Porter une doudoune sans manche, ça signifie qu'on est plus sur le marché du sexe, qu'on attend la mort en étant le plus fade possible. En Arabie Saoudite, porter une doudoune sans manches est passible de 14 000 coups de fouet.

Aucune vie n’a de sens, à part celle d’Isaac Newton, qui en voyant une pomme tomber, a rédigé la loi de la gravitation universelle, ou celle de Jay-Z qui, en voyant le boule de Beyoncé bouger, a compris la loi de la gravitation universelle. 

Une vie, c’est quoi, on nait, on meurt, et entre les deux, il y a 60 à 70 ans durant lesquels on ne fait pas ses besoins sur soi. On tente de rester digne, en somme. Mais même ça, c’est fini, je hais cette époque, 2019 est une chienne, ta mère le calendrier grégorien, car hier j’ai lu les pages Décideurs du Figaro, celles des winners qui gagnent tellement de blé qu’ils ne comptent plus en euros mais en K euros, à titre de comparaison, Alexis Le Rossignol compte en micro euros. 

Vous allez me dire, Pastureau la page décideurs, c’est ridicule, parce que j’ai moins de leadership qu’une pizza à l’ananas, quand en soirée je propose un Dessinez c’est gagné, dans la minute tout le monde part sur un poker. Mais j’ai eu du temps dernièrement, grâce aux grèves, j’ai moins causé depuis 10 jours que le mec qui aurait à nous tenir au courant de l’actu de Patricia Kaas, donc j’ai lu le Figaro intégralement, quand vous êtes à Inter, c’est un petit plaisir interdit, ça revient à écouter une chanson de métal satanique intitulée « 666 cornes de boucs dans le cul de Jésus » quand on bosse au Vatican. 

Lire le Figaro Décideurs, c’est se frotter à des titres d’article comme « l’ancien managing partner de Salzmann & Co rejoint la holding Nextwin en tant qu’executive chairman », je suis largué, moi le seul terme anglophone que je maitrise dans le monde du travail, c’est « week-end ». Mais je me suis accroché, j’ai lu un article sur la charge mentale des cadres, même eux sont fragiles maintenant, bientôt ils vont réclamer des RTT, ces jean foutre. 

Et là, je tourne la page, ce qui est le principe de toute publication, à part mon grand-oncle qui a Alzheimer et qui lit la page culture de l’Express du 16 janvier 94 depuis le 16 janvier 94, c’est un type qui quand il vous voit vous dit « la vache, qu’est-ce qu’il sort comme disques, Tonton David, un par semaine, c’est bien le 1er noir que je vois bosser comme ça », oui, grand-tonton n’aime pas les noirs, à part Philippe Lavil et Johnny Clegg, m’a-t-il dit.

Bref, je tourne la page, et là horreur, enfer, grille des programmes de Public Sénat, que lis-je ? Un article intitulé « la doudounemania sans manches contamine l’entreprise », je ferme un instant les yeux, me dit que c’est un cauchemar, mais quand je les rouvre, je vois de nouveau le Figaro posé sur ma table basse Pier Import à 4 pieds dont 2 pétés. 

Et là je réalise épouvanté que la France, cette nation qui a vu naître Yves St-Laurent, Christian Dior, mais aussi Louis-Christophe Waïkiki, plus connu sous ses initiales LC, est devenu un sombre pays de porteur de doudounes sans manches. Si Kim Jong-un m’écoute, sur les grandes ondes, depuis la Corée du Nord, je lui donc ceci : « Kimmy, mon amour, défonce-nous la gueule à coups d’ogives, on se moque de ta coiffure, dite du renard mort, que tu as sur la tête, mais nous, on porte la doudoune sans manche, nous méritons de mourir ». 

La doudoune sans manche a été conçue par Belzébuth pour nous donner l’allure la moins sex possible, nous français qui forniquions tels des ânes, dégageons à cause de la doudoune sans manche le même charisme qu’un céleri rave, résultat notre taux de fécondité s’effondre. On va se faire bouffer par les indiens, qui sont déjà un milliard 4, forcément ils font l’amour, ils n’ont pas de doudoune sans manche, alors que parfois ils n’ont pas de bras à cause de la lèpre, donc ce vêtement leur irait mieux qu’à nous.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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