Aujourd'hui, Tanguy Pastureau nous fait une chronique merguez-chipo : il nous parle de l'argent de nos impôts qui part dans les campagnes de pub du lobby européen de la bidoche industrielle...

Je n’ai rien contre le fait de payer des impôts, de toutes façons je n’ai pas le choix, j’ai la femme d’aller vivre au Portugal, le train de 3h07 le matin à Lisbonne pour être tous les jours ici à l’heure, ça me décourage. D’autant qu’avoir comme voisin Florent Pagny qui se chauffe la voix pour ne pas perdre sa puissance sur Caruso, merci, au maximum je pourrais être le voisin de Lou Doillon un jour de laryngite. J’aime le silence, c’est pour ça que souvent j’écoute le programme du Parti Socialiste. 

Non, ce que je reproche aux impôts, c’est le fait qu’on ne sache pas où vont les sousous, parce que me faire taxer par Bruno Le Maire, je suis OK si ça part dans ses soins du visage, il est si joli, sa peau paraît si douce, on dirait qu’on lui a greffé sur les joues la peau de ses fesses. Mais si c’est pour acheter chez Picard des amuse-gueules quand le despote chinois, qui stérilise de force les dames Ouïghours, vient chez Macron jouer à frotti-frotta tu les as vus mes gros contrats, je suis contre. 

J’ai donc tapé sur Google : « où vont mes impôts, bordel de foutre ? », j’étais énervé, quand j’ai tapé « où vont », Google m’a suggéré la phrase « où vont les 2èmes chaussettes de chaque paire qu’on ne retrouve jamais à la sortie de la machine ? », je me suis « bah oui, où ? » mais je suis resté sur mon objectif, j’ai une chronique à faire, la France m’attend, ce genre de trucs. 

Et là je suis tombé sur un site intitulé àquoiserventmesimpots.gouv.fr qui détaille tout. Déjà le budget de la France, c’est 325 milliards d’euros de dépenses, l’équivalent d’une après-midi shopping avec Laeticia, Jade et Joy, ensuite elles cherchent au fond du tiroir à slips s’il y a pas un inédit de Johnny à foutre sur Spotify pour renflouer le CCP. 

Plus grosse dépense de l’Etat, l’éducation, 71 milliards d’euros, puis la défense, 42 milliards, ça je suis contre, je ne suis qu’amour, même la petite gifle qu’a pris Macron, ça m’a révulsé, si j’avais été sur place, j’aurais crié « aimez-vous plutôt », et le royaliste timbré aurait peut-être dit « mais oui après tout, Louis 14 lui-même faisait l’amour H24, à la reine, à ses maîtresses, aux rideaux de sa chambre, 9 mois plus tard sont nés de beaux petits napperons », et il aurait claqué sur la face de Macron un bisou que même les Bisounours se seraient tripotés l’arc-en-ciel en le voyant. 

Sinon, le reste de l’argent, c’est pour les gueux, la culture 2,9 milliards, 42 pour la défense, ah bah oui mais en cas de guerre, on sera content d’avoir des soldats plutôt que les mecs du groupe Sinsemilia en train de s’épouiller leur dernière dreadlock. Quoique, vous foutez en 1ère ligne Gims, Amel Bent et Vitaa, je pense qu’en face l’ennemi dit « OK, vous avez gagné, voici le digicode pour entrer dans notre pays, bravo, adieu ».

Et là, sur ce site gouvernemental, sur lequel Bruno Le Maire surfe quotidiennement, sa main délicate caressant cette souris en laquelle on aimerait tous se réincarner, j’ai lu que sur le total, 60 milliards d’euros étaient attribués aux collectivités territoriales et à l’Union Européenne, et là c’est flou. J’ai donc appelé le ministère des finances, j’ai dit « passez-moi Bruno Le Maire, c’est Pastureau », la personne a raccroché, j’ai rappelé, en me disant, il faut que je fasse plus crédible », j’ai dit « passez-moi Bruno Le Maire, c’est Patrick Bosso », là on m’a transmis Bruno Le Maire, qui a dit « Patrick, mon poteau, t’as fait quoi à la pétanque ce matin ? », j’ai paniqué, j’y connais rien, j’ai répondu « 6-1, 6-2, 19-1 », comme un match de Nadal, et Le Maire a raccroché. 

On ne sait pas où va cet argent, et là je suis tombé sur un article de L214, les gens qui aiment les bêtes mais pas en brochette, expliquant par exemple que de 2016 à 2020, 252 millions d’euros de nos impôts, les vôtres Nagui, Daniel, Oxmo, Morgane, ceux d’Alexis Le Rossignol le jour où il sera rémunéré à France Inter, 252 millions ont été versés aux filières de la viande et du lait pour qu’ils fassent des campagnes de pub. Toutes vantant le bien-être animal, parce qu’il est connu qu’avant de tuer le bestiau on le badigeonne d’huiles essentielles, il fait un atelier de paddle yoga, il fume un spliff en écoutant le dernier album de Morcheeba, enfin, l’abattoir, quoi. Exemple, il y a une campagne, financée par nous, qui s’appelle "Let’s talk about pork", avec un site qui explique que manger du porc c’est durable, à la limite c’est mieux pour l’environnement que de ne pas manger, un jour ils vont y mettre un montage photo où on verra Hugo Clément combattre la déforestation en lançant des merguez sur les bûcherons. Et il y a une série de photos de cochons à l’air épanoui, je me souhaite d’avoir un jour la plénitude affichée de ces cochons-là. Il y a une vidéo d’un porc qui s’ébroue au ralenti, les gouttelettes volent, on imagine qu’il sort du jacuzzi lors d’un séjour à la thalasso de Carnac. Le tout appuyé par une influenceuse, Raphaële Marchal, ambassadrice de "Let’s talk about pork", quand tu mets ça sur ton CV, le recruteur suivant a comme un moment d’absence, elle a été rémunérée en saucisses cocktail et depuis vit avec Justin Bridou. Bref, tout cet argent dépensé ne poserait pas de souci si ces campagnes n’étaient pas mensongères, on connait la réalité de l’élevage intensif, il y a 3 vidéos qui sortent chaque semaine de bêtes en vrac à qui on fait ce que Norman Bates dans Psychose fait à la 1ère fille qui prend une douche, bon c’était en 59, aujourd’hui il lui dirait « hey, tu sais que pour la planète, c’est nettement mieux que de prendre un bain, je t’aime » et il lui passerait juste l’éponge dans le dos.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

L'équipe
Thèmes associés