Je vends un numéro collector du journal le Parisien, daté de samedi, avec le visage de Xavier Dupont de Ligonnès et ce mot « arrêté »...

Tout va trop vite aujourd’hui. Tout est frénétique, si à la caisse du Monop vous n’emballez vos courses assez vite, les gens râlent, ça met une pression folle, samedi j’ai mis du temps à retrouver ma carte de fidélité, une dame âgée dans la queue m’a mis un coup de béquille dans le genou, tandis que j’étais à terre, elle m’a volé mes bouts de réduction en criant « ce sont des cons comme ça qui me font rater la Carte aux Trésors de Cyril Féraud spécial baie de Somme ». 

Dans le métro, les gens courent, certains arrivent à se glisser de biais entre les portes qui se ferment, la RATP sans le savoir forme des ninjas, quand j’ai vu Kill Bill, je me suis dit « sympa mais ça vaut pas la ligne 13 ». Même cette émission est éreintante, intro, Tom Villa, interview Vincent Delerm, Sigrist, Pastureau, le journal, jeu culture, Morin, est-ce qu’à un moment on ne peut pas juste se demander les uns aux autres comment ça va, même si bien sûr on s’en fout de la réponse, mais ça ferait un beau moment de radio. L’auditeur d’Inter, cet être centré sur l’humain, au point de fréquenter des forums citoyens intitulés « pour un autre monde », avec en live la Rue Kétanou et Tryo, serait touché. Mais non, on ne prend plus le temps de s’intéresser aux autres, et du coup, on ne saura jamais pourquoi Daniel Morin fait cette tête. 

Tout va trop vite, regardez Castaner, cet homme dépassé qui tente de garder bonne figure, telle Ludivine de la Rochère de la Manif pour Tous si, alors qu’elle a tapé sauna sur Waze, l’appli l’avait menée jusqu’à un sauna mais gay, rempli d’hommes en sueur en train de chanter « on fait tourner les serviettes ». 

Castaner, la préfecture de police de Paris, Mickaël Harpon, il aurait pu patienter, tourner sa langue dans sa bouche 7 fois, il est arrivé qu’il fasse ça dans d’autres bouches, mais non, 2h après l’attaque, il déclarait « l’individu n’avait présenté aucun signe d’alerte ». On a su ensuite que si, il y en avait 2-3, puisque le type entendait des voix et regardait sur son téléphone des vidéos de décapitation, alors que si on tient vraiment à côtoyer l’horreur, les sélections de The Voice Kids sur l’appli TF1 sont largement suffisantes. Et regardez l’emballement médiatique vendredi, à 22h c’était sûr, on avait retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès. 8 ans qu’on le cherche partout, dans les endroits les plus déserts, comme le local du parti les Patriotes de Florian Philippot ou à l’intérieur de la cagnotte Leetchi pour financer l’album d’Eve Angeli, rien. Et là, parce que 4 écossais à l’aéroport de Glasgow disent « on le tient », le journalisme français est parti en sucette, c’est la presse Chupa Chups. 

En 10 minutes, alors qu’il n’y avait pas une photo, pas un enquêteur français sur place, le conditionnel a été aboli, BFM a appelé le Bescherelle en leur disant « les gars, prenez le blanco, effacez tout, on laisse juste le présent de l’indicatif ». Ribéry a dit à sa femme « prépare les bagages, du coup, on rentre en France ». On s’est mis à dire « selon la police écossaise », comme si c’était une référence, des mecs qui depuis 80 ans sont infoutus de dire si au fond de leur lac il y a un monstre marin ou s’il s’agit du ver solitaire de Kate Moss perdu en 2006 lors d’une baignade avec Pete Doherty. Parce que pardon, mais la police écossaise, ils cherchent Dupont de Ligonnès, ils attrapent un type qui n’a la même taille, pas le même âge, pas le même nombre de doigts, et là ils disent « c’est lui ». Moi je vais regarder les Cordier juge et flic d’un autre œil, parce que c’est très crédible à côté.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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