Au début des réseaux il y avait un certain respect entre les membres, puis il y a eu de plus en plus d’utilisateurs et ça a mal tourné…

Les réseaux sociaux, c'est parfois violent parce qu'ils ont remplacé les conversations dans les cafés avant, à la différence qu'on ne se pète pas la ruche tout seul devant son écran, parce que : 

Raison 1 : quand on vomit sur son clavier, ensuite il faut démonter chaque touche pour nettoyer en dessous, c'est fastidieux

Raison 2 : ivre, vous avez l'impression d'avoir un clavier qwerty alors que vous avez un azerty, si bien que, lors d'un chat un peu chaud écrit en langage SMS, au lieu d'écrire "j'ai envie de ton…", puis un "q", vous tapez "j'ai envie de ton a", et l'autre se déconnecte en se disant "mon dieu, un littéraire, il va falloir discuter pendant des plombes de Gérard de Nerval avant de coucher, je vais aller sur le Facebook de Bein Sport me choper un sportif". 

Les réseaux sociaux, c'est comme la vie, mais sans filtre, ainsi, en vrai, je dirais à Daniel, qui n'est pas sur les réseaux sociaux mais vous pouvez le retrouver sur 3615 Morin et il édite ses chroniques par fax, je lui dirais "salut Daniel, comment vas-tu ?", ce à quoi il me répondrait "grrr", parce qu'il aussi accueillant qu'un furoncle sur une verge. 

Mais sur les réseaux sociaux, je lui écrirais "crève, fils de chien, étouffe-toi avec ta barbe de bûcheron québécois, va niquer Robert Charlebois", ce qui signifie "Daniel, comment vas-tu", mais sur Facebook. 

Ah bah, sur les réseaux sociaux, c'est la guerre, au début il y avait du respect, Mark Zuckerberg, quand il a lancé le truc, ne s'envoyait pas à lui-même de messages avec écrit "pauvre con, tu serais pas juif par hasard ?", ce à quoi il aurait répondu "ah c'était ça alors, ces diners interminables le vendredi où ma mère me disait que je lui téléphonais jamais", mais dès qu'il y a eu plus de deux personnes, ça a commencé. 

En fait, internet, c'est comme la voiture, dès qu'on est dedans, on devient fou, la Ligue du Lol, dans la vie, c'étaient des jeunes bien peignés qui écoutaient Björk en se disant qu'un jour ils ne seraient plus vierges, quitte à s'accoupler avec un taille-crayons afin de se déniaiser de manière radicale si personne ne voulait. 

Mais sur Twitter, quand ils voyaient une fille, ils lui écrivaient "ahhh, je vais te violer, sale catin, toi et ta famille", ensuite ça sonnait à la porte, ils ouvraient au livreur de sushis, qui leur disait "voilà, du riz et du thon mort, formule arnakshi, ça fera 136 euros", puis ils revenaient sur le net et écrivaient "mort aux japonais, ces neveux de baleineaux échoués". 

Et puis le souci des réseaux sociaux, c'est l'anonymat, les gens sont sous pseudo, parfois c'est trompeur, quand un type qui s'appelle "Nounours 94" vous écrit "je vais te trucider", on se méfie moins qu'un "Charles Manson 666" qui vous écrit "bonne journée". 

Si demain on est tous obligés d'apparaitre sous notre vrai nom sur internet, on ne dira plus "Booba et Kaaris ont décidé de reporter leur combat à mars 2038", parce que leur truc c'est tellement du flan qu'une nouvelle catégorie de rappeur s'est créé, les rappeurs Alsa, on dira "Elie Yaffa et Okou Gnakouri flippent leur ethnie", on dit ça quand on ne croit pas au concept de race. Et en même temps, l'anonymat sur le web c'est un droit, ça nous protège, on peut avoir le droit de prendre position sans qu'un père, un patron, un conjoint, sache qu'on pense ça, c'est ce qui a fait que sur internet on se sent plus libre qu'un nudiste qui serait enfin venu à bout d'un eczéma récalcitrant.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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