Si vous vous tâtez pour votre destination de vacances cet été je vous suggère Tchernobyl, en Ukraine, un endroit serein, la nature a repris ses droits. Oui, Tchernobyl attire plein de touristes, qui font des selfies dans les zones irradiées, c’est fun et ensuite on repart, on a 7 doigts à chaque main.

Plus que 2 semaines et demi avant les vacances, quel pied, enfin on va pouvoir glander en short à 2 grammes à ne rien foutre et tous avoir la vie de Benoit Hamon depuis le lendemain des élections européennes. Le seul souci, c’est quand on veut partir, parce qu’où aller ? 90% des pays n’ont plus d’intérêt, c’est comme chez nous, à l’entrée de chaque ville, il y a un Ikéa, un Jennyfer, un Décathlon et 250 ronds-points moches accueillant les œuvres d’artistes ratés qui ont facturé une blinde juste parce qu’ils ont couché avec le maire. Avant, l’étranger, c’était exotique, on chopait la dengue, maintenant dans les Yvelines il y a des moustiques tigres qui la propagent, donc on peut rester dans le 7.8 et avoir la vie d’un gueux de Calcutta. 

Le tourisme ruine les écosystèmes, en y introduisant l’espèce la plus nuisible de toutes, le touriste en short, le reste de la faune, effaré par tant de laideur, fuit, en Thaïlande, les éléphanteaux viennent s’empaler sur les défenses de leur mère au 30ème car de touristes allemands. Parfois ça a du bon le tourisme, Macron, vous lui faisiez visiter la France miniature, il voyait tout le pays d’un coup, il n’avait pas besoin d’aller se frotter le kiki contre le dos du péquin lors de bain de foule à Dijon, Palavas ou Tourcoing. 

Mais avec la mondialisation, on vit tous pareil, pourquoi bouger, quand Rendez-vous en terre inconnue déboule dans un village paumé entre 4 lianes sur lesquelles des toucans copulent, les pygmées sont en train de mater du streaming, vous leur dites « vous parlez français ? », ils vous répondent « bien sûr, tu crois quoi bébé, on est sur la saison 12 du Bureau des Légendes ». Ils sont obligés de planquer la zapette et l’enceinte Bluetooth du gosse avant l’arrivée de l’animateur, quand Marc Lavoine arrive avec juste un étui pénien et une dent de chauve-souris dans le téton, ils sont morts de rire.

Tous les endroits sont les mêmes aujourd’hui, à New York il y a des crêperies, à Kuala Lumpur ils kiffent Kylie Jenner, et les cailleras de la banlieue d’Oslo crachent comme les lamas du Pérou. La seule solution si on veut se dépayser est de choisir une destination insolite, un lieu où personne ne va, comme par exemple le salon du coiffeur qui a fait la dernière coupe de Hanouna. Le but, c’est de se différencier, de dire à un ami qui est parti à Dubaï ou Punta Cana, « vieux, t’es un beauf, je vous urine à la raie toi et Easy Jet », et de sortir alors le nom de sa destination insolite, Alep, Mogadiscio, Monaco si on est smicard ou Tchernobyl. 

Oui, le tourisme explose à Tchernobyl, qui est décidément le lieu de toutes les explosions. Souvenez-nous, 1986, Daniel Morin fête alors sa 21ème année de présence à l’antenne de France Inter, puisqu’il fût conçu dans le studio 104 par Laure Adler, Jacques Vendroux et 24 syndicalistes de la CGT Radio France. La centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, riant pays, en tous cas pour qui n’a connu que les chansons de Stromae et la mine de Martine Aubry, explose. Aussitôt en France, les JT expliquent à la population, aussi affolée que si aujourd’hui on annonçait un Les Bronzés 4 par Patrice Leconte, que le nuage radioactif s’est arrêté pile à la frontière française. Tout le reste est irradié, les vaches ont 7 pattes, les moutons 3 têtes, ce qui fait que les musulmans lors de l’Aïd déclarent « purée, je suis à la limite du burn-out », mais la France non, R.A.S, on peut faire l’amour à des paysannes à gros seins dans les forêts vosgiennes, ou pour ceux qui ne vivent pas dans un film de Marc Dorcel, cueillir des girolles en toute quiétude. Là on se dit « quand même, les frontières, elles sont fortes, j’en place une pour Dupont Aignan, mon brother ». 

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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