lot des phrases dites par jour, 99% est nul, Gilles Bouleau, quand il dit « tout de suite, je vous laisse avec un épisode inédit de Camping Paradis », on a envie de lui découper la bouche et s’en faire un cendrier. Pendant l’amour, c’est pire, ceux qui disent « t’aimes ça, hein », ça sert à quoi, surtout qu’on se sent peu autorisé à répondre « bof, si je devais choisir entre ça et des lasagnes de thon, j’irais plutôt chez le poissonnier ». On est prisonnier du langage, alors qu’il y a d’autres façons de communiquer, souvenez-vous, Benjamin Griveaux a fait parler de lui grâce à la seule vidéo où il ne parlait pas. 

Bref, pour éviter les postillons, fermez tous vos gueules, et moi aussi, car comme disait MC Solaar en 94 « j’en garde des séquelles mais je sais qu’elle sait que le silence est d’or, est d’or, alors je me tais ».

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