En cette journée consacrée à la jeunesse sur France Inter, Tanguy Pastureau doit parler des jeunes alors qu'il ne l'est pas… et qu'il ne l'a même jamais été.

Aujourd’hui, sur cette antenne, c’est une journée consacrée à la jeunesse, on m’a demandé de parler des jeunes, alors que je ne le suis pas, je viens d’ailleurs de dire « sur cette antenne », ce qui en est la preuve. Il y a des expressions qu’aucun jeune n’utilise plus, comme « sur cette antenne », ou « Tiens, je voterais bien pour Bayrou », ou « Tiens, je voterais bien ».

À part Fanny Ruwet, humoriste ici, je ne fréquente pas de jeune, alors je l’observe, pour tenter de comprendre. Je la suis, le soir, tard, elle me voit, passe un coup de fil, puis deux jours plus tard, à la fin de ma garde à vue… on se réconcilie à la machine à café. 

La vie des jeunes, je n’y comprends rien, par exemple récemment, j’étais à la FNAC, au rayon des CD, on était trois, il y avait moi et deux vieux types atteints du Covid en train de cracher des glaires sur un best of de Neil Young. Quand soudain, je vois entrer DEUX MILLE jeunes en train de hurler. Vous savez ce qu’il y avait ? Une séance de dédicace d’une Instagrameuse, 19 ans, 1,5 millions d’abonnés - Bruno Le Maire en a sept en tout - et j’en avais jamais entendu parler, parce que la star la plus jeune que je connaisse, c’est François Berléand. Pour moi, Vincent Delerm en pleine sieste, j’ai l’impression que c’est M’Bappé il y a quatre ans. Quand moi, je fais une séance de dédicace, je me prépare, je m’huile le haut du corps en me disant « Ça va être tellement chaud que je vais finir la dédicace chez Darty au rayon frigos », résultat, face à moi, j’ai quatre vieilles dames liquides qui me demandent de signer sur leurs seins, je réponds « Ok, mais où sont-ils ? je suis venu sans ma boussole ». 

Pourquoi cette différence entre Léna Situations, la star des jeunes, et moi ? Eh bien, parce qu’elle est suivie PAR des jeunes, et il y a un truc que je sais sur les jeunes, c’est qu’ils s’enthousiasment, ils croient en la vie. Je sais, c’est absurde, mais ils n’ont pas de vergetures, ils n’ont pas été trahis par la Gauche et quand ils se lèvent de leur lit, le premier truc qu’ils disent c’est pas : «  aïe ! », comme nous, c’est : « Maman, tu m’as fait mon café ? », ou : « Maman, tu m’as fait mon café ou je te tape », pour ceux que Pascal, le Grand Frère, n’a pas eu le temps d’aller voir. Ils ont tout pour être optimistes. Alors, oui, il y a le Covid, oui, il y a le chômage de masse, oui, il y a la catastrophe climatique, mais ça va… Moi quand j’étais jeune, à tout moment Catherine Lara pouvait tenter un come-back. On avait les soirées Sidaction, programme unique, sur la 1, le sida, sur la 2, le sida, sur la 3, le sida, sur la 6, la 50e redif de La Petite Maison dans la Prairie, tu revenais sur le sida. Mais moi, ça m’a fâché avec le sida. J’ai tout fait pour ne pas l’attraper. L’époque était glauque.

Mais en fait, je dis « Quand j’étais jeune », seulement c’est un mensonge, je n’ai JAMAIS été jeune. J’ai fait peu de bêtises. À 19 ans j’écoutais déjà RTL2, le son pop-rock, j’entendais Gérald de Palmas, je me disais « C’est un peu trop heavy metal pour moi ».

La suite à écouter et à retrouver en vidéo ! 

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