Cet été nous n'irons sans doute pas en Espagne...

Ni nulle part, d’ailleurs, j’ai lu que Macron, pour son discours de ce soir, ces 20 minutes de gymnastique faciale, puisque tout le long il a les sourcils froncés la mâchoire tendue, si quelqu’un lui claque les deux joues il explose, avait consulté François Bayrou. Or Bayrou, c’est le plus gros professionnel du confinement, 10 ans qu’il est seul en politique, il peut survivre 400 jours dans un espace vide, comme la grille des programmes de CStar ou l’humanité de Gérard Larcher. Donc il a dû conseiller à Macron de tout confiner jusqu’en septembre, fini le bronzage, quand Amélie Nothomb à la rentrée va faire la promo de son nouveau bouquin, c’est la seule fois où on aura tous la même tronche qu’elle. 

De toutes façons l’Espagne envisage de laisser ses frontières fermées pour cet été, plus rien n’entre, plus rien ne sort, ça marche comme pour le cerveau des cathos réunis ce week-end en messe clandestine à l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, ces mecs tellement illuminés qu’il faudrait leur encastrer la tête dans des abat-jours. L’Espagne, un été habituel, c’est 84 millions de touristes, 120 000 tonnes de Biafine, 1 million de MST, chopés à la suite de 1,4 millions de « hmm, te quiero mi amor, yo soy tu bebe » prononcés, 400000 personnes se sont pris un râteau. Et en Espagne, ce qui est super, ce sont les plages, ces vastes étendues de sable où on ne lit pas Guillaume Musso comme chez nous mais Guillaume Moussooo. Toute la différence est dans l’accent, c’est comme une intervention de Jean-Michel Aphatie par rapport à une intervention de Christophe Barbier, le fond est le même, seul l’accent diffère. Ça et le danger que représente l’écharpe de Christophe Barbier, vrai nid à virus puisqu’il a dessus les postillons séchés de tous ses potes depuis 2005, cette écharpe parfois éternue.

Bref, l’Espagne pense rouvrir ses plages pour l’été, mais aux locaux seulement, plus de touristes, donc l’industrie du mug « I love costa del sol » va couler. Mais, a prévenu Reyes Maroto, ministre du tourisme, la distance sociale sur la plage devra être respectée, soit 2 mètres entre ce vieux beau aux poils de torse blancs, qui donne l’impression qu’un bichon maltais est venu lui crever entre les tétons, et cette dame qui hurle « ma puta de mierda » parce que son iPhone est tombé dans le sable et qu’il est foutu, Waze lui disant qu’elle est au Groenland. 2 mètres entre chaque serviette, et si quelqu’un tousse, on le lapide à coups de chichis.

Les espagnols vont vivre le 1er été d’hygiène totale : le slip de bain sera confisqué à l’entrée de la plage, c’est un nid à microbe, on devra aussi se raser le pubis. Pour les gens pudiques, il sera possible de se fabriquer un étui pénien avec un masque de protection roulé sur lui-même, si on a un masque dit de bec de canard, on aura un peu l’impression de vivre une expérience ultime avec Donald. Même à Disneyland quand vous filez un bakchich, ils refusent de vous faire ça. A la sortie de la plage, douche à la javel, puis les vacanciers seront écorchés, par des anciens généraux du régime de Franco sortis de leur retraite. En cas de drague, quand l’estivant aura dansé avec son flirt, à 700 mètres de distance, qu’il aura observé avec des jumelles, il devra se rendre en clinique, jouir dans un flacon, confié ensuite à l’autre personne. Celle-ci, pour la forme, criera brièvement « oui, tu es super », avant de jeter le flacon à la poubelle ou de s’en étaler le contenu sur le corps en cas de relation passionnelle. 

Bref, ça va être un été moins humain, Nagui, mais beaucoup plus sain. On pourra enfin se concentrer sur le Guillaume Musso.

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