Ça fait trois jours qu'il y a ce débat, « peut-on distinguer l’homme de l’œuvre qu’il créé ? », ça sent le sujet dans 8 mois au bac de philo, les jeunes, à mon avis c’est pas la peine de réviser le thème « nature et culture ». Et sur ce débat, tout le monde donne son avis, c’est ça qui est fatigant dans la démocratie

Qui est Roman Polanski, pour l’auditeur dépourvu de culture générale qui sur Inter écoute juste la Bande Originale parce que là il comprend tout ? Et bien c’est un réalisateur mythique, qui a fait « Le bal des vampires », un biopic sur Cédric Villani qui danse, « Rosemary’s baby », une dame donne naissance au fils du diable, donc quand on est parent, on appelle ça plus simplement donner naissance à un enfant, mais aussi « La 9ème porte », l’histoire de Stéphane Plaza qui à Melun doit revendre un pavillon avec beaucoup trop d’entrées, enfin je crois. 

Bref, pas mal de films torturés, si c’est Polanski qui avait réalisé Camping 3, on aurait retrouvé Patrick Chirac pendu dans le bloc WC avec le soutien-gorge de Miss T-shirt humide. Accessoirement, il est accusé de viols sur mineures à la même régularité qu’on accuse le chat de mon oncle d’avoir fait caca sur le sofa, une 5ème dame, il y a peu, a dit qu’en 75 Polanski l’a violée. 

Mais il y a ce délai de prescription à la con, en France, il faut que le viol date de moins de 10 ans, 20 quand c’est sur mineure, du coup, il est accusé mais pas jugé, c’est plus flou que la discographie d’Eve Angeli, et donc il sort des films, dont son dernier, film France Inter, parce qu’ici on parvient à distinguer l’homme de son œuvre, la radio sera aussi partenaire de la réédition de Mein Kampf en 2020, tout en prenant ses distances vis-à-vis de la personne d’Adolf Hitler, qui, précisera-t-elle, n’a pas fait que des trucs bien.

C’est compliqué, cette histoire de l’homme et de son œuvre, regardez Michael Jackson, tout ce qu’on a dit sur lui, que quand il se retrouvait dans un centre aéré, il se mettait à crier « le dernier à poil il a pas de Kinder Bueno », avant d’ajouter « le Kinder Bueno, indice, je l’ai sur moi », bah quand le DJ met Billie Jean, on se met tous à danser, les victimes, on s’en tape. Nous sommes des crevures, vous, moi, mais aussi Nadine Trintignant. 

Hier, invitée sur BFM, elle a plus dérapé qu’une 306 à la colonne de direction pétée conduite par un mal-voyant. On lui demande son avis sur l’affaire, et là, elle déclare « actuellement, en Europe, il y a un antisémitisme sournois qui se réveille, c’est pas le moment d’accabler Polanski », l’argument le plus absurde de l’histoire des arguments, c’est-à-dire qu’il peut tout faire, frapper un enfant, donner du chocolat noir à manger à un teckel, faire Danse avec les Stars nu, ce qui permettrait peut-être de relancer le programme, juste parce qu’il est juif, on ne devrait rien dire. 

Cette dame ajoute « ce ne serait pas Polanski, on lui ficherait la paix », alors qu’à mon avis, parce que c’est Polanski, il est plutôt protégé, vous êtes intermittent sur la comédie musicale Le Roi Lion, 5 accusations de viols remontent, on va pas dire « distinguons-le de son œuvre, parce que tout de même, il a toujours super-bien fait la voix de Pumba le phacochère ». 

C’est le génie de Polanski qui fait que tout glisse sur lui, Patrick Dils en 89, il avait juste 3 coloriages du Journal de Mickey à montrer à la police, direct ils l’ont accusé à tort de meurtres commis par Francis Heaulme. Enfin, Mme Trintignant dit « il a une femme magnifique, pourquoi il irait voir ailleurs ? », mais on parle d’un viol datant de 75, sa femme, Emmanuelle Seigner, avait 9 ans, donc même si elle avait sûrement une gentille petite bouille, j’ose espérer qu’ils n’étaient pas déjà en couple. 

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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