Avec les manifs contre la loi travail, Paris risque d’être bien bouchée aujourd’hui

Oui, mais ça va, parce que tous les jours c’est comme ça, donc on s’est habitué, moi pour être à l’heure ici aujourd’hui, je suis parti samedi soir, je me suis fait doubler par un pigeon qui n’avait plus qu’une aile. Ceci à cause d’Anne Hidalgo, maire de Paris, qui mène un combat acharné contre la voiture, quand elle en voit une, elle est dans le même état qu’un Hutu qui voit débouler un Tutsi à la fête d’anniversaire de son fils. Elle a commencé par piétonniser les quais de Seine, ce qui permet en semaine à 15h à 4 chômeurs en fin de droit de regarder le fleuve charrier de vieilles bouteilles de flotte tandis que des rats dévorent une mouette morte dans un caddie rouillé, elle a transformé Paris en film des frères Dardenne. Puis, cet été, elle a lancé le plan vélo, et depuis elle débite de la piste cyclable tel un cégétiste de la merguez, + 200 kms de pistes en 2 mois, depuis tous les jours elle reçoit des lettres d’amour de Christopher Froome qui lui dit, bébé, viens voir Cricri, avec ce que je m’envoie dans les veines, j’ai assez de patate pour tenir 75h la position de la brouette à barbe, c’est comme la brouette mais pour hipsters parisiens. Elle est à fond, si un jour elle devient maire de Monaco, le grand prix de F1 se fera en patinette.

Seul souci, les voies pour voitures se réduisent aussi vite que le nombre d’adhérents au Parti Socialiste, et tout le monde est bloqué, Philippe Poutou dans sa 205 Jean de 89, Neymar dans son Audi R8 V10 Spyder, et tous appellent les Grandes Gueules de RMC pour dire que s’ils croisent Hidalgo, ils lui collent une pompe à vélo là où ils pensent et l’actionnent. Celle-ci, au classement des trucs que les gens n’aiment pas, est en effet 3ème, juste derrière les choux de Bruxelles et l’herpès. Sauf auprès de son cœur de cible, les parisiens, là elle cartonne, parce que les habitants n’en peuvent plus de la pollution, il y a plus de particules à Paname que dans un dîner où Nadine de Rotschild aurait invité tous les Villepin, ça pique et ça pue, quand on sort on a l’impression de se prendre de face l’haleine de Depardieu en fin de journée. Donc si on ne réduit pas la place de la voiture, on va tous mourir en même temps, or, je vous apprécie, bien sûr, mais j’ai bien l’intention de tous vous enterrer.

Anne Hidalgo fait face à beaucoup de critiques, mais elle n’en a rien à faire.

Non, elle s’en tamponne la chambre à air, parce que pour elle, elle a raison, c’est Macron au féminin, tous les autres ont tort, avant tout parce qu’ils n’ont pas la chance d’être elle. La semaine dernière, elle a traité ceux qui la critiquaient de réacs, de néo-réacs, ce sont des réacs modernes, ils ont le dernier iPhone et draguent sur Tinder des fans de Finkielkraut, et de fachos, parce que, dit-elle, à travers elle, ce sont ses racines espagnoles qu’on vise. Et c’est vrai qu’en 2017, le racisme anti-espagnol est exacerbé, dans la rue, les types se font traiter de chorizo pourri, et au moindre ola que tal, vous risquez le lynchage, l’acteur Benicio del Toro n’ose même plus venir en France, ce qui laisse le champ libre à son équivalent français, Franck Leboeuf. Heureusement, Anne Hidalgo ayant la double culture, les racistes ne la haïssent qu’à moitié, jusqu’à la ceinture. Mais, dit-elle, elle est aussi détestée par les machos car elle est une femme, réacs, néo-réacs, fachos, machos, le monde entier veut sa peau, je pense qu’elle imagine que les illuminati, le soir venu, se réunissent cagoulés pour jouer au paintball sur sa photo. Hidalgo ajoute, c’est normal que je suscite des jalousies, je suis une femme qui porte l’écologie, l’humanisme et dirige la plus belle ville du monde, bref, on va fondre 10 ballons d’or pour fabriquer un énorme boulard d’or et le lui remettre.

A noter qu’hier, la guerre autos contre vélos a atteint son apogée, puisque l’association 40 millions d’automobilistes, c’est comme 30 millions d’amis sauf qu’on n’a pas envie de caresser un kangourou mais un Kangoo tout court, a diffusé le numéro de téléphone du bureau d’Hidalgo, afin que les gens lui disent ce qu’ils pensent d’elle, donc entre les réacs, les néo-réacs, les machos, les fachos, ça sonne 24/24, comme elle est à moitié espagnole, elle leur répond, espèce de mierda, hijo de prostituée, ya lo sabes que j’ai raison ?, puis elle raccroche. En fin de journée, épuisée, harassée, elle regarde la station Vélib, tandis que Lucifer murmure à son oreille, Anne, prends ta voiture qui pue, si tu pars maintenant, tu peux être sortie de Paris dans 9h, puis un angelot lui dit, Anne, ne sois pas égoïste, pense aux poumons de cet enfant qui dans 10 ans votera pour toi, enfourche ce vélo. Voiture, vélo, le bien, le mal, on en est tous là à Paris.

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