Faire l’amour, c’est la seule activité que tout le monde peut pratiquer mais en faisant l’amour, on peut mourir, si on est trop impliqué dans l’effort, c’est comme pratiquer le tennis quand il y a la canicule, mais sans raquette.

Je sais que je n’ai pas l’air jouasse, mais si je fais la tronche, c’est juste pour me donner un côté un peu ténébreux, c’est du marketing, les français aiment les âmes tourmentées, Rimbaud, Verlaine, Loana. Alors qu’en fait, même si je dégage la même joie de vivre qu’un exhibitionniste qui en forêt s’est retrouvé le pénis collé à un pin à cause de la glue mise là par un chasseur de grive, dans ma tête, de petits pandas dansent avec Brigitte Macron. 

Et si je suis heureux, bien dans ma peau, au point que je pourrais me foutre à poil, mais je n’ai pas envie de faire sauter les serveurs vidéo de France Inter donc je ne le fais pas, si je suis content, c’est parce qu’ici on ne me demande rien. J’arrive, je fais ma chronique, je dis au revoir à Nagui, une heure plus tard, on se retrouve, il me file mon enveloppe de blé, on fait ça à Levallois-Perret parce que la Sicile c’est trop loin, paf, ou pof, comme dirait Muriel Robin, pif comme aurait dit Pablo Escobar, pouf comme dirait Nabilla en pensant à elle, c’est fini. Et tant mieux, parce que je hais la vie d’entreprise, cette prison où 12h durant on se retrouve avec des gens qu’on n’a pas choisis, sauf si on est le DRH, l’entreprise, c’est comme un diner en famille mais sans jus de poulet. Moi, au-delà de deux interactions sociales par jour, je suis en burn-out, si Daniel Morin me dit « salut », puis « comment tu vas ? », je me roule en boule, comme Jean-Pierre Raffarin quand il se déplace, et je pleure. Heureusement Daniel Morin ne m’a encore jamais salué car c’est un ours, s’il part en VVF dans les Pyrénées, il va se manger 4 balles d’un éleveur de brebis qui l’aura pris pour le seul plantigrade capable d’enfiler une chemise qui était à la mode, mais en 87.

Non, la machine à café, les rumeurs sur les collègues, les photocopes et le stagiaire de 3ème qui perce ses boutons à la cantoche au-dessus de ses lasagnes, ce qui fait qu’il y rajoute une couche, ce n’est pas pour moi. J’avais donc 4 possibilités de métiers : ermite, parce qu’on est tout seul, 1er secrétaire du Parti Socialiste, parce qu’on est tout seul, animateur sur Europe 1, parce qu’on est tout seul, ou humoriste sur Inter, j’ai choisi cette voie-là, parce que les profs aussi ont le droit de rire. 

Les pauvres sont mal payés et se coltinent des gosses élevés par des iPads, c’est sans doute le pire métier du monde, à égalité avec médecin chargé de faire le bilan sanguin de Benoit Poelvoorde. Le seul truc dans le travail qui est sympa, ce sont les déplacements professionnels quand on est chaud, parce que ça permet d’avoir une vie pépère à Narbonne, soirée France 3, 22h au lit, minuit le samedi parce qu’il y a Ruquier, une émission sur les sports extrêmes puisque les invités se prennent des morceaux de décor, on a failli perdre Mme Robin samedi, du coup l’an prochain elle fait Ninja Warrior, à côté ça va être tranquille. 

Donc à Narbonne l’employé mène une vie d’ascète, comme on dit chez Vinci Autoroute, mais une fois en déplacement à Mont-de-Marsan, loin de ses repères, il pète un câble, se dit « t’es rock’n’roll, Ludovic », et couche avec la moitié de la ville tout en gardant ses chaussettes, un vrai punk. En 2013, par exemple, un employé de la société TSO, qui fait de l’entretien de voies ferrées, pour que la SNCF puisse ensuite y faire rouler le train pour Tours, arrivée initialement prévue à 13h04, annoncé avec un retard de 5 jours, a été retrouvé mort d’une crise cardiaque dans le Loiret, chez une inconnue, en 2013. Il est apparu qu’il venait d’avoir un rapport sexuel, les enquêteurs ont écarté la piste de la partie de Scrabble un peu intense parce qu’il était tout nu.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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