Ce matin, Tanguy Pastureau nous parle des gens qui doutent et de ceux, mille fois plus nombreux, qui ne doutent pas... Souvent, ce ne sont pas les plus fins.

J’ai bien étudié la vie, ça fait quand même 47 ans que je suis là, j’ai déjà eu 2 milliards de battements de cœur, 4 érections, 30 dépressions et une joie fugace, quand en 76 à l’âge de 2 ans j’ai réussi à marcher, puis je me suis dit : « mais pour aller où, est-ce que le monde est si intéressant que ça ? non », et je me suis rassis en pleurant. 

Par exemple, je sais que dans la vie, il y a deux types de gens : ceux qui ont la confiance, comme Macron, lui il se kiffe, je pense que dans sa chambre il a des posters de lui. Avec en dessous un autel où il brûle des bougies en s’adressant à l’entité divine, donc à lui-même. Ça doit faire bizarre, il dit : « Emmanuel, m’entends-tu ? », « oui, Emmanuel, je suis là, je t’aime », « moi aussi bébé », ça ressemble à la méthode Coué pratiquée par un schizophrène. Par exemple, il fait actuellement un tour de France, comme les cyclistes mais sans selle, et dès qu’un type énervé le critique, Macron lui fait face et lui dit : « t’es gonflé coco, depuis 2017 j’ai tout fait bien, tu t’es cru sur Allociné à noter le dernier film de Kev Adams, c’est ça ? », et l’autre se décompose, parfois il prend une tapette, mais 7 secondes plus tard il a pardonné à son agresseur et il continue, Macron c’est Jésus. 

Moi, à la suite d’une chronique s’il y a une personne sur un réseau social qui écrit bof, je me dis qu’il a raison, que je suis nul, et je me roule en boule dans un coin du salon, c’est mon chien qui est obligé de me dire qu’il faut que je sorte un peu. Et donc voilà la 2ème catégorie de personnes, celles qui doutent, et on a l’impression qu’elles n’existent plus, à part Loana, Ophélie Winter et moi, nous serons d’ailleurs tous 3 à la cérémonie des Lexomil Awards, le 24, qui a lieu en Pologne, présidente du jury cette année Martine Aubry. Alors je sais qu’il y a un côté romantique au fait de douter de soi, cette vulnérabilité qui vous permet de pécho 3 fans de Verlaine ivres ou d’être invité dans la loge de Nicola Sirkis si pendant le live au 1er rang vous avez réussi à lui montrer les mots Indochine Forever tracés au cutter sur votre torse, mais en réalité, le doute ne sert à rien. Si je n’avais pas douté, dès 2017 j’aurais acheté du bitcoin, là je serais tellement riche que France Inter serait à moi, et je vous dirais « oui, Nagui, j’hésite pour la saison prochaine, vous êtes bien mais je vois plus Cyril Féraud, en septembre on tombe le masque, il nous faut quelqu’un avec des dents de compète. Ou alors un lièvre… ». Je serais le roi du monde si je ne doutais pas, j’aurais déjà booké 25 Zénith, je me serais ligué avec Hugo Clément pour qu’il dénonce le traitement réservé aux chèvres par les Bodin’s, une chèvre n’a rien à faire sur scène, déjà les chanteuses de R’n’B qui y tapent des vibes, je suis contre, les Bodin’s seraient coulés, il me resterait plus qu’à passer à 90 degrés le singe de Panacloc afin qu’il rétrécisse, le mec n’aurait plus que 3 poils à se coller sur le pouce, et je serais n°1 de l’humour français, et même n°2 ça me va, parce qu’il y a Jean-Michel Blanquer. 

Mais je doute, comme un blaireau, alors que j’ai tout pour moi, je suis drôle, attachant, serviable, quand Marina Rollman me demande un café, je réponds « oui, déesse suisse, let me be your marmotte », et je lui apporte carrément le distributeur. Alors je doute, certes, mais moins par exemple que Mickaël Rosellini, qui est candidat RN dans les Alpes-Maritimes, autant dire qu’il joue à domicile, pour les départementales. Dimanche soir, sur la commune de Cap d’Ail, c’est comme le Cap d’Agde mais avec une haleine chargée et un pénis non-apparent, on réalise que les affiches électorales de Rosellini ont été arrachées. C’est un grand classique en période d’élection, l’autre c’est dessiner une moustache à un candidat, à 90% la moustache d’Hitler, jamais personne ne se dit « je vais faire en sorte que ce candidat ressemble à Cabrel en 87, ça va le plomber », il faut dire qu’on a moins de mal à apprécier Cabrel qu’Hitler. Parce que Cabrel est sain mentalement, si au roi du falafel on oublie de lui mettre la sauce, il n’en tire pas une haine absolue des juifs.

Bref, le maire de Cap d’Ail, ville où du coup ne vit aucun vampire, de toutes façons il y a trop de soleil, si c’est pour se décomposer à 5h du mat’ avant d’avoir bu son kawa, laisse tomber, le maire mate la vidéosurveillance, parce qu’on est tous filmés partout, tout le temps, à part Steeve Estatof que même les caméras de surveillance évitent, pour imiter les autres caméras, et là, stupéfaction, il réalise que c’est Rosellini qui a arraché ses propres affiches, moment de lucidité, sans doute. Nice Matin, le journal qu’on dispose sur les galets à la plage pour s’asseoir si on a le boule fragile, appelle Rosellini, lui demande pourquoi il a fait ça, l’autre répond « mon geste a été mal interprété ». Peut-être qu’il s’agissait d’une choré, il s’est vu sur le panneau, enthousiaste, il a reproduit une danse de Cloclo et au moment de faire « ah », sa main est venue taper l’affiche, ça arrive à tous les danseurs, Kamel Ouali dans sa vie a déchiré 9000 affiches. Et a giflé 700 fois sa mère qui se tenait trop près.

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